Jean-Marc Crevier

J.-M. Crevier remet en question son vote au PQ

Jean-Marc Crevier, porte-parole régional de la FTQ, est découragé par la candidature du grand patron de Québecor, Pierre-Karl Péladeau, comme représentant du Parti Québécois, au point où il remet en question  son adhésion à la formation de Mme Marois lors de l'élection du 7 avril.
Un peu plus de 24 heures après l'annonce faite par la première ministre, M. Crevier se demande quel message le Parti Québécois veut lancer auprès de la population après avoir débattu de la charte sur la laïcité et ce, en créant un contexte de division. « Tu vois arriver un Péladeau comme candidat. Je lui en veux comme patron en raison de son comportement dans les conflits au Journal de Montréal et de Québec, chez Vidéotron, au Réveil. À une certaine époque, 50 % des pertes d'heures pour conflit de travail lui revenaient dans les statistiques. Que va-t-il vouloir faire avec les lois du Québec ? », interroge-t-il.
Le leader de la FTQ dans la région se demande si, advenant de son élection, M. Péladeau saura prendre le temps de s'occuper des citoyens de la région de Saint-Jérôme ou s'il préférera confier à d'autres les « jobs de bras ».
M. Crevier avoue avoir toujours voté pour le PQ dans le passé, une décision qu'il remet en question en vue du 7 avril. Il ajoute que la décision de M. Péladeau de se lancer en politique active au sein du Parti Québécois découle d'une négociation ou d'une promesse qui lui a été faite par la première ministre et ce, avec comme seule et unique volonté d'aller cherche des votes.
S'il avait eu une croix à faire hier, M. Crevier avoue qu'il aurait été tenté par Québec Solidaire et sa co-chef, Françoise David qui, selon lui, emprunte un discours sensé empreint d'une grande sincérité. Il compare la performance de Mme David au discours que tenait le chef néo-démocrate Jack Layton lors de la dernière élection fédérale. Soulignons qu'aucun candidat de Québec Solidaire n'est encore désigné dans la région. Enfin, le représentant de la FTQ a conclu que traditionnellement le PQ était le porte-parole du peuple, une mission qu'il a décidé de modifier pour aller chercher de grosses têtes d'affiche.
CSN
Du côté de la CSN, le président du Conseil central, Engelbert Cottenoir, est loin de sauter de joie puisque M. Péladeau traîne un lourd passif en raison du long lock-out survenu au journal Le Réveil. « Ce n'est pas un employeur modèle, même si on peut  considérer que cette candidature est stratégique puisqu'elle vient couper l'herbe sous le pied de la Coalition Avenir Québec (CAQ). »
M. Cottenoir considère que la candidature de M. Péladeau caractérise le virage à droite du PQ tout en soulevant des inquiétudes pour l'avenir des services publics et le filet social des Québécois.