Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a confirmé la création de comités de développement économique régional, vendredi.
Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a confirmé la création de comités de développement économique régional, vendredi.

Investissement Québec deviendra un « guichet unique »

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le Saguenay–Lac-Saint-Jean comptera sur un comité de développement régional consultatif dont le rôle sera d’identifier les entreprises ayant un potentiel de développement intéressant afin de les diriger vers Investissement Québec (IQ). La société d’État deviendra, dans les prochaines semaines, le « guichet unique » des services de développement économique du gouvernement.

L’annonce nationale a été faite vendredi par le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, et le président et chef de direction d’IQ, Guy LeBlanc. Il s’agit de l’aboutissement de la réforme d’IQ ayant comme objectif de créer une seule porte d’entrée pour les services aux entreprises dispensés par le gouvernement du Québec.

Le ministre Pierre Fitzgibbon a indiqué que le gouvernement était conscient qu’entre 15 000 et 25 000 PME québécoises étaient à risque en raison des conséquences de la pandémie sur l’économie. La mise en place de cette nouvelle structure ne signifie pas que le gouvernement ignore tout le volet de la relance post-pandémie. « Il ne s’agit pas d’une étape de plus pour les entrepreneurs, mais bien de démarchage pour identifier des projets. L’analyse finale sera réalisée par les équipes d’IQ », a insisté Guy LeBlanc, pour illustrer le rôle du comité.

Cette structure sera composée à 50 % d’entrepreneurs et à 50 % d’agents de développement économique, dont le directeur régional d’Investissement Québec. Guy LeBlanc s’attend à ce que ce comité devienne un lieu pour identifier les entreprises offrant un potentiel intéressant afin de les supporter dans leur développement.

IQ conserve sous sa juridiction tous les projets de l’ordre de 50 000 $ et plus par année, alors que les fonds locaux se chargeront des projets inférieurs à 50 000 $.

L’argent ne constitue pas nécessairement le principal enjeu de cette réforme, a assuré le ministre Fitzgibbon. Il espère surtout que les entreprises puissent bénéficier d’un soutien en termes de ressources humaines afin d’accompagner les promoteurs.

Le choix des membres de chacun des comités, dont les noms seront connus dans les prochains jours, a été fait par la filière d’IQ. Chacun des membres qui ne travaillent pas pour le gouvernement touchera une rémunération de 800 $ par réunion trimestrielle.

Selon Guy LeBlanc, leur connaissance du milieu économique régional constitue un atout majeur pour orienter IQ.

« Je rencontre des gens sur le terrain et ils sont mélangés. Ils ont de nombreux programmes et ils ne savent plus où aller. Je n’aime pas vraiment l’expression, mais nous avons voulu créer un guichet unique », reprend M. Fitzgibbon, en ce qui concerne l’objectif global de la mise en place de ces comités.

Le ministre de l’Économie a assuré que pour les dirigeants d’entreprises qui connaissent bien les rouages gouvernementaux, cette réforme n’aura pas d’impacts. Ils pourront continuer à communiquer avec IQ comme par le passé. La nouvelle mouture d’IQ servira principalement à faciliter la vie pour les entrepreneurs qui ne disposent pas nécessairement des ressources techniques pour aller de l’avant avec une bonne idée.

Cette façon de faire amènera une hiérarchisation des entreprises au Québec. La grande entreprise, comme Rio Tinto, s’adressera directement au ministère de l’Économie ou à un dirigeant d’IQ. La PME devra quant à elle frapper à la porte des bureaux régionaux d’IQ. Pierre Fitzgibbon entend d’ailleurs mettre les ressources nécessaires dans les MRC pour les projets locaux. Il constate qu’il existe une lacune de ce côté.

Avec cette réforme, le gouvernement a des objectifs ambitieux, dont celui de parvenir à diminuer le déficit commercial du Québec, qui atteint 23 G$. Pour y parvenir, Québec veut identifier les occasions d’affaires intéressantes dans les domaines stratégiques comme l’aluminium et l’électrification, entre autres autres secteurs forts. Cette volonté de diminuer le déficit commercial n’écarte pas la volonté du premier ministre François Legault pour le « Fabriqué au Québec ».

Pierre Fitzgibbon a précisé que des mesures de soutien au développement économique des régions allaient être mises en place. Québec a déjà identifié un certain nombre de défis que les entreprises doivent relever et qui nécessiteront du soutien à court terme.