Investir dans l’industrie agroalimentaire pour soutenir les organismes d’aide alimentaire

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Le député de Dubuc, François Tremblay, cherchait au printemps, une façon d’aider les organismes d’aide alimentaire, tout en investissant dans les entreprises agroalimentaires de sa circonscription. C’est à ce moment qu’il s’est tourné vers la Table agroalimentaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour mettre sur pied un projet de maillage entre les commerçants et les organismes, un projet mobilisateur qui aura aidé les deux secteurs, mais aussi créé des liens entre les différents acteurs.

C’est lors de la première vague de la COVID-19, au printemps dernier, que M. Tremblay a rendu disponible un montant de 10 000 $ pour mener ce projet. Alors que l’incertitude planait sur la tête des entreprises et que les demandes d’aide alimentaire étaient en forte augmentation, la Table agroalimentaire a fait l’acquisition de bons d’achat de 25 $ chez des entreprises locales, afin de les remettre aux organismes, pour qu’ils puissent se procurer des denrées chez les commerçants. C’était le début d’une aventure pour tout le monde.

« Sur le terrain, je perçois des organismes efficaces qui s’adaptent et qui assurent un service de proximité vital que nous supportons avec cœur. Ici, nous devions capitaliser et mettre à contribution cet acteur phare que représente la Table agroalimentaire en région. Le contexte actuel doit stimuler l’innovation et assurer de mettre en lumière toute cette force des retombées de l’achat local pour nos commerçants », affirme M. Tremblay.

L’objectif de ce projet-là, c’était de répondre à ce qu’on appelle la nouvelle demande d’aide alimentaire. « Il faut se ramener au mois de mars, lors des débuts de la pandémie. Il y avait beaucoup d’insécurité autant chez les entreprises et que les organismes. Il y a déjà des services en place pour l’aide alimentaire et ça fonctionne très bien. Là où on voulait venir bonifier, c’était pour les besoins plus sur le moment. Par exemple une semaine on a un besoin particulier en viande, l’autre en produit de boulangerie », explique l’agente aux communications à la Table agroalimentaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Bénédicte Armstrong.

L’équipe a donné la mission à Mylène Hébert, qui agissait maintenant à titre d’agente de maillage. Elle a tout d’abord divisé le montant en deux, pour faire deux phases de 5000 $, au printemps et à l’automne, pour la deuxième vague. Puis, elle a contacté les entreprises pour connaître leur intérêt à s’impliquer dans le projet. « Quand est venu le temps d’appeler les entreprises, elles n’en revenaient pas. Habituellement, elles se font approcher pour des dons, mais cette fois, on leur offrait une rentabilité en échange de leur aide. Les commerçants étaient très emballés à l’idée et ils sont très contents d’être embarqués dans le projet », souligne Mme Hébert dont le sourire transperçait la barrière que formait la ligne téléphonique.

Le député de Dubuc, François Tremblay.

Une générosité monstre

Les entreprises n’avaient pas à se plaindre puisque la totalité de l’argent investi se retrouvait dans leurs poches. « Les entreprises avaient l’assurance d’avoir un certain revenu à un moment critique, où il y avait beaucoup d’incertitude », note Mme Armstrong.

Mais ce n’est pas la première chose à laquelle les commerçants ont pensé. Ils voulaient eux aussi aider et c’est pour ça que la grande majorité de ceux-ci ont décidé de bonifier le 25 $ à leur façon. « Il y en avait qui doublaient la valeur du 25 $, d’autres qui donnaient des produits d’autres producteurs en cadeau. Les entreprises ont fait preuve d’une générosité incroyable, même si elles-mêmes avaient des besoins. Il y a une propriétaire d’une boucherie qui m’a dit que c’était l’essence de ce pour quoi elle s’est lancée en affaire. Elle était même prête à faire la livraison elle-même chez les gens dans le besoin », raconte Mme Hébert.

Des liens solides

Maintenant que les 10 000 $ ont été distribués et dépensés, on pourrait croire que le projet est à terme et que tout le monde retourne faire sa petite affaire chacun de son côté, mais ce n’est pas le cas. En plus de répondre à un besoin criant, le projet aura permis de créer des liens solides entre les différents acteurs.

« Les entreprises étaient contentes de développer des partenariats et de se faire connaître auprès de leur communauté. Même sans nous, il va y avoir des boulangeries ou autres qui vont donner leurs surplus, alors qu’avant, ils ne savaient pas où aller. C’est un projet structurant qui va pouvoir faire perdurer dans le temps. Du moment où il y a des fonds qui se débloquent, on peut recommencer. Les liens sont faits et on est très contents du résultat », laisse savoir Mme Armstrong.

De son côté, M. Tremblay qualifie l’initiative de réussite sans aucun doute. « Nous avons cette responsabilité collective de reconnaître la contribution inestimable de l’économie communautaire. Ce type de maillage du précieux réseau de nos producteurs régionaux à cette réalité logistique de l’aide alimentaire, c’est ce qui motive mon engagement politique. Une démarche de terrain et des résultats qui parlent. Ce projet va grandir, se bonifier et demeure définitivement exportable. Je crois que malgré les aspects difficiles de la pandémie, nous devons reconnaître que le contexte actuel favorise ce réflexe de projets innovants et provoque des réussites qui doivent être mises en lumière. »

Même si les fonds ne reviennent pas, Mme Hébert croit que ce qui a été créé est plus qu’un projet d’aide alimentaire, mais un véritable réseau de connexions. « Parfois, c’est juste qu’on ne la connaît pas la boucherie d’à côté, qu’on n’y va pas. Tu ne le sais pas qu’elle peut te faire d’aussi bons prix que la multinationale. C’est excellent pour faire connaître les commerçants. »

Pour elle, ce projet a été spécial et il n’y a que du positif à en retirer. « On est impliqué sur plusieurs projets avec le communautaire, mais jamais les deux pieds dedans comme ça. C’est incroyable de penser qu’on a permis au communautaire, au municipal, au privé, au politique, aux organismes de concertations, de travailler ensemble et d’établir un lien durable entre toutes ces personnes. Dans tous les milieux, il y a des gens de cœur et quand ce monde-là travaille ensemble, ça donne de beaux résultats », conclut Mme Hébert.