Intoxication au plomb à la centrale Chute-à-Caron: la CNESST émet six avis de correction

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a identifié six dérogations et émis des avis de correction à la suite de l’intoxication au plomb d’un employé de Rio Tinto qui nettoyait des équipements à la centrale de Chute-à-Caron en février.

À la mi-février, un employé qui nettoyait un groupe alternateur a été intoxiqué lorsque de la poussière du métal toxique s’est dégagée de la peinture qu’il décapait. La zone de travaux a été fermée et une trentaine d’employés a dû se soumettre à des tests sanguins. Les formules sanguines analysées se sont finalement avérées normales.

La CNESST avait alors été informée des événements, mais l’entreprise et les employés, par l’entremise d’un comité paritaire, ont pris en charge l’enquête et l’analyse d’accident afin d’identifier les corrections à apporter pour éviter de tels incidents. 

Le rapport d’enquête et d’analyse d’incident de l’employeur a ensuite été transmis à la CNESST qui a identifié six dérogations et émis une série de corrections à appliquer. 

«La CNESST a retenu six dérogations, dont plusieurs sont liées au fait que l’employeur n’avait pas identifié le danger, c’est-à-dire la présence de plomb, avant les travaux, affirme Swann Thibault, porte-parole de la CNESST. Quand on ne sait pas qu’un équipement contient du plomb, on n’informe pas ses employés de sa présence, on ne les forme pas et ils n’ont pas les équipements requis», explique-t-elle. 

La CNESST relève donc d’abord l’absence d’un processus de caractérisation afin de déceler la présence de plomb dans les équipements avant les travaux. 

Elle dénote également l’absence d’un registre des équipements contenant du plomb et l’absence de processus de gestion lorsqu’il y a présence de plomb. Les travailleurs n’ont pas été informés de la présence de plomb et l’employeur ne leur a pas fourni les techniques et les moyens sécuritaires pour effectuer les travaux. Les six dérogations et avis de correction visent à corriger des situations non conformes à la loi. 

«Même s’il ne s’agit pas d’un avis de correction, la CNESST déplore également le fait qu’il n’y avait pas de ressource en santé et sécurité environnement assigné à ce projet», ajoute Swann Thibault qui souligne que l’entreprise devra apporter des modifications entre le 14 mars et le 29 juin afin de corriger la situation.  

Reprise des activités 

Les activités ont repris à la centrale Chute-à-Caron. Claudine Gagnon, directrice relations médias et communications chez Rio Tinto, confirme que tous les employés sont de retour au travail.

Des travaux de nettoyage se poursuivent et pourraient durer encore trois ou quatre semaines. 

Claudine Gagnon affirme que Rio Tinto demeure en contact avec la CNESST afin de s’assurer que tout soit fait selon les règles.