Le Bistrot du Fjord accueille deux soirées karaoké par semaine
Le Bistrot du Fjord accueille deux soirées karaoké par semaine

Interdiction du karaoké: dur coup pour le Bistrot du Fjord

Katherine Boulianne
Le Quotidien
C’est l’incompréhension totale pour le propriétaire du Bistrot du Fjord, Chantal Perron. Alors que le gouvernement Legault s’apprête à interdire le karaoké, le restaurateur se questionne sur la cohérence de cette nouvelle mesure imposée par la Santé publique.

«Je sais que nous sommes face à une situation inconnue et je n’ai pas de compétence médicale pour juger des décisions qui sont prises. Sauf que je ne comprends pas pourquoi on prend la peine d’établir un système de couleurs par région si nous, nous sommes dans le vert, et nous allons avoir la même réglementation que ceux qui sont dans le jaune ?», se demande le propriétaire. Celui-ci ne s’attendait pas du tout à cette nouvelle restriction annoncée jeudi.

Le propriétaire du Bistrot du Fjord, Chantal Perron

Rencontré par Le Quotidien jeudi après-midi à la suite de l'annonce, Chantal Perron tient à être clair: il ne souhaite lancer la pierre à personne. Ce qui est survenu au bar le Kirouac de Québec, où une soirée karaoké a mené à plus de 90 cas directs et indirects de COVID-19, n’est peut-être qu’une malchance, selon lui. Mais il craint que tout le Québec ne soit pénalisé pour ce seul événement, survenu en zone jaune. «Je trouve ça quand même radical. Si nous sommes en zone verte, c’est que nous avons bien fait nos devoirs», ajoute M. Perron.


« Je sais que nous sommes face à une situation inconnue et je n’ai pas de compétence médicale pour juger des décisions qui sont prises. Sauf que je ne comprends pas pourquoi on prend la peine d’établir un système de couleurs par région si nous, nous sommes dans le vert, et nous allons avoir la même réglementation que ceux qui sont dans le jaune? »
Chantal Perron

Des mesures spéciales avaient d’ailleurs été instaurées pour la pratique du karaoké au Bistrot du Fjord. L’activité, qui se tenait deux fois par semaine, se faisait maintenant avec des micros sur pied, qui étaient désinfectés après chaque utilisation. Si plus d’une personne partageait la scène, l’établissement s’assurait que les micros soient placés à deux mètres l’un de l’autre. «La personne qui s’occupait du karaoké avait fait valider ses installations. La CNESST lui avait assuré que tout était en conforme», précise M. Perron.

Il s’agit d’une lourde perte pour le Bistrot du Fjord, qui a été grandement impacté par la pandémie. Sa clientèle se compose surtout de ceux qui fréquentent l’UQAC et le Centre Georges-Vézina. Or, avec les étudiants de l’UQAC qui assistent à leurs cours en ligne et les matchs des Saguenéens qui se tiendront cette saison à huis clos, l’établissement aurait espéré pouvoir au moins compter sur ses habitués du karaoké.

«Notre positionnement, c’est universitaire et sportif. Avec tout ce qui a été annulé, c’est sûr que nous n’avons pas fait un beau printemps. Au Bistrot, nous avons une certaine sécurité parce que nous sommes là depuis 20 ans, mais c’est quand même très dur.»

Chantal Perron attend donc les prochaines directives de la Santé publique avec impatience. Au moment d’écrire ces lignes, le gouvernement n’avait toujours pas fourni de date officielle aux tenanciers de bars concernant l’interdiction du karaoké.