Un flétan d’environ 5,5 pieds et d’un poids estimé entre 160 et 175 livres a été capturé mercredi soir à La Baie.

Un flétan de plus de 160 livres pêché à La Baie

Un flétan d’une longueur d’environ 5,5 pieds et d’un poids estimé entre 160 et 175 livres a été capturé mercredi soir à La Baie. Un pêcheur de la région a mené un combat de deux heures trente avant de découvrir qu’il avait accidentellement pêché le spécimen.

Le pêcheur assure avoir rapidement remis sa prise à l’eau, puisque la pêche au flétan d’Atlantique est actuellement interdite sur les glaces de La Baie. L’homme pensait découvrir une grosse morue au bout de sa ligne de 15 livres test.

L’information a été publiée sur Facebook par l’Accomodation des 21, jeudi matin. 

Le pêcheur a immortalisé ce moment en posant avec sa prise. 

« Cette prise est pour le moment une des plus grosses pêchées ici sur le Saguenay avec le poisson de 150 livres pêché il y a deux ans à La Baie. Le flétan peut atteindre plus de 300 kg et est autant recherché par les pêcheurs récréatifs pour sa force que par les pêcheurs commerciaux pour son importance économique », affirme l’Accomodation des 21 dans sa publication. 

Interdiction remise en question

La capture d’un flétan de l’Atlantique de plus de 160 livres, précédée de plusieurs prises du même type de spécimens de moindre taille depuis le début de la saison de pêche blanche, pousse Rémi Aubin à remettre en question l’interdiction de pêcher ce poisson dans les eaux de La Baie. Le président de l’organisme Promotion pêche estime que les règles doivent être revues, tout comme celles empêchant la capture du crabe des neiges qui, assure-t-il, est aussi présent en quantité dans le fjord. 

« Au cours des trois dernières années, le fjord nous a livré des surprises, affirme Rémi Aubin d’emblée. Depuis le début de la saison, plus d’une centaine de flétans de deux à 160 livres ont été pêchés. Ça amène à se poser des questions. Comment se fait-il que ce poisson qu’on ne voyait pratiquement pas nous envahisse ? Je ne parle pas d’un envahissement négatif. C’est un poisson sportif très recherché et délicieux. »

Rémi Aubin affirme qu’avant 1998, une prise de flétan de l’Atlantique était permise dans le fjord. Ensuite, la chute des populations a entraîné un moratoire. « Ça fait longtemps qu’on demande de rouvrir la pêche au flétan ou du moins, les prises accidentelles. La loi oblige à remettre ce poisson à l’eau, mort ou vif. Dans le Saint-Laurent, il y a beaucoup de flétans. J’ai l’impression que les populations commencent à rejoindre le fjord. Les pêcheurs font beaucoup de prises accidentelles. »

Selon Rémi Aubin, il y a cinq ans à peine, une seule prise de flétan de l’Atlantique avait été rapportée. Il y a trois ans, il y en a eu une dizaine. « L’an passé, c’était une cinquantaine et cette année, on parle de centaines. »

Il estime également que les pêcheurs identifient plus facilement le flétan de l’Atlantique, souvent confondu avec le flétan du Groeland (turbo), dont la pêche est permise. 

Crabe des neiges

Rémi Aubin affirme que la situation est similaire pour le crabe des neiges, une espèce qu’on ne peut pêcher dans la région. 

« Cet hiver, il s’est tellement pris de crabes des neiges accidentellement. À L’Anse-Saint-Jean, les pêcheurs ne sont plus capables de mettre leur ligne au fond de l’eau. Des crabes des neiges s’accrochent. Moi-même, cette semaine, j’en ai pris deux à La Baie. Les pêcheurs, c’est un baromètre. »

Il est convaincu que la pêche du flétan de l’Atlantique, comme celle du crabe des neiges, entraînerait des retombées économiques importantes. « Tout le monde rêve de vivre une expérience avec un monstre comme celui pêché cette semaine. Imaginez l’attrait touristique si on pouvait pêcher de tels poissons, même si ce n’était qu’une seule semaine par saison. Même chose pour le crabe. Ça aurait tout un apport économique. C’est un beau produit qui peut se développer. Ce serait un produit d’appel différent. Du côté du Pacifique, il est permis de pêcher le flétan et le crabe. Il est temps de revoir les lois et les possibilités à court, moyen et long terme pour le fjord », conclut celui qui rappelle l’importance de remettre les prises accidentelles de flétan de l’Atlantique à l’eau le plus rapidement possible.