Des casques utilisés lors de la Première Guerre mondiale exposés dans une collection privée dans une résidence de Balma, près de Toulouse en France. De gauche à droite :  un casque prussien de 1895, un képi français de 1884, un casque prussien de 1915 un casque Adrian de 1915  

Un casque français de 1915 protège mieux des souffles d’explosion que les casques modernes

WASHINGTON — Un casque français de la Première Guerre mondiale protégerait mieux des souffles d’explosion que le casque qui équipe actuellement l’armée américaine, selon une récente étude américaine.

«Les ingénieurs en science biomédicale de Duke University ont démontré que (...) les casques militaires modernes ne protégeaient pas mieux le cerveau des ondes de choc créées par une explosion que leurs équivalents de la Première Guerre mondiale», indique l’université dans un communiqué.

«Un modèle en particulier, le casque français Adrian, donne en fait de meilleurs résultats que les modèles modernes pour protéger des explosions», ajoute cette étude publiée la semaine dernière, alors que le Pentagone annonçait que 109 militaires américains souffraient d’une commotion cérébrale due au tir de missiles iraniens sur une base abritant des soldats américains en Irak.

Le casque Adrian a été distribué à partir de 1915 aux troupes françaises pour protéger les soldats des éclats des obus qui explosaient au-dessus des tranchées.

Les blessures à la tête étaient devenues l’une des premières causes des pertes sur le champ de bataille et ce casque léger, incapable d’arrêter directement une balle de fusil ou de mitraillette, était équipé d’un cimier, une pièce de métal fixée sur le sommet du casque destinée à amortir des chocs venant par le dessus.

Les chercheurs américains ont comparé trois casques de la Première guerre mondiale au casque utilisé actuellement par l’armée américaine, estimant que la guerre des tranchées était la plus comparable aux combats contre les groupes jihadistes: le casque rond et plat Brodie utilisé par les armées britannique et américaine, le casque allemand Stahlhelm qui sera utilisé pendant les deux guerres mondiales et le casque Adrian.

La pression exercée au-dessus du casque était similaire à celle reconnue pour provoquer des hémorragies cérébrales et les tests ont montré que le risque était de 50% sans casque, de moins de 10% avec les casques allemand et britannique, de 5% avec le casque moderne américain et de 1% seulement avec le casque français, indique l’étude.

«Le résultat est surprenant parce que le casque français a été fabriqué avec les mêmes matériaux que ses équivalents allemand et britannique, et que sa coque était plus fine», note l’un des auteurs de l’étude, Joost Op’t Eynde.

«La principale différence, c’est qu’il avait cette crête au sommet du casque. Même si elle avait été conçue pour protéger des éclats de métal, cette caractéristique pourrait bien aussi protéger des ondes de choc», conclut-il, avant de recommander un nouveau design des casques modernes pour mieux protéger des souffles d’explosions.