Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
L'astronome Ron Waldron croit tout simplement que les gens regardent simplement davantage le ciel nocturne pendant la pandémie.
L'astronome Ron Waldron croit tout simplement que les gens regardent simplement davantage le ciel nocturne pendant la pandémie.

Plus de Canadiens observent des manifestations étranges dans le ciel: satellites ou ovnis?

Bill Graveland
La Presse Canadienne
Article réservé aux abonnés
Une soudaine lueur brille dans le ciel. Serait-ce un satellite? Un phénomène naturel? Des extraterrestres venus nous visiter?

Les Canadiens, qui profitent de la pandémie pour scruter de plus en plus le ciel nocturne, semblent voir des choses étranges.

Ces observations mènent à un intérêt croissant pour l’astronomie, mais aussi à une hausse des appels au... 911.

Tracy Duval, la directrice des opérations par intérim à Red Deer, en Alberta, dit que les centres de répartition albertains ont reçu près de 900 000 appels l’an dernier. Ce sont les appels inhabituels qui ne nécessitent pas l’envoi de la police, des pompiers ou des ambulanciers, qui ont tendance à demeurer dans l’esprit des 160 répartiteurs.

«Il y avait certainement un thème sur les observations de satellites et d’ovnis», dit-elle.

«Nous recevions beaucoup d’appels après les lancements de satellites SpaceX. Leur trajectoire est très spécifique dans le ciel et ils n’atterrissent pas. Nous pouvons simplement expliquer très rapidement aux gens qu’il y a de vrais satellites là-haut.»

SpaceX est une société aérospatiale américaine fondée par le magnat des affaires Elon Musk.

Mme Duval raconte que certaines personnes sont convaincues que les extraterrestres ont déjà atterri et tentent d’entrer par effraction chez elles.


« Nous avons des situations où des gens veulent nous persuader que leur appel est légitime et que les extraterrestres arrivent. Parfois, il faut juste s’assurer s’il n’y a pas une autre personne dans la maison qui aurait pu être confondue avec une sorte d’expérience extraterrestre »
Tracy Duval, une directrice des opérations 911

Evan Davis, de Shellbrook, en Saskatchewan, a pu observer une boule de feu en se rendant au travail à la fin de février.

«C’était le crépuscule. Le soleil se levait derrière moi et tout à coup, il y a un éclair. Et puis, cette énorme boule de feu qui laissait une traînée éclairée pendant une ou deux secondes est apparue. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais. C’était une vision spectaculaire. Le tout a duré six ou sept secondes en tout. Elle a illuminé tout le ciel avant de disparaître.»

Vérification faite : il s’agissait d’un météore.

Ufology Research, un groupe de Winnipeg, a publié une étude en mars indiquant que les observations inexpliquées ont augmenté de 46 % en 2020 dans l’ensemble du pays.

Selon Chris Rutkowski, un membre de ce groupe et auteur de nombreux livres sur le sujet, ce total de 1243 observations est l’un des plus élevés jamais enregistrés en une seule année.

«Véritable résurgence de l’astronomie»

Un vieil astronome, lui, croit tout simplement que les gens regardent simplement davantage le ciel nocturne pendant la pandémie.

«On a assisté à une véritable résurgence de l’astronomie», lance Ron Waldron, président de la Société royale d’astronomie du Canada à Saskatoon.

M. Waldron souligne que peu de gens possèdent un télescope à la maison.

«Les gens observent le ciel nocturne. Ils n’avaient pas pris le temps de le remarquer auparavant, tandis que les astronomes le font depuis des années. Eux savent exactement ce qu’ils voient. Les profanes regardent et, ne sachant pas ce qu’ils voient, se disent que ça doit être un ovni.»

Il rappelle que davantage de satellites sont lancés chaque année «au grand dam des astronomes» et sont visibles à l’oeil humain. Il en va de même pour la Station spatiale internationale par temps clair.

«Les gens ne sont pas nécessairement capables d’interpréter ce qu’ils voient. Il n’y a pas plus d’objets volants non identifiés là-haut pendant la pandémie qu’auparavant.»