Une entreprise rimouskoise a découvert qu’en extrayant une partie d'un liquide que possède l'étoile de mer et en l’intégrant à des crèmes topiques, celui-ci avait des vertus hydratantes, antirides et anti-âge.

L’étoile de mer à la rescousse des rides

Rimouski — L’étoile de mer, comme la salamandre, a un pouvoir régénérateur. Ainsi, si elle se fait amputer d’un bras, il repoussera grâce à un liquide qu’elle possède. Or, une entreprise rimouskoise a découvert qu’en extrayant une partie de ce liquide et en l’intégrant à des crèmes topiques, celui-ci avait des vertus hydratantes, antirides et anti-âge.

«On a découvert qu’il y a, à l’intérieur d’une cavité de l’étoile de mer, ce qu’on appelle le liquide coelomique, explique le président-directeur général d’InnoVactiv, Patrice Dionne. On a pris ce liquide-là et on l’a testé sur des cellules de peau. On a trouvé que l’activité se transposait. On a capturé le pouvoir régénérateur de l’étoile, puis on l’a stabilisé et intégré dans ces produits-là, qui font l’objet d’études cliniques. On a démontré un bénéfice sur la peau.» 

M. Dionne soutient qu’InnoVactiv est la seule compagnie nord-américaine, voire la seule au monde, à utiliser l’étoile de mer dans une perspective de respect de l’animal et de l’écosystème marin, dans une vision d’exploitation durable. L’entreprise détient d’ailleurs un brevet d’application pour ce procédé.

Prédatrice de la moule

Puisque l’étoile de mer est une prédatrice de la moule, InnoVactiv fait affaires avec des mariculteurs de l’Île-du-Prince-Édouard. Les producteurs de moules récoltent l’étoile dans des bacs d’eau salée. «On a développé un procédé d’extraction qui n’est pas dommageable pour l’étoile, tient à mentionner le dirigeant de l’entreprise scientifique. Une fois qu’on a récolté le liquide coelomique, l’étoile est retournée en vie dans son milieu naturel. C’est ce liquide coelomique qu’on stabilise ensuite dans une formulation et qui, après ça, est commercialisé dans l’industrie du cosmétique.» InnoVactiv vend l’ingrédient à des compagnies de fabrication de produits cosmétiques. «On ne fait pas de produits finis», spécifie Patrice Dionne.

Un autre produit phare d’InnoVactiv est dérivé d’algues brunes puisées dans l’est du Canada maritime. Le produit, appelé InSea2, est un ingrédient composé de toutes pièces dans les laboratoires de l’entreprise bas-laurentienne à partir de la biomasse marine et pour laquelle elle a développé un procédé d’extraction. «Ce qu’on cible, ce sont les polyphénols qui sont dans ces algues-là et pour lesquels on a révélé une activité bénéfique pour la santé humaine en régulant le métabolisme du glucose santé, décrit M. Dionne. Le produit agit sur les enzymes qui sont impliqués dans la digestion des sucres, puis il ralentit la vitesse à laquelle notre corps absorbe les glucoses.»

InSea2 se présente sous forme de poudre brune, un peu comme le cacao, mais sans le goût ni l’odeur. Le produit est utilisé par des formulateurs de l’industrie des suppléments alimentaires.

Le laboratoire d’InnoVactiv est situé à Rimouski. Les bureaux des ventes et de développement des affaires ont pignon sur rue à Québec. L’entreprise compte 11 employés. Son marché se trouve en Amérique du Sud, un peu en Europe et principalement en Asie ainsi qu’aux États-Unis. «Là où on a fait une percée intéressante, c’est sur le marché asiatique, dont la Chine», se réjouit le pdg. Le Canada représente une infime partie de son chiffre d’affaires.

Le président-directeur général d’InnoVactiv, Patrice Dionne, explique que l’entreprise ne fabrique pas de produits cosmétiques finis, mais vend à travers le monde une formulation à base du liquide coelomique, qu’InnoVactiv a découvert dans les étoiles de mer.