Plusieurs hommes ont été fouettés en public mardi dans la province indonésienne d’Aceh pour avoir participé à des jeux d’argent.

Fouettés pour des jeux d’argent

EAST ACEH, Indonésie — Plusieurs hommes ont été fouettés en public mardi dans la province indonésienne ultra-conservatrice d’Aceh, la seule du pays à appliquer la loi islamique, pour avoir participé à des jeux d’argent.

Le groupe de six hommes a été arrêté cette année dans un cybercafé pour s’être prêté à des jeux d’argent en ligne, un délit selon la loi islamique (charia) leur valant entre sept et 11 coups d’une canne en rotin.

L’un d’eux a grimacé de douleur quand un représentant de la loi islamique, le visage masqué, lui a fouetté le dos devant une mosquée de l’est d’Aceh, sous les acclamations d’une foule de badauds.

Des dizaines de spectateurs ont hué et demandé à ce que l’homme soit battu plus fort.

«Ils ont violé la loi islamique en prenant part à des jeux d’argent», a déclaré à l’AFP Muliana, chef de l’unité criminelle du parquet local.

La flagellation publique est une sanction courante à Aceh pour toute une série de délits, comme participer à des jeux d’argent, boire de l’alcool ou avoir des relations sexuelles avec une personne du même sexe ou hors mariage.

Située à la pointe nord de l’île de Sumatra, la province d’Aceh est la seule région d’Indonésie, le pays musulman le plus peuplé du monde, à imposer la loi islamique.

Aceh a commencé à mettre en oeuvre la charia après avoir obtenu un statut d’autonomie en 2001 auprès du gouvernement central de Jakarta, afin de mettre fin à plusieurs décennies de rébellion séparatiste.

Des groupes de défense des droits de l’homme dénoncent la cruauté de la flagellation publique et le président indonésien Joko Widodo a appelé à y mettre fin.

Mais cette pratique bénéficie d’un large soutien au sein de la population acehnaise. Sur les cinq millions d’habitants de la province, environ 98% sont des musulmans pratiquants.

Aceh a déclaré cette année que la flagellation serait à l’avenir effectuée au sein de l’enceinte des prisons, mais certains gouvernements locaux continuent à la pratiquer en public.