Une partie des participants aux régates du Potirothon lors du départ de la première vague.

Faire la course dans une citrouille

Bécancour — Une vingtaine de navigateurs du dimanche ont pris part samedi à la 17e édition des régates du Potirothon de Gentilly. À bord de grosses citrouilles, ils ont fait la course sur une distance d’un kilomètre sur la rivière Bécancour.
Il y avait des participants de tous les âges aux régates du Potirothon.
Il n’est pas toujours facile de naviguer dans une citrouille géante.

Les gigantesques fruits, dont plusieurs avaient participé à la pesée officielle du festival annuel, ont été creusés pour permettre aux navigateurs d’y prendre place. Certaines citrouilles étaient si grosses que deux personnes pouvaient monter à bord. 

Charlie Auger est une navigatrice de citrouille d’expérience. Malgré son jeune âge, elle en était samedi à sa septième course des régates du Potirothon. «J’espère me rendre à dix. Si je ne coule pas cette année, je devrais me rendre à dix courses», lançait à la blague quelques instants avant de prendre le départ celle qui a concouru dans une citrouille de près de 500 livres. 

Qui a dit que c’était facile de parcourir un kilomètre à bord d’une citrouille géante? Bien qu’il soit délicieux en tarte, ce fruit n’a pas de propriétés hydrodynamiques. En réalité, il est tout le contraire de ce principe de physique. 

Et ce n’est pas un sport totalement inoffensif que de faire de la navigation dans une citrouille. Durant sa longue carrière, Charlie Auger a été témoin de plusieurs naufrages. Rien qui ressemblait à celui de l’Exxon Valdez, heureusement, mais des naufrages qui ont compromis les chances de terminer la course et qui donne un coup à la fierté. 

«La rivière n’est pas toujours profonde. Il y a certains endroits avec plus de sable que d’eau», témoigne Charlie Auger. «Le défi quand tu restes pris ou que tu tombes, c’est de rembarquer. On s’entend, ce n’est pas un kayak… c’est une citrouille. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus stable.»

Lors du passage du Nouvelliste à cette course loufoque, quelques embarcations avaient d’ailleurs du mal à se tenir à flot. 

Samedi, les conditions de navigation étaient toutefois très favorables. L’eau n’était pas trop froide et le courant était suffisamment présent pour permettre aux compétiteurs de le suivre. 

Même si cette course n’est pas trop prise au sérieux, le gagnant remporte un trophée et la reconnaissance des autres. La première position revient cette année à José-Pierre Desautels avec un rapide temps de 14 minutes et 16 secondes. Dès les premières centaines de mètres, le navigateur de grosse citrouille filait à vive allure. Le podium a été complété par Joël Weber et Alexandre Moreau.