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Au Vietnam, une centenaire se bat contre la course aux centrales à charbon

VAN PHONG - Pham Thi Ca a 99 ans et n’a que faire de l’argent qu’on lui offre comme dédommagement: cette Vietnamienne tient tête aux bulldozers de l’État communiste censés construire sur ses terres une centrale à charbon financée par le Japon.

Une centaine de fonctionnaires se sont déjà succédé chez elle, dans le sud-ouest du Vietnam. Ils ont fini par raser sa maison, mais elle s’accroche, malgré sa quasi-cécité et son grand âge, et campe dans un abri de fortune juste à côté des ruines de son ancien logis.

«Je ne pars pas. Je reste ici chez moi... Mes grands-parents et mes parents sont restés ici, alors je reste aussi», insiste cette grand-mère squatteuse, dans un acte de résistance extrêmement rare au Vietnam.

«Je veux être enterrée ici. Ma maison est ici, ma terre ici, donc je serai enterrée ici», persiste-t-elle, défiant un régime qui habituellement n’hésite pas à emprisonner les voix discordantes.

Le combat de la centenaire est d’autant plus symbolique qu’elle contrecarre un des grands projets nationaux: la multiplication des centrales à charbon, pour répondre à l’appétit de croissance de cet État de 95 millions d’habitants. Sur ses terres est prévue l’installation d’une centrale à 2,6 milliards de dollars.

Au Vietnam, un tiers de la production d’électricité provient déjà de centrales à charbon, une énergie fossile dont la responsabilité dans le réchauffement climatique est pointée du doigt. Et cette proportion devrait grimper à 50% d’ici à 2030, selon les projections du régime communiste.

Squatter son propre terrain

Les habitants de la baie de Van Phong et d’ailleurs font les frais de ces ambitions énergétiques.

Quelque 300 voisins de madame Ca ont déjà été relogés dans la province de Khanh Hoa, plus au sud, après avoir accepté les compensations financières de l’État.

Mais nombre d’entre eux ont du mal à s’adapter dans cette région de pêcheurs et de paysans, faute de pouvoir s’acheter des terres avec le pécule donné. La plupart ont été relogés dans des appartements, sans terrains.

«Nous ne pouvons pas travailler là-bas, il n’y a pas de terres à cultiver», s’insurge Ho Huu Hanh, le fils de madame Ca, qui partage sa lutte.

En échange de la session de son terrain de 9000 m2, la famille s’était vu proposer moins de 60 000 $CAN, en dessous du prix du marché.

Malgré leur résistance, le projet a été approuvé et Mme Ca et son fils en sont réduits aujourd’hui à squatter leur propre propriété.

Leur potager a été détruit par le passage des bulldozers et Hanh a dû s’engager comme travailleur saisonnier ou pêcheur de crabes, ce qui lui assure un maigre revenu de 150 euros par mois.

La centrale à charbon n’est pas encore construite, mais le chantier ne saurait tarder, ajoutant ses fumées à celles de la vingtaine de centrales déjà existantes dans le pays.

Un milliard et demi de dollars

La Banque japonaise de coopération internationale (Japan Bank for International Cooperation, JBIC) a approuvé le mois dernier un prêt de plus de 1,5 milliard $CAN pour ce projet.

Au-delà des déplacements de population, les écologistes s’inquiètent pour les espèces endémiques de poissons de la baie et les récifs de coraux.

Le Vietnam et d’autres pays d’Asie comme la Malaisie ou l’Indonésie, moins regardants quant à l’impact environnemental des centrales à charbon, sont un eldorado pour les investisseurs japonais, sud-coréens et chinois souhaitant continuer à développer cette source d’énergie plus rentable que d’autres.

«Les entreprises de ces pays dépendent de plus en plus de marchés d’exportation comme le Vietnam, qui prend malheureusement la voie d’une énergie polluante et va être coincé avec pendant des décennies», déplore Julien Vincent, de l’ONG Market Forces.

Pour l’heure, les sources d’énergies renouvelables contribuent pour moins de 1% à la production d’électricité au Vietnam. L’ambition du régime, dérisoire, est de monter à un peu plus de 2% à l’horizon 2020.

Des Vietnamiens tentent de développer des champs d’éoliennes.

Certaines tournent déjà à quelques encablures de l’une des plus grandes centrales à charbon du pays, le complexe Vinh Tan, dans la province de Binh Thuan (sud-ouest).

«Tous les matins et tous les soirs, nous devons nettoyer nos maisons à cause des particules de charbon...», se désole Nguyen Tai Tien, un habitant interrogé par l’AFP.

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Compost humain légal aux États-Unis

LOS ANGELES — Les habitants de l’État de Washington ont désormais un autre choix que l’enterrement classique ou la crémation : une loi permettra aux défunts d’être transformés en «compost humain», et ainsi retourner littéralement à la terre.

La loi autorisant la «réduction organique naturelle» — officiellement définie comme la «conversion, accélérée et en milieu clos, de restes humains en humus» — a été adoptée fin avril par le Parlement local, une première aux États-Unis.

Elle a été promulguée mardi par Jay Inslee, gouverneur démocrate de cet État très progressiste, candidat à l’élection présidentielle de 2020 sur un programme misant beaucoup sur l’écologie.

La mesure doit entrer en vigueur en mai 2020.

«La recomposition offre une alternative à l’embaumement et à l’inhumation ou à la crémation. Elle est naturelle, sûre, durable et permet des économies importantes en matière d’émissions de COet d’utilisation des terres», plaide Katrina Spade, qui a promu la loi auprès des élus locaux.

La jeune femme s’est prise de passion pour ces solutions alternatives à l’inhumation voici plus de 10 ans. Elle a créé à Seattle la société Recompose, qui a mis au point un processus de compostage humain qu’elle s’apprête à commercialiser.

Selon les détails communiqués par l’entreprise, il s’agit tout simplement d’accélérer le processus naturel de décomposition du corps en le plaçant avec de la paille, des copeaux de bois et de la luzerne dans un conteneur, où sont créées les conditions idéales d’humidité et d’oxygénation pour que les bactéries fassent leur travail.

«Tout est recomposé, y compris les dents et les os», écrit Recompose, précisant «mélanger» le conteneur à plusieurs étapes pour récupérer d’éventuels plombages dentaires, stimulateurs cardiaques et autres prothèses qui ne seraient pas biodégradables.

Au bout de 30 jours environ, «le matériau que nous rendons aux familles est très semblable au terreau que vous pourriez acheter dans votre pépinière», assure l’entreprise en démarrage.

La méthode produit environ un mètre cube d’humus, soit l’équivalent de deux brouettes, que les familles pourraient répandre dans leur jardin, voire utiliser pour faire pousser un arbre à la mémoire du défunt.

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À Tokyo, succès d’une application contre les «tapponneurs» du métro

TOKYO — Une puissante voix s’élève d’un téléphone dans le silence du métro de Tokyo pour dire «stop»: dans la mégapole nippone, les passagères victimes des «frotteurs» plébiscitent une application visant à repousser leurs agresseurs.

À l’origine, la police de la capitale avait lancé Digi Police il y a trois ans pour informer personnes âgées et familles des moyens de se protéger des arnaques et rôdeurs. Mais elle a par la suite ajouté cette nouvelle fonction ciblant les hommes qui profitent des rames bondées pour attaquer leur proie, et cela fait un carton.

L’application a déjà été téléchargée plus de 237 000 fois, «un chiffre inhabituellement élevé» pour un programme de service public, selon Keiko Toyamine, une responsable du département de police.

«Sa popularité est telle que le nombre d’abonnés augmente d’environ 10 000 chaque mois», dit-elle.

Les victimes ont souvent trop peur pour appeler à l’aide, d’autant qu’il est mal vu de parler dans le métro au Japon, où les passagers ont les yeux rivés sur leur téléphone intelligent, souligne Mme Toyamine, mais «avec Digi Police, elles peuvent alerter les autres passagers tout en restant silencieuses».

L’activation déclenche un message vocal à plein volume ou l’apparition sur l’écran d’un message SOS visible des voisins de rame, disant: «Il y a un agresseur. Aidez-moi».

Près de 900 cas de ce type d’agression et de harcèlement ont été signalés en 2017 dans les trains et métros de Tokyo, selon les dernières données disponibles. «Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg», prévient toutefois Keiko Toyamine, précisant que les femmes concernées hésitent à se manifester.

Wagons spéciaux

Les coupables d’un tel délit risquent six mois de prison et une amende pouvant aller jusqu’à 500 000 yens (environ 750 000 $CAN). En cas de violence ou de menaces, la peine peut s’élever à 10 ans d’incarcération.

Yui Kimura, une jeune femme de 27 ans qui travaille dans l’île septentrionale de Hokkaido, n’est pas tranquille quand elle se rend dans la capitale. «J’ai tendance à être vigilante dans le métro de Tokyo, car je sais qu’à tout moment, je peux me retrouver entourée d’hommes douteux», confie-t-elle.

Reina Oishi, une étudiante de 21 ans, est elle aussi très sensible au sujet et veut télécharger l’application. «J’ai été victime de frotteurs tellement de fois», dit-elle.

Des compagnies ferroviaires, conscientes du problème, ont déjà mis en place des wagons dédiés uniquement aux femmes pendant les heures de pointe et installé des caméras sur les lignes les plus exposées. Le sujet est aussi de plus en plus débattu sur des forums internet, où les femmes échangent des conseils.

Les «frotteurs» sévissent dans n’importe quelle ville du monde où l’affluence est forte dans les transports en commun, note Akiyoshi Saito, un travailleur social qui a accompagné quelque 800 de ces agresseurs dans le cadre d’un programme de réhabilitation.

Mais les mentalités sexistes restent profondément ancrées au Japon, et «cette idée que les hommes sont supérieurs aux femmes peut contribuer» au maintien de telles pratiques, souligne-t-il.

Et de saluer une application bienvenue pour les victimes «silencieuses», car «les prédateurs ciblent en priorité celles qui apparaissent timides et réticentes à porter plainte».

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Un parti satirique allemand présente des homonymes de dignitaires nazis aux élections européennes

BERLIN — Des candidats nommés Goebbels, Hess, Eichmann, Speer, Bormann ou encore Bombe et Krieg: la formation satirique Die Partei joue la carte de l’humour grinçant en présentant aux élections européennes de dimanche des homonymes de dignitaires nazis.

Fondé en 2004 à l’initiative de la revue satirique Titanic, Die Partei (Le Parti) défend «le travail, l’État de droit, la protection des animaux, l’élitisme et l’initiative démocratique». Il est mené par le journaliste et satiriste Martin Sonneborn, déjà élu eurodéputé en 2014.

Pour l’élection de dimanche, la liste de Die Partei, toujours menée par M. Sonneborn, compte en 3e position Lisa Bombe, suivie à la 4e place d’un dénommé Bennet Krieg (guerre en allemand), devant Kevin Goebbels et Tobias Speer.

Viennent ensuite Elisabeth S. Bormann, Dietrich F. Eichmann, Andreas Keitel et Fabian M. Hess.

Die Partei a aussi édité des affiches et tracts où les prénoms des candidats sont si petits que seuls les noms sont visibles. La liste compte au total huit homonymes d’anciens dignitaires nazis, du chef de la propagande Joseph Goebbels au maître d’oeuvre de la Solution finale, Adolf Eichmann, en passant par l’architecte et ministre de l’Armement, Albert Speer, ou le chef de la chancellerie du Reich, Martin Bormann.

Le programme du Parti prévoit de faire du «déni du changement climatique» un délit, l’interdiction des expérimentations animales, l’arrêt de l’Europe de la défense ou l’introduction d’un âge maximal pour voter, avec une interdiction de voter «dans les 18 dernières années de sa vie».

Le système allemand ne prévoit pas de seuil minimal pour entrer au parlement européen, contrairement à d’autres pays où il faut atteindre 3, voire 5%, pour être élu. Die Partei, qui avait obtenu 0,96% des voix en 2014 et avait envoyé M. Sonneborn à Strasbourg, est donc susceptible d’avoir une fois encore au moins un élu.

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Autre attaque au lait frappé

Le politicien britannique Nigel Farage, alors qu’il faisait campagne à Newcastle pour les élections au Parlement européen, est devenu lundi la plus récente victime d’une série d’«attaques au milkshake» visant les personnalités politiques de droite au Royaume-Uni.

Le suspect, Paul Crowther, a affirmé avoir lancé le lait frappé pour protester contre «l’irascibilité et le racisme» de M. Farage. 

Les «milkshakes» sont devenus une arme politique improbable au Royaume-Uni. D’autres politiciens, dont le militant d’extrême droite Tommy Robinson, ont également été victimes d’attaques du même genre. 

La semaine dernière, un restaurant McDonald’s d’Édimbourg, en Écosse, a déclaré s’être fait demander par la police de ne pas vendre de laits frappés durant un rassemblement du Parti du Brexit. En réponse, Burger King a écrit sur Twitter : «Cher peuple écossais, nous vendons des laits frappés tout le week-end. Amusez-vous.» 

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Un homme resté suspendu six heures au dernier étage de la tour Eiffel

PARIS — Suspendu au-dessus du vide plus de six heures lundi : un homme a escaladé la tour Eiffel pour des motivations inconnues et y est resté agrippé jusqu’à la tombée de la nuit, entraînant l’évacuation du célèbre monument parisien.

«Le visiteur qui avait escaladé la tour Eiffel en début d’après-midi a été pris en charge par les équipes d’intervention», a indiqué peu avant 22h la société d’exploitation du monument, en précisant que le monument rouvrirait mardi à 9h30.

«À 21h30, les membres de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris ont réussi à raisonner l’individu», a ajouté la société dans un communiqué. L’homme, tout de noir vêtu, s’était tenu debout en appui sur les barreaux de la tour juste en-dessous du troisième et dernier étage du monument.

Des pompiers sont parvenus à atteindre le grimpeur en descendant en rappel depuis le troisième étage de la tour de 324 mètres et ont négocié avec lui, appuyés par la brigade de recherche et intervention de la police (BRI), selon une source policière, précisant que les motivations de cet homme étaient pour l’heure inconnues.

«Fort heureusement, ce type d’intrusion reste très rare», a souligné la société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE) en saluant le «professionnalisme de ses collaborateurs et de tous les intervenants des forces publiques».

Au pied du monument, le spectacle a captivé les badauds et les centaines de touristes qui levaient le nez pour apercevoir l’individu, tandis que les «quelque 2500 visiteurs» avaient été évacués «dans le calme et en toute sécurité», selon la SETE qui remboursera «automatiquement» les billets réservés pour lundi après-midi.

La SETE avait tweeté à 15h30 que la «Dame de Fer» n’était plus accessible aux visiteurs.

Deux Québécoises déçues

Cette fermeture exceptionnelle a fait de nombreux déçus lundi après-midi, comme Sylvie et Céline Forcier, venues du Québec : un policier leur a expliqué «que c’était fermé pour toute la journée et que c’était parce que quelqu’un grimpait. On est très déçues : on n’est ici que pour une semaine et ça change notre programme».

D’autres comme Aniruddha étaient «dans la queue, prêts à monter» quand «on leur a dit de sortir». Ce guide touristique accompagnant un groupe de 130 Indiens, a expliqué qu’ils ne restaient qu’«un seul jour à Paris» avant de se rendre à Bruxelles, et étaient venus spécialement «pour voir la tour Eiffel...»

«Je m’en fiche de ce qu’il peut arriver, je veux juste que ça rouvre. Je suis censée dîner là», lâchait pour sa part Maria, une touriste américaine.

En octobre 2017, la tour Eiffel avait dû être évacuée en raison de la présence d’un jeune homme sur un pilier de la tour qui menaçait de se suicider. La police avait finalement réussi à faire renoncer le jeune homme.

La tour Eiffel, qui fête cette année ses 130 ans, est le monument payant le plus visité au monde. Elle accueille chaque année plus de 20 millions d’admirateurs du monde entier, dont sept millions de visiteurs.

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La coupe mulet, équivalent belge de la coupe Longueuil, «un état d'esprit»

BOUSSU — Le Québec a sa coupe Longueuil, le Belgique, sa coupe mulet. Nostalgiques des années 1980 ou amateurs d'autodérision contents de défier la mode, des centaines de fans du «mulet» ont participé samedi en Belgique à un festival dédié à cette coupe de cheveux associant tempes dégagées et longueur dans la nuque.

Pour certains, elle rappelle le rockeur Rod Stewart, pour d'autres MacGyver, le héros de la série télévisée éponyme.

Le principe est surtout de laisser libre cours à «la dewanne», le délire ou la déconne en patois du Borinage, un coin de la campagne wallonne digne du «far-west belge», selon Damien Hubert, l'un des organisateurs.

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«Embrasse ta vache», le défi qui ne fait pas rire l’Autriche

VIENNE — Embrasser une vache pour une bonne cause? Ce nouveau défi Internet suscite la controverse en Autriche, où les accidents mortels impliquant bovidés et promeneurs ne sont pas rares et où la cohabitation entre tourisme et élevage en montagne relève de l’affaire d’État.

Lancé mercredi par le site helvétique Castl à destination d’un public germanophone en Allemagne, en Suisse et en Autriche, le #KuhKussChallenge invite à embrasser des vaches («avec ou sans la langue») pour récolter des fonds à des fins humanitaires.

Relayée par quelques personnalités du web de ces pays, cette initiative a été vivement désavouée jeudi par les autorités autrichiennes, qui ont mis en garde contre les risques que ce genre de pratique pouvait impliquer.

«Un tel défi est réellement stupide et dangereux», a réagi la ministre de l’Agriculture Elisabeth Köstinger, mettant en garde contre les «conséquences graves» qu’il pouvait avoir.

Le directeur des services vétérinaires du Tyrol, une des principales régions d’élevage en montagne du pays, Josef Kössler, a lui aussi souligné qu’il pouvait être «très dangereux» d’approcher des vaches «que l’on ne connaît pas», en particulier si elles sont accompagnées de petits.

«Je trouve très préoccupant qu’on puisse vouloir utiliser nos animaux pour faire du buzz, notamment en raison des risques de blessures», a pour sa part relevé le président de la Chambre d’agriculture du Tyrol, Josef Hechenberger, qui a appelé solennellement le site à «revoir son projet».

La cohabitation entre promeneurs et animaux constitue un sujet des plus sensibles dans les régions alpines d’Autriche, où tourisme et élevage constituent les deux principales mamelles de l’activité économique.

En février, un tribunal avait provoqué la consternation en condamnant un éleveur tyrolien à verser plusieurs centaines de milliers d’euros de dommages et intérêts aux proches d’une touriste allemande tuée en 2014 par un troupeau de vaches allaitantes qu’elle avait tenté de traverser avec son chien.

L’éleveur a fait appel, une procédure très suivie par la Fédération des agriculteurs autrichiens selon qui une confirmation de ce jugement signifierait «la fin de nos alpages». Pour tenter de désamorcer la crise, le gouvernement autrichien a édicté en avril un «code de bonne conduite» recommandant notamment aux promeneurs d’éviter de s’approcher des vaches sur les alpages.

«Des initiatives comme ce défi vont à l’encontre de nos efforts en faveur du vivre ensemble sur les alpages», a déploré Mme Köstinger jeudi.

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«Alerte info, bande d’abrutis»: un fugitif canadien trahi par un message Facebook

MONTRÉAL - Un homme recherché par la police en Colombie-Britannique, dans l’ouest du Canada, a été arrêté dans une ville de la province voisine après avoir révélé sa localisation dans un message Facebook envoyé à une télévision locale qui avait diffusé son avis de recherche.

Après avoir vu sa photo sur le site de la chaîne de télévision locale CFJC Today, située à Kamloops, en Colombie-Britannique, Jessie Dean Kowalchuk leur a envoyé un message sur Facebook: «Alerte info, bande d’abrutis: je suis à Edmonton et ne reviendrai pas» (News flash morons: I’m in Edmonton and not coming back), selon un article de ce média publié mardi soir.

Informées de ce message par la chaîne, les autorités, qui recherchaient le suspect en Colombie-Britannique, ont alors demandé à étendre le mandat à la province voisine de l’Alberta, où se situe Edmonton.

Le 10 mai, la police de cette capitale provinciale a retrouvé et arrêté M. Kowalchuk. Il a ensuite été renvoyé à Kamloops, où il fait face à plusieurs chefs d’accusation pour manquement aux obligations de sa liberté conditionnelle.

«Nous sommes très satisfaits du fait que Jessie Kowalchuk ait envoyé un message indiquant où il habitait en Alberta», a réagi Jodi Shelkie, porte-parole de la police fédérale de Kamloops, citée par les médias locaux.

«Le ton de son message était très désobligeant, disant que la GRC (police fédérale, NDLR) avait raté son coup, parce qu’il vivait à Edmonton depuis trois ans», a-t-elle poursuivi.

Les personnes recherchées «ne peuvent pas déménager pour éviter leurs problèmes juridiques», a-t-elle prévenu. «Tôt ou tard, la police les retrouvera».

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Tuerie à l’arbalète: l’homme dépeint en gourou d’une secte ésotérique

MUNICH — L’affaire de la tuerie à l’arbalète en Allemagne révèle chaque jour son lot de détails : l’homme découvert le corps criblé de flèches se comportait comme le gourou dominateur d’une secte ésotérique avec les autres femmes retrouvées mortes, selon des médias.

Cet étrange dossier, où se mêlent soupçons de manipulation, y compris sexuelle, d’ésotérisme médiéval et de pacte suicidaire, laisse perplexe l’opinion allemande depuis plusieurs jours.

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Et le mystère pourrait ne pas être éclairci avant longtemps : la police a déclaré mercredi avoir encore besoin de deux à trois semaines pour obtenir un premier résultat concluant, en raison notamment de la durée des examens biologiques diligentés sur les corps des cinq victimes, quatre femmes et un homme, retrouvés dans le sud et le nord de l’Allemagne, à 600 kilomètres de distance.

Ces personnes étaient manifestement liées entre elles, y compris sur le plan intime, selon plusieurs médias.

Et l’homme, identifié sous le nom de Torsten WW, 53 ans, semble avoir joué un rôle central dans le groupe. D’après la chaîne de télévision RTL Allemagne et le quotidien Bild, il paraît s’être comporté en gourou tyrannique pour contrôler les quatre femmes.

«Gourou»

«Les enquêteurs soupçonnent qu’ils étaient tous membres d’un genre de groupe sexuel focalisé sur le Moyen-Âge. Torsten W. pourrait avoir été leur gourou», a dit RTL.

Bild affirme qu’il a été «en relation avec plusieurs des femmes qu’il contrôlait comme un maître».

L’homme de 53 ans et à la longue barbe blanche tenait une boutique médiévale en Rhénanie-Palatinat (ouest), «Milites Conductius», et organisait le soir des séances de combat à l’épée. Il s’était fait tatouer des symboles des alchimistes, un mouvement ésotérique vivace au Moyen-Âge et prétendant parvenir à la transmutation des métaux

Les corps sans vie des cinq victimes ont été retrouvés en deux temps, samedi puis lundi.

La police a d’abord découvert ceux de l’homme et de deux femmes, Kerstin E. et Farina C., le corps transpercé de carreaux d’arbalètes, dans une chambre d’hôtel à Passau, en Bavière. Le trio y était arrivé la veille au soir.

Les deux autres victimes, Gertrud C. et Carina U., ont été retrouvées mortes dans l’appartement de Farina C., à plus de 600 km au nord, à Gifhorn, en Basse-Saxe.

Carina U., âgée de seulement 19 ans, était devenue dépressive et avait coupé le contact avec ses parents sous l’influence de Torsten W., ont raconté ces derniers à RTL-Allemagne. Elle l’avait rencontré à l’occasion d’entraînements à des sports de combat.

Sa mère se souvient qu’il n’y en avait que pour «Torsten, Torsten, Torsten» tandis que son père avoue ne toujours pas comprendre comment «quelqu’un peut réussir à manipuler une autre personne de la sorte en quatre à six semaines», car sa fille était auparavant «heureuse».

Alexander Krüger, un ancien propriétaire du présumé gourou en 2017, a quant à lui déclaré au quotidien Bild qu’il vivait à l’époque avec un couple lesbien auquel il donnait très sèchement des ordres.

Le «langage corporel (des femmes) était dévot, la tête baissée», se rappelle celui qui n’avait jamais entendu un «ton si dur».

Le propriétaire a finalement expulsé l’homme après avoir été frappé par lui.

Pacte suicidaire?

Les enquêteurs s’orientent dans ce contexte toujours vers la piste d’un pacte suicidaire, sans qu’une raison claire ne soit encore définie.

Torsten W. et Kerstin E., qui vivaient en couple, ont été tuées d’un carreau tiré dans le coeur.

D’autres carreaux ont ensuite été tirés post-mortem, dont certains dans la tête, probablement par la troisième victime, Farina C., une femme de 30 ans qui se serait ensuite suicidée à l’arbalète en se tirant un carreau dans le cou.

«Aucun élément ne montre qu’il y ait pu y avoir une dispute entre les personnes présentes» dans la chambre, a fait savoir la police.

Concernant les corps des deux dernières femmes, Carina U. et Gertrud C., là encore l’autopsie n’a décelé «aucun signe de violence extérieure». Et leur mort, dont la cause reste inconnue, remonte à «quelques jours», a dit la police.