Inquiétudes soulevées par un entraînement du Régiment du Saguenay à Valcartier

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Le Quotidien
La tenue d’un exercice d’instruction sur la base de Valcartier par plusieurs militaires membres du Régiment du Saguenay, du 20 au 22 novembre dernier, soulève des interrogations et des craintes pour la famille de l’un d’entre eux en raison des risques potentiels de propagation de la COVID-19.

Au cours des derniers jours, un citoyen de Chicoutimi, dont le fils est membre du Régiment du Saguenay et qui vit sous le même toit que ses parents, s’est interrogé sur la pertinence de tenir des exercices militaires regroupant plusieurs dizaines de personnes dans les deux zones rouges nécessitant le transport des participants.

Selon le récit de l’interlocuteur, le jeune homme a été transporté en minibus jusqu’à Val-Cartier avec tout son équipement à bord en respectant la mesure de distanciation tandis que le port du masque aurait été plus ou moins respecté, une affirmation difficile à vérifier.

Le parent concerné aurait tenté de dissuader le fils d’âge majeur de participer à l’exercice militaire, mais il aurait répondu que ses petits frères et sœurs allaient à l’école, ce qui le légitimait de se rendre à Val-Cartier.

« La participation au Régiment du Saguenay se fait sur une base volontaire. Il y a des pères de famille là-dedans. Notre crainte est que mon fils revienne avec le virus et nous contamine, moi et ma conjointe, qui sommes confinés en télétravail, ainsi que ses petits frères et sœurs. On comprend que le Régiment du Saguenay est sa seule source de revenus », mentionne ce parent inquiet.

Mis au fait de la situation, l’adjudant-chef du Régiment du Saguenay, François Girard, confirme que 43 membres du régiment, dont lui-même, ainsi que des membres de la réserve oeuvrant comme policiers à la Base miliaire de Bagotville, ont été transportés à Québec pour des manœuvres d’instruction. Des exercices d’attaques en zone rurale, de patrouille de reconnaissance et de rappel sur tour ont été effectués.

L’adjudant-chef assure que toutes les mesures édictées par la Santé publique ont dû être respectées à partir du transport des militaires, qui a été effectué avec des autobus d’une capacité de 47 passagers remplis à 50 %, jusqu’aux mesures de distanciation sur le terrain. M. Girard nie que les masques ont été enlevés à bord.

M. Girard précise que depuis le printemps, le Régiment du Saguenay a été mis en pause et a dû annuler une quantité importante d’activités prévues au calendrier tandis que plusieurs membres du commandement oeuvrent en télétravail.

L’autre réalité est que les militaires doivent continuer de conserver leurs capacités opérationnelles afin de pouvoir faire face à toute situation d’urgence, opérations terrain, sauvetage, etc., ce qui exige la tenue d’entraînements collectifs comme ceux tenus à la fin novembre.

« Dans nos directives, tout est observé quant au respect des règles. Il nous faut des gens qui vont continuer à faire ce qu’ils ont à faire. Pour ça, il nous faut être en santé. Aussitôt qu’on a des doutes, on ferme les unités. »

M. Girard conclut que la participation aux exercices collectifs au sein du Régiment du Saguenay se fait sur une base volontaire et que personne n’oblige les membres à être présents.