Inquiétude chez les catholiques

Le réaménagement de l'Église régionale inquiète certains catholiques du secteur Lac-Saint-Jean-Est. Plus de 150 croyants se sont réunis, il y a quelques jours, à Saint-Coeur-de-Marie, pour assister à la consultation publique portant sur la profonde réforme ecclésiale qui fera passer le nombre d'Unités pastorales de 24 à 8 au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Pour le secteur nord de Lac-Saint-Jean-Est, cette réorganisation prévoit qu'un seul prêtre modérateur sera responsable de la dizaine de paroisses, d'Alma jusqu'à Sainte-Monique en passant par Saint-Nazaire. À l'heure actuelle, ce secteur compte trois prêtres modérateurs.
« Le nombre de messes va sûrement diminuer. Ça va être compliqué d'avoir des services dans toutes nos municipalités », a exprimé une catholique, rencontrée quelques minutes avant la consultation publique.
Le manque de relève (prêtre, diacre et agent de pastoral) et la constante baisse des finances a forcé le Diocèse de Chicoutimi à amorcer cette vaste réforme, annoncée publiquement en 2013.
En plus de la réduction du nombre d'Unités de pastorale (regroupement de paroisses sous la responsabilité d'une équipe pastorale), la réorganisation ramène le bénévolat au premier plan. En fait, la survie de la pratique chrétienne reposera sur l'implication volontaire. Des postes de bénévoles seront créés, notamment des conseillers financiers et une équipe d'animation locale (responsables bénévoles) qui devra s'assurer que la vie chrétienne est bien vivante dans le milieu. Des responsabilités habituellement détenues par des employés permanents de l'église seront déléguées à ces bénévoles.
Les prêtres du secteur ont eu vent des inquiétudes de certains paroissiens. Des changements qui sont cependant positifs, estiment les curées rencontrées lors de la consultation.
« Ce sont des changements radicaux qui sont réalisés rapidement. Je comprends donc les gens qui ont des craintes. Mais des prêtres, il y en aura encore. Il y aura sans doute des changements dans les célébrations, mais c'est peut-être pour le mieux. Il y aura aussi d'autres responsables bénévoles. Et le bénévolat est essentiel dans tout ça. Il faut dire que c'était le modèle d'autrefois. On retourne en quelque sorte à nos origines », a indiqué le prêtre Jacques Fortin, actuellement responsable des paroisses de la ville d'Alma, estimant que cette réforme aurait dû être amorcée un peu plus tôt.
« Le fait d'avoir autant de curés, c'est dû à boum. Dans les années 30 à 50, il y a eu une flopée d'ordinations. Ce qui a créé un surplus de prêtres. Mais avant, il n'y en avait pas autant et la vie chrétienne était assurée par des bénévoles », a ajouté Marc Fournier, au service de coordination pour les paroisses du secteur Alma.
Curé pour plusieurs paroisses du secteur, Magella Guérin estime que le nouveau plan sera bénéfique. « Avec ces changements, on va sentir davantage la solidarité. Lorsque ça va mal et que tu es seul, tu te sens abandonné. Mais là, on va davantage s'entraider entre communautés. Et à mon avis, ça aurait toujours dû être comme ça », a-t-il répondu, en faisant référence à l'implication bénévole.
Les emplois permanents, postes administratifs et prêtres, ne seront pas supprimés par le Diocèse au moment de la mise en place des nouvelles Unités pastorales en 2014-2015. La rationalisation sera fera graduellement avec les départs à la retraite qui ne seront pas remplacés
Les huit prêtres modérateurs de la région seront nommés sous peu. Questionnés à ce sujet, les curés Jacques Fortin et Magella Guérin (deux des prêtres modérateurs du secteur Lac-Saint-Jean-Est) n'ont pas voulu commenter leur possible avenir. Les deux hommes préfèrent laisser le Diocèse annoncer les nominations. En perdant leur titre de modérateur, les prêtres peuvent rester dans le secteur en tant que collaborateurs. Ils peuvent également être transférés pour gérer une autre des huit unités de la région affectée par un manque de relève.