La journée de co-création du Hub Saguenay-Lac-Saint-Jean a permis de sortir des silos en parlant notamment des besoins dans le secteur agricole.

Innover pour tripler les revenus agricoles

Alors que le chiffre d’affaires brut des 243 entreprises agricoles de la MRC du Domaine-du-Roy est de 50 millions de dollars, le territoire détient tout le potentiel pour doubler, voire tripler ce chiffre d’affaires, estime Christian Taillon, propriétaire de la ferme Taillon et représentant du syndicat local de l’UPA.

« Près de 50 % des 243 entreprises agricoles de la MRC du Domaine-du-Roy ont moins de 50 000 dollars de revenu brut, et ce n’est pas assez », a lancé Christian Taillon, lors de la rencontre du Hub Saguenay-Lac-Saint-Jean qui s’est tenue mardi à Roberval.

Selon ce dernier, il ne faut pas se contenter de cultiver les espèces commerciales traditionnelles. « Il y a beaucoup de potentiel non exploité pour les entreprises qui osent diversifier leur culture », soutient l’homme qui a été un des premiers agriculteurs au Québec à cultiver le chanvre, il y a une dizaine d’années. Une opération qui s’est avérée rentable, dit-il.

Le CLD Domaine-du-Roy a d’ailleurs fait l’embauche de Gervais Laprise récemment, à titre de conseiller stratégique en agroalimentaire, pour qu’il travaille sur un plan de développement agricole. Une embauche saluée par Christian Taillon.

Pour permettre aux entreprises agricoles d’innover, il faut toutefois les soutenir davantage, surtout sur le plan psychologique. « J’agis personnellement en tant que sentinelle, pour venir en aide aux agriculteurs en détresse, et ces jours-ci, ça prend beaucoup de mon temps », dit-il.

D’ici quelques semaines, les agriculteurs de la MRC pourront enfin compter sur une aide plus stable, car un travailleur de rang sera embauché, grâce à un financement du MAPAQ de deux ans.

Mais ce n’est pas assez, estime Christian Taillon, car même si un producteur est en dépression, il doit continuer à s’occuper de sa ferme. Pour pallier ce problème, les agriculteurs souhaitent mettre en place une CUMO, c’est-à-dire une coopérative d’utilisation de main-d’œuvre partagée. Cette solution permettrait aux entreprises d’avoir accès à de la main-d’œuvre qualifiée pour leur prêter main-forte lorsqu’elles en ont besoin.

Et pour résoudre le problème de relève agricole, Christian Taillon espère voir de nouveaux outils se développer. « On veut mettre en place la plateforme Arterre, qui est un peu le Tinder des fermes pour la relève agricole », dit-il. Autrement dit, cette plateforme permettrait de mettre en contact les propriétaires qui veulent vendre avec des jeunes de la relève à la recherche d’une terre.

En bref, l’industrie agricole doit innover pour survivre, mais aussi pour prendre la place qui lui revient au sein de la société, note Christian Taillon. Pour tisser davantage de liens avec différentes entreprises et organisations de la MRC, il a décidé de prendre part à la journée de co-création organisée par le Hub Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Une cinquantaine d’acteurs de développement régional ont pris part à cette journée, dont des entrepreneurs, des gestionnaires de municipalités et des décideurs du milieu scolaire. Ensemble, ils ont rêvé la région en 2029, en présentant en quoi pourrait ressembler la une du Quotidien.

Pour passer à l’action, le Hub veut développer davantage de réseaux. « Un des plus grands freins à l’innovation et à la collaboration est de travailler en silo », estime Sébastien Harvey, un des membres du comité de mise en œuvre du Hub, qui estime qu’il faut créer les bons contextes pour faire émerger l’innovation.