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Vincent-Guillaume Otis et son frère, Jean-Sébastien. ­
Vincent-Guillaume Otis et son frère, Jean-Sébastien. ­

Initier le dialogue pour la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle

Ariane Gobeil
Ariane Gobeil
Le Quotidien
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Le comédien Vincent-Guillaume Otis souhaite amorcer la discussion pour déconstruire les préjugés, en cette 33e édition de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, du 21 au 27 mars. Porte-parole de la Société québécoise de la déficience intellectuelle depuis plus d’une décennie, il poursuit ses efforts pour faire en sorte que le regard de la société change.

Cette campagne de sensibilisation tient à coeur Vincent-Guillaume Otis, dont le grand frère, Jean-Sébastien, vit avec une déficience intellectuelle. Pour le comédien, c’est grâce à son frère, avec qui il n’a que treize mois de différence, qu’il porte en lui des valeurs humaines et une grande ouverture d’esprit.

« Mon frère m’a fait un grand cadeau dans la vie, il m’a permis de développer des valeurs très humaines. L’ouverture, la sensibilité et l’empathie, je pense que ça vient de lui », raconte-t-il au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Lorsqu’on lui a proposé de devenir porte-parole pour mieux faire connaître la déficience intellectuelle, peu de temps après le succès du film Babine, il y a vu une occasion de s’impliquer en tant qu’artiste pour une cause qui lui est chère.

« Je me suis toujours dit “un jour, si je peux avoir assez de notoriété pour épouser une cause, c’est sûr que ça va être celle-là”. Je joue dans la série la plus populaire au Québec, c’est un cadeau de pouvoir faire ce métier-là, c’est un privilège et je pense qu’il faut en redonner une partie », révèle celui qui incarne le rôle d’un sergent-détective dans District 31.

L’acteur fait la promotion de cette semaine de sensibilisation provinciale, qui vise à « déconstruire les préjugés et les fausses croyances qui entourent la déficience intellectuelle », aux côtés de Gabrielle Marion-Rivard, comédienne dans le film Gabrielle et également porte-parole de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle. Cette année, les organisateurs souhaitent que les gens s’interrogent sur les idées préconçues entretenues au sujet de la déficience intellectuelle.

Les porte-paroles de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, Vincent-Guillaume Otis et Gabrielle Marion-Rivard.

« Mon frère m’a fait un grand cadeau dans la vie, il m’a permis de développer des valeurs très humaines. L’ouverture, la sensibilité et l’empathie, je pense que ça vient de lui. »
Vincent-Guillaume Otis

« On essaie de parler des préjugés dans une approche un peu moins frontale. On dit, par exemple : “pourquoi vous pensez que les gens qui ont une déficience intellectuelle ne peuvent pas travailler ou ne peuvent pas vivre des relations amoureuses ?” Les préjugés, ça vient de l’ignorance et de la méconnaissance et, tranquillement, ces questionnements permettent d’initier un dialogue. De mon côté, je peux te dire que mon frère travaille dans un cégep, il fait du ménage, il a une blonde, un groupe d’amis, mon frère fait plusieurs activités. Ce n’est pas vrai que ces gens-là restent sur place et attendent. Au contraire, ils ont une vie sociale très développée », ajoute M. Otis.

Pour l’occasion, des activités sont organisées dans toutes les régions du Québec, dont le Saguenay-Lac-Saint-Jean, où l’Association pour la promotion des droits des personnes handicapées de Jonquière (APDPH) réalise un journal écrit en collaboration avec ses membres vivant avec une déficience intellectuelle.

Faire évoluer les perceptions

En onze ans comme porte-parole, Vincent-Guillaume affirme qu’il a vu une évolution, au niveau du regard de la société. Il note toutefois que ce ressenti n’est pas le même pour les intervenants qui sont sur le terrain et qu’il reste encore du chemin à faire pour bâtir une société plus inclusive.

« Je trouve que le regard de la société a changé. On en parle plus, il y a plus de visibilité et quand on en parle, je trouve qu’on en parle mieux. C’est mon opinion, l’opinion de quelqu’un qui n’est pas sur le terrain. Cette année, avant de commencer la promotion de la semaine, j’ai appelé la directrice générale, Anik Larose, et je lui ai demandé si elle pensait que les choses avaient évolué depuis dix ans. D’emblée, sans réfléchir, elle m’a dit non. Les gens qui vivent une déficience intellectuelle n’ont pas un poids politique important. Au niveau des structures, il y a encore des problèmes. »

En sevrage artistique

La dernière journée de tournage de la cinquième saison de la populaire série District 31 ayant eu lieu vendredi dernier, le comédien s’est dit dans une semaine de « sevrage » du personnage de Patrick Bissonnette. « Ça va retomber dans les prochains jours. Quand tu es huit mois dans un personnage, à apprendre les textes, arrêter ça d’un coup, il y a toujours un choc, mais je retombe assez vite sur mes pattes. C’est comme si je finissais un Ironman, j’ai l’impression de sortir d’un gros marathon. »

Cette pause sera de courte durée puisque le tournage de la sixième saison, dont la diffusion est prévue pour la rentrée 2021, débutera à la fin du mois de juillet prochain.

Prochainement, il incarnera également le rôle d’Éric Asselin, le bras droit de Vincent Lacroix, impliqué dans le plus important scandale financier de l’histoire du Québec, dans le film Norbourg.

« C’est formidable, c’est un défi que j’attends avec beaucoup de hâte. C’est vraiment un personnage aux ambitions douteuses. Il est à l’autre bout du spectre de la morale par rapport à Patrick Bissonnette. Je n’aime pas dire le mot, mais jouer les méchants, c’est toujours le fun pour un acteur ! C’est quelqu’un de vraiment plus sournois, plus rampant, il a une morale beaucoup plus élastique, donc ça va être vraiment intéressant à jouer. »