Quatre-vingt-six pour cent des infirmières demeurent au Saguenay-Lac-Saint-Jean cinq ans après leur début dans la profession, un sommet au Québec, suivi des régions de l’Abitibi et du Bas-Saint-Laurent.

Infirmières: un taux de rétention exceptionnel au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Cinq ans après leur entrée dans la profession, 86 % de la relève infirmière se trouve toujours dans au Saguenay-Lac-Saint-Jean, un sommet québécois, alors que la moyenne provinciale se situe à 75 %. C’est aussi dans la région que l’on retrouve les infirmières les plus jeunes de la province, avec une moyenne d’âge de 39,9 ans, souligne une étude menée par l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ).

« C’est au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Mauricie que l’on retrouve les plus faibles proportions de travailleurs de 55 ans ou plus », remarque Daniel Marleau, analyste en intelligence d’affaires pour l’OIIQ, qui voit un signe que les vagues de départ à la retraite sont peut-être une chose du passé. « C’est un signe positif, mais ça amène également un défi d’encadrement », dit-il, car 38,5 % des infirmières sont désormais âgées de moins de 35 ans.

Historiquement, la région a toujours bien fait pour retenir ses infirmières et c’est toujours le cas alors que 86 % des effectifs y demeurent cinq ans après leur début dans la profession, un sommet au Québec, suivi des régions de l’Abitibi et du Bas-Saint-Laurent, remarque Daniel Marleau.

Baisse d’effectifs

Si le Saguenay-Lac-Saint-Jean fait bonne figure au chapitre de la rétention, la région ne réussit toutefois pas à former suffisamment d’infirmières pour maintenir les effectifs, qui ont décru de 1,8 % au cours des cinq dernières années. Alors que l’on comptait 2718 infirmières dans la région en 2013, on en comptait que 2668 en 2018. Cette situation s’explique en partie par la baisse marquée du nombre de diplômés, au cégep ou à l’université, qui a chuté de 35 % au cours des cinq dernières années, passant de 161 à 119 finissants.

Pendant la même période, le nombre d’infirmières a pourtant crû de 2,2 % en moyenne au Québec, pour atteindre un effectif total de 75 042 infirmiers et infirmières.

Bon ratio

Toutefois, la région se démarque tout de même avec un taux de 9,7 infirmières par 1000 habitants, alors que la moyenne provinciale atteint 8,4.

Sur les 2668 travailleurs, 10,6 % sont des hommes et 86,7 % travaillent dans un établissement du réseau de la santé. La balance travaille plutôt dans le secteur privé, en pharmacie, dans les secteurs communautaires ou de l’éducation.

Les infirmières sont aussi de plus en plus qualifiées alors que 46,4 % d’entre elles sont titulaires d’un baccalauréat en sciences infirmières, une augmentation de 6,8 % depuis 2013. Cet essor des infirmières bachelières fait en sorte que 227 d’entre elles peuvent désormais prescrire des médicaments, soit 8 % de l’effectif total. « C’est 3 % de plus que la moyenne provinciale, ce qui démontre l’important rôle joué par les programmes de l’UQAC dans la région », note Daniel Marleau. Fait à noter, cette mesure a pris effet en janvier 2016 et les effectifs sont en croissance constante depuis.

Finalement, seulement 54,4 % des infirmières de la région occupent un poste à temps complet.