Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, demande au gouvernement Trudeau de mieux supporter l’industrie forestière.

Industrie forestière: Scheer interpelle les libéraux

Le Parti conservateur du Canada déposera une motion à la Chambre des Communes afin de forcer le gouvernement à déployer beaucoup plus d’efforts pour défendre l’industrie du bois d’œuvre et les communautés qui en dépendent.

Au cours d’une entrevue qu’il accordait au Quotidien, le chef de l’opposition officielle, Andrew Scheer, a réitéré l’importance pour des communautés comme celles du Saguenay-Lac-Saint-Jean d’obtenir l’appui du gouvernement fédéral pour supporter l’industrie forestière. 

Selon lui, le gouvernement de Justin Trudeau a été incapable de négocier une entente avant la fin du mandat du président américain Barack Obama. Aujourd’hui, « il affiche la même incapacité à soutenir l’industrie forestière canadienne qui fait face à des campagnes menées par Greenpeace ».

« Le problème est surtout que le gouvernement ne fait absolument rien. C’est vrai que c’est une situation où c’est difficile d’agir, mais ce n’est pas parce que c’est difficile qu’on ne doit rien faire pour supporter les travailleurs forestiers et leur famille », a répété à plusieurs reprises le chef conservateur.

La motion qui sera déposée aux Communes jeudi est brève, mais évoque sans détour la problématique que doit affronter l’industrie forestière canadienne.

« Le secteur de l’exploitation forestière est un employeur important au Canada. Le Canada est un chef de file mondial au chapitre des pratiques forestières durables. Le gouvernement a échoué à conclure un accord sur le bois d’œuvre résineux et à faire une priorité du bois d’œuvre résineux en le mentionnant dans la lettre de mandat du ministre du Commerce international. Les travailleurs de l’industrie forestière et les communautés qui dépendent de ce secteur sont particulièrement vulnérables aux campagnes de désinformation et aux autres attaques menées contre l’industrie forestière par des organisations non gouvernementales financées par des intérêts étrangers telles que Greenpeace et ForestEthics », précise le texte.

Pour forcer le gouvernement à agir, le Parti conservateur demande à ce que « la Chambre exprime son soutien aux travailleurs de l’industrie forestière et dénonce les efforts faits par des groupes financés par des intérêts étrangers pour perturber les pratiques forestières légitimes au Canada ».

Pour le chef conservateur, rien n’empêche Ottawa de faire la promotion de notre industrie et de nos pratiques forestières qui sont considérées comme les meilleures au monde en matière de protection de l’environnement. Certes, il considère que les gens ont le droit de critiquer, mais déplore le fait qu’il y a de plus en plus d’interventions de groupes soutenus par des capitaux étrangers sur les projets de développement de nos ressources naturelles dans « la conversation nationale ».

Andrew Scheer a toujours à l’esprit le dîner d’État offert par le président Obama lors d’une visite de Justin Trudeau. « Le premier ministre Trudeau a préféré inviter ses beaux-parents au lieu de son ministre des Ressources naturelles. »

Gestion de l’offre et ALÉNA

Le chef conservateur a d’autres raisons de s’inquiéter pour l’économie des régions du Québec alors que les Américains ont officiellement demandé la fin du programme de gestion de l’offre dans les produits laitiers, les œufs et la volaille. Ils espèrent ainsi avoir un accès sans contrainte à ces trois marchés en ce moment protégés par des barrières tarifaires.

Au cours de l’entrevue qu’il accordait au Quotidien, Andrew Scheer a rappelé que le secrétaire parlementaire aux affaires étrangères du Canada, le député libéral Andrew Laslie, a déclaré dans le cadre d’un forum sur l’ALÉNA, Denton’s NAFTA 2.0, qui se tenait à Washington le 11 octobre, qu’il y avait place à négociation dans le programme de la gestion de l’offre.

De telles déclarations, a conclu le chef de l’opposition, ne peuvent que placer le gouvernement dans une situation de faiblesse face aux Américains qui exigent la fin de la protection de ces trois productions. Le Canada a au contraire l’obligation de démontrer beaucoup de fermeté face à une telle demande et le Parti conservateur n’abandonnera jamais la protection des producteurs canadiens.