Arthur Gobeil et Lison Rhéaume souhaitent faciliter le recrutement et la rétention de la main-d’oeuvre dans l’industrie de l’aluminium.

Industrie de l'aluminium: des pistes pour attirer les jeunes

La Table de concertation en adéquation formation-emploi dans la filière de l’aluminium dresse un constat clair de la situation de l’industrie : elle peut compter sur une main-d’œuvre compétente, mais elle doit anticiper des départs massifs à la retraite. C’est ce qui ressort du Diagnostic en adéquation formation-emploi présenté lundi matin, à l’hôtel Le Montagnais, devant plusieurs dirigeants d’entreprises et partenaires socioéconomiques.

Le président de la Table, Arthur Gobeil, a présenté et expliqué les quatre objectifs et 29 recommandations contenus dans le rapport de 150 pages. Avec ce travail, qui s’est étalé sur plusieurs mois, les différents partenaires cherchent plus précisément à intéresser les jeunes aux différentes carrières de l’aluminium et à mettre en place des formations adaptées aux réalités du marché.

« Le diagnostic vise à rendre disponible en quantité et en qualité la main-d’œuvre requise par les entreprises. L’élément de la main-d’œuvre est un des éléments de la Stratégie québécoise de développement de l’aluminium 2015-2025 qui vise notamment à doubler la transformation. On s’est donc demandé comment, ensemble, on peut contribuer à fournir la main-d’œuvre et comment on peut contribuer à soutenir la croissance de l’industrie », ajoute Lison Rhéaume, directrice régionale de Services Québec au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

La Table, qui est sous la responsabilité du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, suggère notamment de mieux outiller les conseillers en orientation scolaire et conseillers pédagogiques afin qu’ils puissent mieux promouvoir l’industrie de l’aluminium, qui compte 30 000 employés au Québec, dont 3110 au Saguenay–Lac-Saint-Jean, dans 650 entreprises.

Le président de la Table de concertation en adéquation formation-emploi dans la filière de l’aluminium, Arthur Gobeil, a présenté et expliqué les quatre objectifs et 29 recommandations contenus dans le diagnostic de 150 pages.

« La demande mondiale est en croissance, et le Québec est bien positionné pour y répondre. Il n’y a aucune décroissance prévue dans le futur, mais il faudra travailler fort pour garder notre position », admet M. Gobeil.

Mme Rhéaume explique que l’une des recommandations du diagnostic est de diversifier les modes de formation. Selon elle, les gens n’apprennent pas tous de la même façon et « ils ont besoin d’être davantage en contact avec ce qui se passe vraiment dans les entreprises. On a parlé de l’alternance travail-études et des formations en ligne. Les adultes veulent intégrer le marché du travail plus rapidement, alors on a besoin de formations plus courtes. Ils ont plus de difficulté à se libérer, alors une des meilleures façons de leur permettre d’intégrer la filière est de leur offrir des moyens de formation différents, comme l’apprentissage en milieu de travail ».

Un autre objectif est de faire connaître l’aluminium et ses avantages, notamment sa modernité et ses qualités environnementales, deux aspects qui devraient attirer les jeunes, croit M. Gobeil. « Nous avons encore du travail à faire pour que les avantages de l’aluminium soient reconnus universellement. 

En général, les ingénieurs connaissent peu l’aluminium. Il faut aller voir les ingénieurs et les architectes sur le marché du travail pour les informer sur les bénéfices d’intégrer l’aluminium dans leurs projets, explique M. Gobeil. 

Le défi est aussi de concurrencer les autres industries qui cherchent de la main-d’œuvre avec les mêmes compétences. Nous leur proposons de faire carrière dans une industrie qui produit un métal moderne, recyclable. »

Les faits saillants du diagnostic ont été présentés dans le cadre de l’événement Filière Aluminium : des solutions pour répondre aux besoins de main-d’œuvre. Karine Trudel, députée néo-démocrate de Jonquière, gens d’affaires, dirigeants et employés de Rio Tinto et représentants syndicaux, notamment, ont assisté à la présentation.

La Table est formée des comités sectoriels de main-d’œuvre en métallurgie et PERFORM en fabrication métallique, des représentants de l’industrie, soit AluQuébec et Rio Tinto, des trois ordres d’enseignement (Université de Sherbrooke, Cégep de Jonquière, centre de formation professionnelle Qualitech) et du gouvernement du Québec.

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DÉJÀ DES RÉSULTATS

(Mélanie Côté) – Les travaux de la Table de concertation en adéquation formation-emploi ont déjà donné des résultats. 

À l’automne 2020, l’attestation d’études collégiales (AEC) en transformation de l’aluminium pourra être relancée grâce à la collaboration des cégeps de Jonquière et de Chicoutimi, avec la participation du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. 

« Pour l’AEC, on s’est assis avec le Cégep de Chicoutimi et on a regardé ce qu’on avait il y a sept ou huit ans. On a fait des demandes au gouvernement. Les réponses ont été rapides, et on a pu débuter le travail avec nos équipes. C’est un exemple que si la Table n’avait pas été là et si on n’avait pas mis en œuvre conjointement certaines orientations, on ne serait pas à faire ce genre d’actions », explique Gilbert Grenon, coordonnateur au développement des affaires chez Mastera – Formation continue du Cégep de Jonquière.

Il ajoute que les enseignants en génie mécanique ont eu de la formation spécialisée, de sorte qu’ils savent maintenant comment utiliser l’aluminium.

Quant au diplôme d’études professionnelles (DEP) en soudage-montage offert à la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, il sera offert en alternance travail-études en favorisant les stages, et il intégrera des éléments sur l’aluminium.