Incertitude au camping Village-Vacances Petit-Saguenay

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Reconnu comme un moteur économique important pour la municipalité pendant l’été, le camping Village-Vacances Petit-Saguenay nage en pleine incertitude quant au nombre de visiteurs qu’il pourra accueillir dans les prochains mois.

Avec ses 37 chalets et ses 61 terrains de camping ainsi qu’un service d’animation familiale bien reconnu, le Village-Vacances attire durant une saison normale une centaine de familles par semaine sur le plateau surplombant le fjord du Saguenay, selon son directeur Franck Turcotte.

En cette période de COVID-19, ce dernier mentionne que le calendrier de réservations se maintient. « Nous, de façon générale, notre saison se vend de janvier à avril. Actuellement, nous avons 75 % de notre saison de vendus et le téléphone n’a pas commencé à sonner pour des annulations », affirme-t-il.

Dans son analyse de la situation, M. Turcotte convient que la formule d’animation développée depuis des années a fait en sorte que le Village-Vacances est devenu un spécialiste des rassemblements pour les jeunes et leurs parents, une formule qui va à contresens des mesures de distanciation sanitaire promues par la Santé publique.

« Qu’est-ce que ce sera le 1er mai ? Rien n’est impossible dans la vie. Il faut être créatif. Comment ça va se transposer ? On n’a pas de plan de match pour le moment, mais on ne fera pas le cowboy avec la santé des gens », ajoute-t-il.

Le directeur est bien conscient qu’avec 70 employés présents sur le site en été, le Village-Vacances est un moteur économique important pour le village de 634 habitants, sans compter les sous-traitants faisant affaire avec l’organisation pour l’offre de croisières aux baleines, les services de massothérapie, le kayak de mer, etc.

M. Turcotte émet l’hypothèse que la pandémie de COVID-19 sera une occasion pour redéfinir le mode de vacances familiales.

Campings inquiets

Parmi les autres exploitants de terrains de camping actifs sur le territoire, Josée Gagnon, directrice du Camping municipal de Saint-Félix-d’Otis, s’en remet aux directives qui seront émises par l’organisme provincial Camping Québec, l’interlocuteur auprès du gouvernement du Québec. Pour ce qui est de l’état de situation actuelle, Mme Gagnon mise sur les réservations de saisonniers habituels, mais avoue du même souffle que personne d’autre n’ose réserver. « Ça ne s’enligne pas pour être notre meilleure année. »

Au Camping le Quatre chemins, de L’Anse Saint-Jean, la directrice, Ginette Gagné, mentionne que des contacts quotidiens ont lieu avec Camping Québec via des échanges de courriels, mais ajoute que l’organisation est le porte-parole officiel auprès des médias.

Même si on n’y retrouve pas de terrain de camping, le Parc national des Monts-Valin et son directeur, François Guillot, sont en effervescence afin d’imaginer des façons nouvelles d’accueillir les touristes sur les sites majestueux des Monts-Valin. Le parc n’ouvre pas avant la mi-juin, de sorte qu’il n’y a pas d’empressement.

« Le calendrier de réservation n’est pas trop préoccupant, mais le point d’interrogation principale est la venue des touristes européens. Le secteur Valin attire beaucoup les Européens. On se prépare et quand on aura le “go”, on sera prêt. »

François Guillot mentionne qu’il n’y a aucun précédent pour faire face à la situation, de sorte qu’il faut naviguer à vue pour élaborer des solutions.