Reynald Du Berger, géologue-sismologue et professeur retraité de l’UQAC, affirme que les deux tremblements de terre ressentis cette semaine ne sont pas annonciateurs d’une nouvelle secousse.

Impossible de prévoir le prochain tremblement de terre

Demain, dans un an, 10 ans, 20 ans....Impossible de prévoir quand aura lieu le prochain tremblement de terre au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Une chose est certaine, les deux tremblements de terre ressentis en quelques jours dans la région ne sont pas nécessairement annonciateurs d’une secousse plus importante.

«Il faut rester calme. Je ne m’alarmerais pas. Ça n’annonce pas nécessairement quelque chose de plus gros. Les séismes, c’est chaotique. On peut être 50 ans sans en avoir un et en ressentir quelques-uns la même semaine», affirme d’emblée Reynald Du Berger, géologue-sismologue et professeur retraité de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Allison Bent, sismologue à Séisme Canada abonde dans le même sens. «Selon les statistiques, c’est rare que de petits tremblements de terre annoncent quelque chose de plus gros. La plupart du temps, ce n’est pas un indice, mais tout est possible, et c’est impossible de dire quand aura lieu le prochain.»

«Ce n’est pas annonciateur de quelque chose d’autre. Le prochain peut survenir ce soir ou dans 15 ans. C’est complètement imprévisible», renchérit pour sa part Julien Walter, professeur en géologie à l’UQAC.

Deux tremblements de terre mardi et jeudi

Un premier tremblement de terre d’une magnitude de 3,4 a été enregistré mardi à midi à 13 km au sud de La Baie. Jeudi soir, à 23h15, une secousse d’une magnitude 3,5 dont l’épicentre était situé à 24 kilomètres au sud de La Baie a été ressentie.

Dans les deux cas, les secousses ont été perçues un peu partout dans la région et même au-delà.

Reynald Du Berger estime que la région a ressenti un doublet. «C’est deux petits tremblements de terre de même taille qui se produisent à quelques jours d’intervalle. Ce n’est pas la première fois que je vois ça, mais dans la région oui, car il n’y a pas beaucoup de tremblements de terre», affirme-t-il, soulignant que le phénomène de triplets peut aussi être observé.

«Leur épicentre est à 10 ou 12 kilomètres de distance. On a affaire au même mécanisme, à la même faille, donc les deux événements seraient reliés.»

Quant à Allison Bent et Julien Walter, ils sont tous deux surpris que la seconde secousse ait été plus importante que la première.

«Habituellement, le deuxième est moins fort, c’est une réplique, c’est le réajustement des structures géologiques. Là, c’est l’inverse», explique le professeur de l’UQAC.

Il y a 31 ans...en novembre

Les événements de cette semaine ont rappelé de bien mauvais souvenirs à plusieurs résidants de la région. En 1988, un premier tremblement de terre d’une magnitude de 4,5 avait été enregistré dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24. Le vendredi soir suivant, 25 novembre, un séisme dont la magnitude est évaluée entre 5,9 et 6,5 selon les experts, a fait plusieurs millions de dollars de dommages, mais aucun blessé.

«Il ne faut surtout pas faire de rapprochement avec 1988, même si on approche de la date du 25 novembre. Les gens font souvent des rapprochements avec la température, mais ça n’a rien à voir. C’est un hasard si ça s’est produit en novembre. En 1988, l’épicentre était situé dans la Réserve faunique des Laurentides. Cette fois, c’est le long de la rivière Ha! Ha! à Ferland-et-Boilleau », explique Reynald Du Berger.

Les intervenants profitent tout de même de l’occasion pour rappeler les mesures de sécurité en cas de secousse importante.

Conseils en cas de séisme

Reynald Du Berger invite les gens à demeurer où ils sont lors d’une secousse. Ceux qui se trouvent à l’intérieur peuvent se réfugier sous un meuble solide afin de se protéger la tête au cas où une tuile ou un objet tombe. Ceux qui sont dehors doivent identifier les objets suspendus, notamment les fils électriques et les lampadaires, afin de s’en éloigner. Le géologue-sismologue et professeur retraité conseille d’avoir de l’eau, une radio à piles et une lampe de poche en sa possession à la maison.

«Il faut être préparé à fonctionner sans aide entre quelques jours et une semaine. Ça prend de l’eau, de la nourriture et les médicaments dont les gens ont besoin», affirme pour sa part Allison Bent.

Reynald Du Berger invite les citoyens à se rendre sur l’onglet «L’avez-vous ressenti» du site Web de Séisme Canada.

«Ça aide les ingénieurs du Canada à préciser notre code national du bâtiment.»

Plusieurs personnes ont déjà témoigné de ce qu’ils ont ressenti. «Vendredi matin, on avait déjà reçu 250 rapports. Probablement que plus de gens l’ont ressenti puisqu’à 23h15, ils étaient tranquilles. Les gens n’étaient pas actifs. C’est ce qui explique que plus de gens l’ont ressenti, comparé à celui de mardi midi », conclut Allison Bent.