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Important embâcle à L'Anse-Saint-Jean

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
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Le cœur de L’Anse-Saint-Jean est aux prises avec un important embâcle d’environ un kilomètre et demi qui s’étend des rives du Saguenay jusque dans le haut du secteur du Faubourg sur la rivière Saint-Jean.

Selon les informations recueillies sur place, la formation de l’embâcle a débuté vers 18h15, jeudi soir, alors que les premiers amoncellements de glace ont été constatés. La fonte rapide de la neige en raison du temps doux a fait gonfler les nombreux ruisseaux qui alimentent cette rivière et a fait s’amonceler la glace.

Il en résulte que tôt vendredi matin, au moins une résidence du secteur du Faubourg a vu son vide sanitaire envahie par l’eau, ce qui a nécessité l’utilisation de pompes.

Le maire de L’Anse-Saint-Jean, Lucien Martel, a déclaré que la Sécurité civile ainsi que la Garde côtière ont été informées de la situation. « On a craint un certain moment la création d’un autre embâcle à la hauteur du camping Quatre-Chemins, mais il est parti. Tout est sous contrôle pour le moment », a déclaré M. Martel vers 9h 45 vendredi matin. Aucun effectif n’était présent au moment de notre passage dans le secteur.

La possibilité que le brise-glace Le Dégroseiller, de la Garde côtière, ainsi que la « grenouille », puisse être utilisé a été évoquée, mais dans le cas de ce dernier équipement spécialisé, il se trouvait dans la région de Laval, a mentionné M. Martel. L’utilisation d’une pelle mécanique a été écartée en raison de l’escarpement trop important des rives.

Parmi les citoyens inquiets, Sylvain Desbiens, propriétaire d’une résidence sur la rue du Faubourg en bordure du cour d’eau depuis 1995 et amateur de plaisance, mentionne que la situation est sérieuse puisque la glace bouchonne à partir du Saguenay pour remonter plus haut à la rivière. « Le danger qu’il faut craindre est la marée haute et j’ai l’impression qu’on en a pour plusieurs jours avec cet embâcle », a-t-il mentionné. La marée haute de vendredi à la hauteur de Port-Alfred était prévue à 16,1 pieds, puis à 17,4 pieds samedi à 15h et à 18,4 dimanche vers 16 h..  

Copie de journal à la main, M. Desbiens rappelle que la rivière Saint-Jean n’en est pas à son premier soubresaut puisqu’autour du 21 mars 2012, le niveau de la rivière Saint-Jean était monté dangereusement pour lécher le dessous du tablier du pont couvert. Les plus âgés se rappellent qu’en 1986, le pont avait été littéralement arraché de ses assises et était parti à la dérive. Le pont avait pu être récupéré et sauvé comme l’évoque une plaque commémorative apposée par la municipalité.

Le citoyen Sylvain Desbiens se remémore la montée des eaux causée par un embâcle semblable survenu en mars 2012.

Parmi les observations faites par le citoyen, ce dernier note que le brise-glace mandaté pour dégager le Saguenay est passé à marée basse plus tôt en mars à la hauteur de L’Anse-Saint-Jean. Autre observation, l’embouchure de la rivière Saint-Jean a subi des modifications importantes depuis le déluge de 1996 puisqu’il a subi un ensablement important susceptible de nuire au déglaçage.

M. Desbiens constate que la nature a le don de déjouer les prévisions de l’homme puisqu’en raison du faible couvert de neige de l’hiver, on aurait pu s’attendre à une crue tranquille. La prévision a été déjouée par la température chaude de la dernière semaine.