Important d’avoir des « beaux modèles » d’affirmation de son orientation sexuelle

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
« Plus on a de beaux modèles comme celui-là, plus on déboulonne les mythes et plus les jeunes pourront s’identifier. » 

Ces mots, prononcés par Myriam Bouchard, sexologue, infirmière et conseillère pédagogique au Centre de services scolaire des Rives-du-Saguenay, font écho à la lettre publiée par la journaliste Ève-Marie Fortier, sur l’affirmation de son orientation sexuelle.

Pour la sexologue, qui est également chroniqueuse pour Le Progrès, il est important de savoir qu’aucune personne n’a le même cheminement. Il faut donc éviter de tomber dans la généralisation. Elle n’utilise pas le terme « coming out », qu’elle trouve très péjoratif.

La professionnelle est ravie de voir une personne partager son expérience, car elle croit qu’il faut des modèles pour que les jeunes se sentent compris et se reconnaissent.

Myriam Bouchard tient également à souligner que cette étape d’affirmation, que ne vivent pas les personnes hétérosexuelles, n’est jamais évidente. Elle génère souvent de l’anxiété quant à la réaction des proches, notamment. Les amis sont dans la plupart des cas les premiers à être mis au courant. Ensuite, la personne ratisse plus large. Les parents sont fréquemment les derniers à l’apprendre.

« Il y a beaucoup la peur de la réaction, de déplaire, du rejet, du jugement. Ce sont toutes des choses qui peuvent préoccuper les jeunes et qui peuvent prendre beaucoup de place dans leur tête. C’est extrêmement habitant et souvent, ça veut dire qu’ils deviennent non disponibles pour plein d’autres affaires. On voit des jeunes qui vont se désintéresser de leur sport ou de l’école, mais ce n’est pas qu’ils ont un réel désintérêt. C’est parce qu’ils portent un stress qui est trop important », avance Mme Bouchard.

Même si beaucoup de progrès ont été faits quant à l’acceptation des différences dans la société, il reste encore du travail à faire. Pour la sexologue, tout passe par l’éducation.

L’une des premières étapes est de bien comprendre la différence entre l’expression de son genre et son orientation sexuelle. « En premier, avant même d’annoncer son orientation sexuelle, il faut la découvrir. Ce n’est pas vrai que tous les jeunes la découvrent très vite. Pour savoir quelle est ton attirance physique, émotionnelle et romantique, ça te prend des hormones sexuelles et elles arrivent à la puberté. »

Mme Bouchard admet que cette confusion entre l’affirmation de son genre et de son orientation sexuelle est encore plus difficile à vivre pour les petits garçons avec des caractéristiques féminines. Trop souvent, ils se font étiqueter homosexuels dès leur plus jeune âge, ce qui n’est pas nécessairement le cas.

Aider un proche

Que faire si un proche nous parle de son orientation sexuelle ? Pour Myriam Bouchard, rien n’est plus important que de l’écouter, de l’accompagner et de le recevoir. Il faut aussi faire attention de ne pas tomber dans les pièges. Les commentaires du genre « Es-tu sûr ? » ou « Laisse-toi le temps », qui viennent remettre en question le propos, l’encouragent à se refermer sur lui-même.