L’aîné du comité des sages et la titulaire de la Chaire UNESCO en transmission chez les Premiers peuples de l’UQAC, Jacques Kurtness et Élisabeth Kaine, sont fiers de l’an un des travaux.

Impliquer les Autochtones... comme il se doit

Faire en sorte que les membres des Premiers peuples se sentent davantage en sécurité dans les milieux de l’éducation et de la santé, tout en améliorant la transmission de la culture autochtone au sein des organisations culturelles ; voilà trois grands chantiers auxquels s’attaqueront les chercheurs de la Chaire UNESCO en transmission culturelle chez les Premiers peuples de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), qui célèbre sa première année de travaux.

Les membres des différents comités qui font partie de la chaire de recherche s’étaient réunis, cette semaine, afin de dresser un bilan des 12 derniers mois. La chaire, qui est la première à vocation autochtone de l’UNESCO, est composée de trois grands comités, soit le comité scientifique, le comité administratif et le comité des sages. Ce dernier comité est composé uniquement de gens de communautés autochtones, alors que les deux autres comités sont composés d’Autochtones, mais aussi de non-Autochtones.

« La mission de la chaire, c’est vraiment de donner la parole aux Premiers peuples, de leur demander ce qu’ils attendent de la chaire et de leur demander ce qu’ils veulent vraiment, ce qui les préoccupe. Lors du lancement, l’an dernier, nous avons demandé à 40 représentants des 11 nations autochtones de nous faire part de leurs demandes. Ils étaient surpris, car ils ne sont tellement pas habitués à ce qu’on leur demande leur avis », a expliqué la chercheuse et titulaire de la chaire, Élisabeth Kaine, qui était accompagnée de Jacques Kurtness, l’aîné du comité des sages, durant l’entrevue avec Le Progrès.

Durant la première année de travaux, plusieurs chantiers ont été entamés, notamment trois projets pilotes concernant le sentiment de sécurité des Autochtones dans différents milieux, tels que ceux de la santé et de l’éducation. La chaire s’attaquera aussi à la transmission de la culture autochtone dans les lieux de diffusion tels que les musées et les écrits. « Nous savons que la majorité des expositions et des écrits sur la culture autochtone ne sont pas pensés par des membres des Premiers peuples. Ils n’ont souvent même pas été consultés. Nous cherchons à ce que les Autochtones soient davantage impliqués, surtout en ce qui a trait à la transmission de leur propre culture. Qu’ils aient leur mot à dire », souligne Élisabeth Kaine.

D’ailleurs, la chaire participera à la création d’une nouvelle exposition au Musée McCord de Montréal, qui sera ouverte au public en 2021.

« Imaginez, il y a 350 millions d’Autochtones à travers le monde, et la grande majorité des études ont été réalisées par des Américains. Consulter les Premiers peuples, ça permet de voir les choses d’une autre façon. C’est le temps que ça se passe », a souligné Jacques Kurtness, un Innu de Mashteuiatsh et retraité de l’enseignement de l’UQAC.

En ce qui concerne les milieux de la santé et de l’éducation, les chercheurs de la chaire, toujours accompagnés des membres du comité des sages, démarreront deux autres projets pilotes, afin de déterminer les façons de mieux intégrer la culture autochtone dans les soins de santé et de développer des outils pédagogiques en éducation pour les membres des Premiers peuples.

« Le but, c’est vraiment de développer des outils et une meilleure façon de travailler ensemble. La chaire a connu un départ réussi, et nous sommes très fiers de cette première année. Enfin, il faut demander aux Autochtones comment ils veulent être perçus », a souligné la chercheuse Élisabeth Kaine.

Tous les chercheurs de la chaire consultent le comité des sages, dont les membres agissent en tant que conseiller expert de la culture autochtone.