Jacquelin Juneau, un administrateur de la Maison du Bel-Âge, explique que l’établissement ne peut pas payer la modernisation sans l’aide de l’État.
Jacquelin Juneau, un administrateur de la Maison du Bel-Âge, explique que l’établissement ne peut pas payer la modernisation sans l’aide de l’État.

Impasse pour financer la rénovation d’une résidence pour aînés à Dolbeau-Mistassini

Construite en 1981, la Maison du Bel-Âge, à Dolbeau-Mistassini, ne répond plus aux normes pour le bien-être des aînés. Alors que l’aile pour les aînés en perte d’autonomie est financée grâce à un partenariat avec le CIUSSS, le financement de l’aile pour les aînés autonomes a été refusé par la Société d’habitation du Québec (SHQ), qui est responsable des projets pour les gens à faibles revenus. Devant l’impasse, la Maison du Bel-Âge demande à la ministre des Aînés de financer le projet de trois millions de dollars.

La Maison du Bel-Âge a fait son temps. En se promenant dans le bâtiment, on constate que des climatiseurs ont été installés aux fenêtres des chambres, car il n’y a pas de système de climatisation centrale. Dans un trois et demi, on retrouve un lit, avec un sofa et une cuisinette, tout ce qu’il faut pour une personne autonome. Les résidents doivent toutefois partager la salle de bain avec un voisin. Et certaines résidences ne sont en fait qu’une chambre... et rien d’autre.

Pascal Cloutier, maire de Dolbeau-Mistassini, estime que la résidence est un service essentiel dans la MRC.

Les rénovations prévues par la résidence privée, gérée par un organisme sans but lucratif (OSBL), visent à régler ces problèmes de manque d’espace et de promiscuité pour les aînés autonomes, explique le président de l’OSBL, Roger Côté. Le projet de modernisation permettrait non seulement d’améliorer la climatisation, mais aussi d’agrandir les chambres et les couloirs, tout en offrant une salle de bain par résident. On ajouterait également des gicleurs pour éviter une tragédie comme celle qui s’est passée à L’Isle-Verte en 2014.

Chaque résident aurait accès à son propre studio moderne, permettant de continuer à vivre en autonomie tout en profitant de la climatisation et du chauffage central. Au passage, six logements supplémentaires pourraient être offerts pour les personnes autonomes.

Les rénovations permettront d’offrir des studios à chaque résident autonome, en plus d’ajouter un système central de climatisation et de gicleurs.

La résidence travaille d’arrache-pied depuis cinq ans pour trouver du financement. Elle a d’abord essuyé un refus pour un programme fédéral. L’organisme a ensuite présenté une demande auprès de la SHQ, pour avoir du financement par le biais du programme AccèsLogis. Cette demande a également été refusée, prétextant que l’OSBL a reçu un financement de 200 000 dollars en 2010 pour l’agrandissement de la salle à manger.

Le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, s’explique mal ce refus. « La résidence répond à un besoin essentiel dans la MRC », dit-il, ajoutant que sa ville, qui est le 3e pôle en importance dans la région, n’accueillera pas de Maison des aînés. « Si au moins on avait profité de l’annonce des Maisons des aînés pour financer le projet de la Maison du Bel-Âge, disons que ça aurait mieux paru. »

La maison du Bel-Âge a été construite en 1981.

Devant l’impasse, la Maison du Bel-Âge demande à la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, de financer le projet évalué à trois millions de dollars. Pascale Fréchette, la directrice de cabinet de la ministre, souligne que son ministère prend en charge les personnes en perte d’autonomie et c’est pourquoi le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean a paraphé une entente avec la résidence pour accueillir 32 résidents pendant 20 ans. C’est d’ailleurs pourquoi le gouvernement financera la construction de plusieurs Maisons des aînés au Québec, car ces dernières accueilleront des aînés en perte d’autonomie.

« Les aînés autonomes ne sont pas pris en charge par le ministère de la Santé et des Services sociaux, remarque toutefois Pascale Fréchette. Je comprends que l’organisme veut financer leur projet pour offrir des résidences à faible coût, mais c’est un OSBL qui offre des services aux gens plus vulnérables financièrement. »

Des sudios ouverts et modernes remplaceront les actuels 3 et demi des résidents.

Autrement dit, le MSSS ne finance pas les résidences privées, car ce profil n’entre pas dans sa mission. Il n’existe pas de programme pour ce type de résidence, mis à part un programme pour financer l’achat de gicleurs. « On a fait le maximum de ce qu’on pouvait faire, dit-elle. Je ne peux pas répondre pour le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), mais ce n’est pas dans l’intérêt de l’État de voir une résidence comme celle-là fermer. Ce n’est pas bon pour les régions ni pour le gouvernement, mais chaque ministère doit respecter sa mission. »

On retrouve plus de 125 000 aînés en résidences pour personnes autonomes au Québec.

Certains résidents n’ont qu’une chambre sans cuisine et ils doivent partager une salle de bain.

La balle est donc maintenant dans la cour du MAMH, le responsable de la Société d’habitation du Québec, qui devra expliquer le refus de financer la résidence pour aînés, car sans cette aide, la résidence devrait augmenter les loyers de manière démesurée pour financer l’hypothèque encourue. « On ne veut pas augmenter la pression financière sur les résidents », remarque Jacquelin Juneau, un administrateur de la résidence.

LE FINANCEMENT DE L'AILE POUR LES RESSOURCES INTERMÉDIAIRES ASSURÉ

Ce projet est complémentaire à un autre projet d’agrandissement qui doit se dérouler à même le bâtiment, car la Maison du Bel-Âge accueille également des résidents en perte d’autonomie référés par le CIUSSS. Ces derniers nécessitent davantage de soins, car ils ont notamment des déficiences physiques. Dans le jargon, c’est ce qu’on appelle une ressource intermédiaire.

Un partenariat avec le CIUSSS permet de garantir la viabilité du projet d’agrandissement de l’aile de ressource intermédiaire, car une entente a été signée, garantissant des revenus pour 20 ans. Ainsi, la Maison du Bel-Âge est en mesure de financer elle-même le montant de 4,6 M$, qui permettra d’offrir des chambres plus grandes et d’accueillir plus de patients.

La Maison du Bel-Âge souhaite réaliser la modernisation de tout le bâtiment en même temps pour réduire les coûts et faciliter le logement des résidents pendant la rénovation. L’OSBL souhaite donc recevoir une subvention de l’État le plus rapidement possible afin d’enclencher le processus d’appel d’offres en décembre prochain, ce qui permettrait une construction au printemps 2021.