Stéphanie Fortin, directrice aux affaires publiques de GNL Québec

Impacts sur les bélugas: GNL Québec doit refaire ses devoirs

Le projet GNL Québec a reçu, à la fin du mois d’août, plus d’une centaine de questions de la part de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE), par rapport à leur évaluation des impacts de leur transport maritime. L’ACEE affirmait, entre autres, que leur évaluation sur l’impact des bélugas était jugée incomplète et que l’entreprise n’avait pas tenu compte des données concernant les méthaniers en évaluant le bruit des futurs navires d’exportations, ce qui engendre un biais pour toute l’analyse. Pour la directrice des affaires publiques de GNL Québec, Stéphanie Fortin, cette étape faisait partie du processus normal du projet.

Dans un article publié dans Le Devoir, mardi matin, intitulé « GNL Québec a mal évalué les impacts sur le béluga », le journaliste Alexandre Shields faisait état de la longue liste d’éléments que GNL Québec devra modifier dans son étude des impacts du transport maritime. Entre autres, on y écrit que l’évaluation des impacts du transport maritime sur le béluga est « incomplète » et qu’elle ne s’appuie pas sur les « connaissances actuelles ». De plus, on y indiquait que l’ACEE a demandé à GNL Québec d’inclure le transport maritime dans son examen du projet de Saguenay jusqu’aux Escoumins, et non seulement à proximité du terminal de liquéfaction.

Contactée par Le Quotidien, mardi, la directrice aux affaires publiques de GNL Québec, Stéphanie Fortin, tenait à assurer que cette démarche était complètement normale. « En ce moment, on est en plein processus d’évaluation environnementale. C’est une liste de questions qui a été émise par l’ACEE pour approfondir des éléments qui sont en lien avec notre étude d’impacts. Ce n’est pas une décision sur le projet, ce n’est pas un rapport officiel de quelque manière que ce soit », a-t-elle affirmé d’entrée de jeu.

Elle expliquait que c’était la marche à suivre, pour tous les projets qui ont déposé une étude d’impacts au gouvernement fédéral. Elle croit aussi qu’il est normal qu’il y ait de nombreux points qui touchent la navigation sur le Saguenay, alors que c’est de juridiction fédérale.

« Nous, comme promoteur, ce qu’on doit faire, c’est d’accueillir les questions et y répondre du mieux qu’on peut. C’est une étape qui est normale dans le cours du projet et c’est dans la suite de toutes ces étapes, à partir du moment que toutes les questions seront répondues de façon jugée satisfaisante, que les gouvernements vont donner leur vraie décision », a-t-elle continué. Elle a ajouté que ce processus pouvait prendre plusieurs mois.

Ruba Ghazal est contre

La députée de Mercier et responsable solidaire en matière de transition écologique, Ruba Ghazal, a demandé au gouvernement Legault de mettre le projet GNL Québec en situation d’échec.

« GNL Québec sentait déjà mauvais, on sait maintenant que ce n’est pas juste le gaz. Le promoteur est prêt à dire tout et n’importe quoi pour faire passer son mégaprojet mégapolluant à travers la gorge des Québécoises et des Québécois, même quand la survie du béluga du Saint-Laurent est en jeu », a-t-elle affirmé, par voie de communiqué de presse.

Elle ne comprend pas comment en 2019, le gouvernement pense à donner le feu vert à l’émission de 7 millions de tonnes de GES supplémentaires par année, lorsque « le promoteur est incapable de fournir un portrait honnête de l’impact de son projet. » Elle a qualifié le projet de désastre environnemental pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean et le Québec.

La députée Ruba Ghazal a demandé au gouvernement Legault de mettre le projet GNL Québec en situation d’échec. Le projet menace la survie du béluga du Saint-Laurent,  a-t-elle soutenu.