Une vingtaine de comédiens seront sur la scène du Palais municipal de La Baie, le 24 avril, pour présenter la pièce IMPACT.

IMPACT: l’alcool au volant vu par les adolescents

Un sur cinq. C’est la proportion des jeunes comédiens de l’édition 2019 du projet IMPACT qui ont été touchés par un drame causé par la conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool ou la drogue.

Rencontrés par Le Progrès, lors d’une répétition, à quelques jours des deux représentations de cette pièce de théâtre faite par et pour les élèves du secondaire, les comédiens témoignent de l’importance de marteler le message qui y est véhiculé : « Donne tes clés, si tu as consommé. »

Depuis les premières présentations de la pièce IMPACT, en 2014, l’agent de prévention du Service de police de Saguenay Luc Tardif et le metteur en scène Louis Wauthier ont toujours été les visages du projet qui fait de la sensibilisation contre la conduite sous l’effet de l’alcool et des drogues.

Cette année, les deux collègues veulent mettre à l’avant-plan ceux qui sont devant le public et à qui la pièce s’adresse : les élèves du secondaire.

Pour une des comédiennes, le sujet de la pièce a des répercussions bien réelles dans sa vie quotidienne. « Mon beau-père a eu un accident, confie-t-elle devant ses camarades de classe. Aujourd’hui, il se déplace en chaise roulante. »

Selon l’agent de prévention Luc Tardif, la pièce demeure aussi percutante.

Dans une discussion à bâton rompu, les comédiens font preuve d’une maturité qui touche Luc Tardif. Un des trois acteurs principaux, Mirko Garneau, raconte ce qu’il retient du message de la pièce.

« On peut penser que ça ne nous arrivera jamais, mais c’est faux. Un accident comme celui dans la pièce peut arriver à n’importe qui. »

Toujours percutante

Pour la sixième fois depuis sa création, une vingtaine d’élèves du programme Arts et métiers de la scène de l’École polyvalente de Jonquière montent IMPACT, sous la direction de Louis Wauthier.

Selon Luc Tardif, elle demeure autant, sinon plus percutante qu’au début. Cependant, elle ne touche pas les parents et leurs adolescents de la même manière.

« Ce n’est pas la même scène qui crée la réaction la plus intense chez les spectateurs. Pour les parents, c’est celle de l’accident. Les jeunes sont touchés par l’annonce du décès », explique-t-il.

Quelques comédiennes du projet IMPACT.

La pièce, d’une durée d’environ une heure, peut réveiller des émotions puissantes chez les spectateurs. Il est déjà arrivé que des personnes quittent la salle en ambulance.

Des intervenants sociaux, comme des membres du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) et du personnel du milieu de la santé sont d’ailleurs sur place pour aider ceux qui en auraient besoin.

« Un des plus beaux commentaires qu’on m’a faits venait d’un professeur de Métabetchouan. Il m’a raconté que le retour à l’école s’était fait en silence, les jeunes avaient été touchés », affirme le policier.

Famille

Si l’histoire est jouée dans le contexte d’un après-bal, IMPACT peut aider toutes les personnes qui ont été frappées par la conduite avec des facultés affaiblies.

« On a reçu des membres des familles des victimes d’Yves Martin. Je pense que ç’a été un soulagement pour eux. Ils ont pu boucler une boucle. Il leur manquait une partie de l’histoire et de la voir sur scène a pu les aider », pense Luc Tardif.

La pièce sera présentée à deux reprises le 24 avril, au Théâtre du Palais municipal de La Baie. Une première fois, en journée, pour les classes de la cinquième année du secondaire, et le grand public est invité à y assister en soirée.