La mairesse de Saguenay, Josée Néron, le préfet suppléant de la MRC du Fjord-du-Saguenay et maire de Rivière-Éternité, Rémi Gagné, les députés Andrée Laforest, Sylvain Gaudreault, Richard Martel, François Tremblay et Karine Trudel, de même que la directrice générale de la Chambre de commerce, Sandra Rossignol, ont participé à l’accueil des travailleurs étrangers.

Immigration: un enjeu d’intégration

Ils étaient 32 immigrants de toutes origines, vendredi, à l’hôtel Le Montagnais de Chicoutimi, pour passer des entrevues avec des représentants de 28 compagnies différentes, afin de pourvoir à des postes et de pallier le manque de main-d’oeuvre criant au sein des entreprises régionales.

Tao Zho Jun, un docteur en génie mécanique originaire de Chine et installé au Québec depuis quatre ans, aimerait bien trouver un poste d’ingénieur mécanique au Saguenay.

Les candidats sont arrivés à Bagotville vendredi matin par avion.

Georges Ombinda, originaire de la République du Congo, possède des qualifications comme soudeur et aimerait bien dénicher un emploi pour s’intégrer dans la région. « Dans mon pays, je vivais dans de grands espaces avec des arbres. Je retrouve ça ici, au Saguenay. Que ce soit dans une grande industrie ou une petite entreprise, l’important, c’est de trouver sa place et de s’intégrer à la culture. Si d’autres immigrants se sont adaptés au froid, alors pourquoi pas moi. Il suffit de s’ajuster et de se vêtir en conséquence », dit-il.

Abderrazzak Bougalla, originaire du Maroc, est prêt à s’installer au Saguenay avec sa conjointe et ses deux enfants, s’il est engagé comme ingénieur dans la machinerie industrielle. « Ça fait quatre ans que je suis au Québec. À Montréal, c’est difficile pour un immigrant de trouver un emploi. J’ai l’impression que ce sera plus facile en région », considère le détenteur d’un baccalauréat en génie mécanique.

La plupart des visiteurs n’avaient jamais eu l’occasion de serrer la main d’un élu par le passé et ont été impressionnés par l’accueil.

Isidore Désiré Moukam, spécialiste en environnement, est récemment arrivé au Québec. Il a travaillé pendant huit ans au Cameroun et aimerait faire de même, dans son domaine, au Saguenay. « Ce n’est pas qu’un projet d’emploi, c’est un projet de famille, un projet de vie, avec mon épouse et mes trois enfants », a-t-il commenté.

Ivanei Frank, originaire du Brésil, est au Québec depuis deux ans. Le spécialiste en télécommunication a travaillé à Montréal, mais souhaite s’installer en région, où le coût de la vie est moins élevé.

Abderrazzak Bougalla, originaire du Maroc, est prêt à s’installer au Saguenay avec sa conjointe et ses deux enfants.

Triés sur le volet

« Ce sont 32 personnes triées sur le volet qui sont intéressées à s’établir au Saguenay et qui correspondent aux besoins des entreprises sélectionnées dans le cadre du programme Un emploi en sol québécois, une initiative de la Fédération des chambres de commerce du Québec », explique Karina Tremblay, responsable des communications à la Chambre commerce et d’industrie Saguenay–Le-Fjord (CCISF).

« Ce sont principalement des immigrants déjà installés au Québec depuis au moins cinq ans. Ils vivent dans la région de Montréal et possèdent des compétences dans des domaines particuliers. Ils ne connaissent pas beaucoup les régions du Québec. La démarche a donc pour but de les mettre en contact avec des employeurs d’ici », fait valoir Karina Tremblay.

Pour cette journée de recrutement, 28 entreprises régionales ont été retenues, en fonction des qualifications des chercheurs d’emplois.

« C’est une démarche sérieuse d’emploi et d’immigration. Nous avons recruté des travailleurs au Salon de l’emploi de Montréal. On leur a présenté la région et montré les possibilités d’emploi. Nous avions le nom de 400 travailleurs intéressés à venir chez nous. Nous en avons finalement préqualifié 32 qui avait un profil intéressant et qui pouvait répondre aux besoins des entreprises », explique Sandra Rossignol, directrice générale de la CCISF.

Les candidats sont arrivés à Bagotville vendredi matin par avion. La plupart parlent français et ont été informés des réalités régionales, comme le climat, la langue et l’éloignement des grands centres que sont Montréal et Québec.

Pour cette journée de recrutement, 28 entreprises régionales ont été retenues, en fonction des qualifications des chercheurs d’emplois.

Frein au développement

Pour cette journée de recrutement, 57 entreprises de la région avaient manifesté leur intérêt, et seulement 28 ont été retenues, en fonction des qualifications des chercheurs d’emplois.

Les représentants de Coupesag et de PCP Aluminium espéraient trouver des travailleurs pouvant combler leur besoin. « Pour nous, présentement, le manque de main-d’oeuvre est devenu un frein à notre développement. On ne répond plus à la demande et on commence à dire non à certains projets », confie Noémie Morin, coordonnatrice aux ressources humaines chez Coupesag.

Pour cette journée de recrutement, 28 entreprises régionales ont été retenues, en fonction des qualifications des chercheurs d’emplois.

« Nous sommes confiants. Nous avons déjà des travailleurs étrangers et nous avons même recruté en Tunisie récemment. Il nous a fallu neuf mois de démarches administratives pour trouver des travailleurs », indique la femme d’affaires.

Frédéric Dallaire, de l’entreprise Turbo MS, a un besoin urgent de mécaniciens et de machinistes. « Nous avons de la difficulté à répondre à la demande de nos clients et nous voulons ouvrir un entrepôt à Toronto, fait valoir l’employeur. Nous avons déjà embauché un Mexicain, il y a un an. Plus ça va, plus il parle bien le français. Le couple a trois enfants. Leur dernière est née ici, au Saguenay. Il aime la région et son travail. »

Pour cette journée de recrutement, 28 entreprises régionales ont été retenues, en fonction des qualifications des chercheurs d’emplois.

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L'EMPLOI AVANT LES PAYSAGES

« Le premier objectif pour les immigrants qui veulent s’installer en région, c’est de trouver un emploi. Les travailleurs étrangers ne viendront pas s’installer dans la région pour la beauté des paysages et la qualité de vie. Ce qu’il faut pour qu’ils restent en région, c’est un travail stable », insiste Sandra Rossignol, directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay–Le-Fjord (CCISF).

« Le programme Un emploi en sol québécois est la première démarche sérieuse pour favoriser l’intégration des immigrants en région. Pour une première fois, tous les organismes en lien avec l’immigration et l’emploi ont travaillé ensemble », indique Sandra Rossignol.

« On a trop fait l’erreur par le passé de se contenter de faire venir des travailleurs et de ne pas se soucier de l’intégration. C’est difficile pour ces gens de se déraciner de leur pays et de venir ici. Il faut que la collectivité participe à l’intégration non seulement du travailleur, mais de toute sa famille », fait valoir celle qui se dit fière de cette démarche concrète.

Employeurs impliqués

Pour Martin Boily, directeur en ressources humaines chez PCP Aluminium, « le secret avec les travailleurs étrangers, c’est l’intégration ». « Les employeurs ne peuvent pas voir à tout et heureusement, il existe des ressources pour accueillir les familles, trouver des loyers et choisir les écoles pour les enfants », fait valoir l’entrepreneur.

Linda Jbiniani, qui oeuvre au sein de Groupe Inclusia, est aussi catégorique sur le sujet : l’intégration des immigrants en région passe par un emploi stable. « Notre organisme est là pour aider les familles à s’intégrer dans la communauté régionale. Un emploi permet aux familles de trouver une stabilité. On les soutient ensuite pour trouver des écoles ou une garderie pour les enfants et pour organiser des rencontres pour qu’elles se fassent un réseau de contacts », explique celle qui a joué le rôle d’interprète pour accueillir la famille irakienne à Chicoutimi l’an dernier.

Sur l’heure du dîner, les visiteurs étrangers étaient jumelés avec des immigrants installés dans la région pour échanger avec eux et connaître les réalités régionales. « Les immigrants déjà installés sont les personnes les mieux placées pour répondre aux questions des visiteurs et leur raconter comment ça se passe pour eux ici », souligne Linda Jbiniani.

Travailler ensemble

La CCIFS a réussi à réunir toutes les forces régionales autour de ce projet d’emploi en région pour les immigrants. À l’Aéroport Saguenay- Bagotville, les élus et gens d’affaires étaient alignés pour accueillir les immigrants en quête d’emploi.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, le préfet suppléant de la MRC du Fjord-du-Saguenay et maire de Rivière-Éternité, Rémi Gagné, les députés Sylvain Gaudreault, Richard Martel, François Tremblay, Karine Trudel et Andrée Laforest, aussi ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, ont formé une haie d’honneur pour recevoir les travailleurs étrangers, après une heure d’attente, en raison du retard de l’avion.

La plupart des visiteurs n’avaient jamais eu l’occasion de serrer la main d’un élu par le passé et ont été impressionnés par cet accueil.

« Le manque de main-d’oeuvre est comme arrivé tout d’un coup, et c’est un besoin criant. Ça prend des démarches sérieuses d’intégration pour attirer les travailleurs étrangers dans la région », conclut Sandra Rossignol, qui aimerait répéter ce genre d’événement.

Avant de retourner à Montréal en fin d’après-midi, les chercheurs d’emploi ont été invités à faire un tour de ville pour leur montrer le genre de logement disponible, et ce à quoi ressemblent les écoles, l’université, l’hôpital, les installations sportives et les centres-villes.