En campagne dans la région de Montréal, dimanche, le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a profité d’un déplacement pour accorder une entrevue sur les enjeux qui touchent la circonscrition de Roberval, qu’il veut représenter de nouveau à l’Assemblée nationale.

Immigration: les MRC ont un rôle à jouer selon Couillard

L’immigration fait partie de la solution pour contrer la pénurie de main-d’oeuvre autant dans les entreprises privées qu’au sein des services publics, et les municipalités régionales de comté (MRC) devront jouer un rôle pour cibler les besoins locaux, estime le premier ministre et député sortant de Roberval, Philippe Couillard.

Le manque de personnel est souvent décrié par les PME du Saguenay–Lac-Saint-Jean, mais le problème a aussi été soulevé, par exemple, lors de la médiatisation de l’agression d’un aîné par un autre patient au Centre d’hébergement d’Alma. «Je suis entièrement d’accord, a répondu M. Couillard, en entrevue téléphonique. La pénurie de main-d’oeuvre, c’est un des plus grands défis. Nous avons tout mis en place pour avoir les moyens financiers d’engager du personnel, mais il n’est pas disponible.»

En région, l’enjeu d’attirer les immigrants est particulier. Le Parti libéral du Québec (PLQ) prévoit accorder 10 millions $ sur cinq ans aux MRC ou aux grandes villes pour définir le portrait des besoins locaux en main-d’oeuvre. Saguenay compte déjà élaborer un plan d’action détaillé d’ici mars 2019.

Philippe Couillard rappelle que les futurs immigrants doivent rédiger une lettre d’intention et que leur désir de s’établir en région est important. «Il y a plus d’outils qu’auparavant. Ce n’est plus premier arrivé, premier servi.»

Outre l’immigration, la possibilité de travailler durant la formation, l’intégration des travailleurs aînés et autochtones ainsi que le développement de l’intelligence artificielle pour automatiser les tâches sont des solutions avancées par le premier ministre.

Diversification
Fier d’avoir soutenu les activités économiques plus traditionnelles au Saguenay–Lac-Saint-Jean, comme l’aluminium et l’agriculture, Philippe Couillard reconnaît l’importance de l’industrie du numérique. «La venue d’Ubisoft, ça amène une bonne bouffée pour la diversification», indique celui qui se décrit également comme un grand défenseur de la gestion de l’offre.

Reboisement modèle
Il est clair pour le premier ministre que la protection de l’environnement ne doit pas se faire au détriment du niveau de vie des citoyens. Le gouvernement canadien a fixé des cibles pour la création d’aires protégées, ce qui pose des contraintes pour l’aménagement forestier.

«J’ai dit qu’il n’y aurait pas un emploi perdu à cause des caribous et j’ai tenu parole. Sur le plan de la lutte aux changements climatiques, le Québec n’a rien à envier au reste du Canada. Le reboisement que nous faisons devrait être pris en compte pour l’atteinte des objectifs», croit Philippe Couillard.

Tout comme la région de Gatineau, malmenée par une tornade il y a quelques jours, le Saguenay–Lac-Saint-Jean a connu des événements climatiques inhabituels dans les dernières années, ce qui a un impact sur le soutien financier accordé par l’État. «Pour les agriculteurs, nous avons justement revu le programme avec la Financière agricole pour que ce soit pris en compte», précise celui qui est aussi ministre responsable de la région.

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« EN VOIE D'ÊTRE MAJORITAIRE», CROIT COUILLARD

Le premier ministre Philippe Couillard refuse d’envisager la possibilité que son parti ne soit pas élu le 1er octobre. «Je répète toujours que je ne vise que la victoire de mon parti», déclare-t-il. 

Il évite ainsi de confirmer son engagement à représenter les citoyens de la circonscription de Roberval tout le long du prochain mandat si jamais il était élu député sans que le Parti libéral soit reporté au pouvoir. 

Par ailleurs, M. Couillard avoue qu’il aurait aimé passer plus de temps dans la région lors de la campagne électorale, ce que son rôle de chef limite. «Je dois être partout. Au début de la campagne, j’ai passé deux jours au Lac-Saint-Jean, et on trouvait que c’était trop! C’est impossible d’être parfait», confie-t-il.

Même si le premier ministre sortant a confiance que sa formation est «en voie d’être majoritaire», il n’écarte pas l’option d’établir une alliance avec un autre parti en tant que gouvernement minoritaire.

Quant à la réforme du mode de scrutin actuel, pour que plus d’électeurs soient satisfaits du résultat du vote, une proposition qui a reçu l’appui des partis d’opposition et de militants dans la région, ce n’est définitivement «pas prioritaire» pour Philippe Couillard. «Ce serait très nuisible à la représentation des régions. Ce qu’on veut, c’est faciliter la vie des gens et qu’ils veulent rester en région», affirme-t-il, ne voulant même pas réfléchir à une autre méthode que celle récemment proposée.