Henriette Proulx est inquiète en regardant les images du feu de la résidence à L'Isle-Verte.

Images insupportables à la télé

Les pensionnaires rencontrés à la Résidence du Fjord de Chicoutimi vivent des moments d'inquiétude. La télévision a même dû être éteinte à un moment de la journée de jeudi, alors que des résidants paniquaient en voyant les images atroces du drame survenu à L'Isle-Verte.
« C'est terrible, on voit que ça peut arriver n'importe où et n'importe quand. C'est inquiétant », a indiqué Gérard Langevin, qui demeure à la Résidence du Fjord depuis un an et demi. Il est assis devant son téléviseur depuis les tristes événements. « On est bien ici, on se sent en sécurité. Mais je me rends compte que ça peut arriver n'importe où », a indiqué M. Langevin, rencontré hier midi.
Même son de cloche du côté de Julie-Anna Saint-Gelais, âgée de 101 ans. « J'ai déjà dû éteindre un feu qui était pris dans une plate-bande, dehors, il y a deux ans. C'est toujours épeurant du feu. Disons que je trouve ça inquiétant avec ce qu'on voit à la télé », a raconté la centenaire.
Henriette Proulx, une autre locataire, trouve également la situation inquiétante. « Je n'ai jamais rien vécu de tel, mais avec les images du feu de L'Isle-Verte, je suis inquiète. C'est épeurant », a affirmé la dame de 75 ans, qui doit se déplacer à l'aide d'une marchette.
À la résidence située sur le boulevard Talbot, la directrice adjointe, Julie Tremblay, confirme que les pensionnaires parlent beaucoup de l'événement depuis deux jours.
« Hier (jeudi), nous avons été obligés de fermer le téléviseur installé dans une aile de la résidence, car certains paniquaient et vivaient de l'anxiété. Les images perturbaient les pensionnaires qui ont des problèmes cognitifs », a indiqué Mme Tremblay.
Au total, 81 personnes logent à la résidence du Fjord. Le bâtiment est divisé en deux sections. Dans la première, les résidants sont semi-autonomes, tandis que dans la deuxième, les pensionnaires ont des problèmes de santé plus graves. C'est d'ailleurs dans cette section que des gicleurs sont installés.
« Nous sommes obligés lorsque parle de résidants à mobilité réduite. Mais je crois bien que ce serait bientôt une obligation pour toutes les résidences », estime Julie Tremblay, qui a vérifié ses installations de sécurité incendie hier.
Un exercice d'incendie se déroule une fois par année avec les pompiers de Saguenay.
Du côté des pompiers de Saguenay, il n'y a pas eu d'intervention de prévention particulière dans les résidences pour aînés au cours des derniers jours. « Une personne âgée nous a téléphoné pour savoir ce qu'était un gicleur, parce qu'on en entendait beaucoup parler dans les médias, mais c'est tout », a indiqué le chef aux opérations du Service de sécurité incendie, Nicolas Guay.