Le pont de métal reliant l’île Sainte-Anne au centre-ville, en 1891
Le pont de métal reliant l’île Sainte-Anne au centre-ville, en 1891

Il y a 150 ans : le premier pont d’Alma

Thomas Dufour
Le Quotidien
On l’oublie souvent, mais une partie de la ville d’Alma est située sur une île. Il y a 150 ans, les habitants d’Alma construisaient sur la Petite Décharge le premier pont de l’histoire de la municipalité.

Pour raconter l’histoire du premier pont d’Alma, il faut absolument parler de la coupe de bois. Dans les années 1870, la Price Brothers and Company possède une scierie à l’embouchure de la rivière Saguenay. Le bois provient des forêts environnantes, mais aussi du Lac-Saint-Jean. Les billots sont conduits dans le lac jusqu’à la Petite Décharge, où ils dérivent jusqu’à l’usine des Price, à Chicoutimi.

« Il n’y avait pas beaucoup d’eau dans la Petite Décharge à l’époque. On a donc construit une glissière à bois pour acheminer les billots », explique l’historien Dany Côté.

Le premier surveillant de la glissoire s’appelle Damase Boulanger. Il se construit une maison à l’endroit où est située l’île Sainte-Anne aujourd’hui. Il est ainsi considéré comme le fondateur de la ville.

Dans les premières années, un problème se pose : comment traverser de la rive nord à la rive sud de la rivière? C’est alors que l’idée d’un pont germe dans les esprits. Le ministre de l’Agriculture et des Travaux publics de l’époque, Louis Archambault, visite Alma en 1870 et confie la construction du pont à Damase Boulanger.

« Le pont mesurait 574 pieds de longueur, tout de bois, appuyé sur huit cages de bois, avec un garde ajouré de chaque côté », écrit l’historien J.-A. Bergeron dans son livre Les ponts d’Alma.

Le pont Saint-Joseph, situé près de l’église du même nom, en 1908

Le pont passe sous la glissoire et est situé à « environ une centaine de mètres en aval du pont Saint-Joseph actuel ».

Un deuxième pont

En vingt ans, les habitants de la ville se rendent compte que le pont en bois ne sera pas suffisant. « Puisque le bois vieillit, le pont demandait de constantes réparations », explique Dany Côté.

En 1891, le conseil de Ville obtient un prêt de 2000$ pour construire un pont de métal à l’emplacement de celui en bois. La tâche sera confiée à un ingénieur belge du nom de Gérard Macquet, qui a bâti une trentaine de ponts au Québec entre 1887 et 1892. La structure métallique du pont coûtera 11 792$.

« Les 79 tonnes de la charpente d’acier arrivent par bateau à Québec, le 28 septembre, écrit l’historien Jean Lefrançois. En mai 1893, les premiers attelages peuvent emprunter le nouveau pont Macquet. »

À la fin des années 1930, le pont est en très mauvais état. La circulation plus intense est en partie en cause. La Ville réfléchit à des solutions. « [Même] si le projet de reconstruction était réalisé sous peu, il faudrait quand même faire des réparations temporaires aux ponts actuellement existants, lesquels offrent un danger réel pour la circulation », peut-on lire dans un procès-verbal datant des années 30.

La Ville d’Alma s’attelle à la construction d’un pont de béton beaucoup plus large que les précédents. Le pont est construit sur le boulevard de Quen et est toujours en place aujourd’hui.

Le pont Saint-Joseph, en 1926

La structure du pont de métal est vendue à la municipalité d’Hébertville. On peut toujours observer ce pont aujourd’hui en traversant le lac Kénogamichiche.