Retraité des Forces canadiennes depuis décembre, Kevin Rioux, 35 ans, a contribué à sauver la vie de cinq personnes lors d’un incendie qui a ravagé une résidence de la rue Lacombe, à Chicoutimi-Nord, mercredi.

Il sauve cinq personnes dans un incendie

La vie de Kevin Rioux, nouvellement retraité des Forces canadiennes, est tout sauf monotone. L’homme de 35 ans et père d’une famille nombreuse a sauvé la vie de cinq personnes, mercredi, après qu’un incendie eut pris naissance dans la résidence d’un voisin sur la rue Lacombe, à Chicoutimi.

Ce matin-là, fidèle à ses habitudes, Kevin Rioux s’est levé tôt pour se rendre au boulot. Il a quitté l’armée de terre en décembre dernier, mais travaille toujours à la Base de Bagotville, où il occupe un emploi civil d’inspecteur aux contrats pour la Défense nationale. Autour de 6 h 20, il a remarqué que de la fumée s’échappait d’une maison située de l’autre côté de la rue, en diagonale de la sienne. Kevin Rioux n’a fait ni une ni deux et s’est précipité sur les lieux. Il a frappé la porte d’entrée de la résidence avec ses pieds, avant de pénétrer en trombe à l’intérieur. Dans la maison, il a trouvé un couple de personnes âgées qui n’était manifestement pas conscient du sérieux de la situation. 

« J’ai insisté pour qu’ils sortent. Au début, ils étaient réticents. Je leur ai demandé s’il y avait quelqu’un ailleurs dans la maison. Ils m’ont dit qu’il y avait un locataire en bas. Je suis descendu et il y avait un monsieur qui était en train de se faire un café. À ce moment-là, le feu était pris dans le ‘‘carport’’ et les flammes montaient jusqu’au plafond », raconte celui qui a été technicien en construction pendant 18 ans sous le giron des Forces. 

Kevin Rioux explique qu’il a dû parler très fort et se montrer quelque peu autoritaire puisque les occupants de la maison voulaient regagner leur domicile pour aller cueillir des effets personnels. L’un d’entre eux a aussi manifesté le désir d’aller chercher les clés d’une voiture. Le couple était sous le choc. 

« Je leur ai dit que c’était extrêmement dangereux et qu’ils ne pouvaient pas y retourner. Il commençait à y avoir des flammes et il y avait beaucoup de fumée », a-t-il relaté au lendemain des événements, lesquels se sont déroulés, de son propre aveu, très rapidement.

Explosion

Le père de famille a remarqué que les flammes léchaient les murs de la maison voisine. Il s’y est précipité pour prévenir les locataires, deux hommes dans la trentaine, qui étaient toujours endormis. Au final, tout le monde a pu sortir indemne. Et c’était juste à temps, car moins de deux minutes plus tard, une explosion se faisait entendre dans le garage de la maison où le brasier a pris naissance.

« Je pense que c’est une bombonne de propane qui a sauté. C’était vraiment le temps que les gens sortent. Deux minutes de plus et c’était trop tard », a résumé celui qui confie avoir agi instinctivement, poussé par l’adrénaline. Il faut dire que l’ex-militaire, qui a quitté l’armée il y a moins de six mois, est entraîné pour agir dans des situations d’urgence. Quand il était dans les Forces canadiennes, il devait suivre un cours chaque année pour mettre à jour ses compétences et ses connaissances en intervention dans des situations d’urgence. De plus, Kevin Rioux est en excellente forme physique. 

Humble

Une fois les victimes dûment prises en charge, Kevin Rioux a demandé à un groupe de voisins massé sur les lieux de communiquer avec les pompiers. Puis il est retourné chez lui, où l’émoi était généralisé. 

« Les enfants étaient paniqués. Il y en a un qui pleurait et qui était très émotif. Ensuite, je me suis rendu au travail. J’ai fait ma journée comme à l’habitude, mais j’étais vidé d’énergie », relate Kevin Rioux, qui a pris conscience du fait qu’il aurait pu ne jamais ressortir de la résidence en feu.

En entrevue, il a convenu que sa rapidité d’exécution et son sang-froid ont contribué à sauver cinq vies. Il est néanmoins demeuré très humble et a refusé qu’on lui accole l’étiquette de héros. Le natif de Rivière-du-Loup, qui a adopté la région, estime qu’il a fait son devoir de citoyen. Accourir au secours de ses voisins allait tout simplement de soi. 

Quand il a vu de la fumée s’échapper de la maison, Kevin Rioux n’a fait ni une ni deux et s’est précipité sur les lieux. Il a frappé la porte d’entrée de la résidence avec ses pieds, avant de pénétrer en trombe à l’intérieur.

Une deuxième intervention en carrière

L’intervention de mercredi était la deuxième pour l’ancien technicien en construction de la branche de génie de l’Armée de terre. Il y a dix ans, Kevin Rioux a contribué à l’évacuation des occupants d’une résidence en flammes de Saint-Félix-d’Otis, alors qu’il était chauffeur désigné. 

En bon père de famille, Kevin Rioux a profité des événements tragiques d’avant-hier pour faire un brin de pédagogie auprès de ses enfants et de ceux de sa conjointe, qui vivent tous sous un même toit. 

« Quand je suis rentré dans la maison en feu, je n’ai jamais entendu de détecteur de fumée. Il y a une leçon à tirer de ça : les détecteurs, c’est très important et il faut changer les batteries régulièrement. J’ai aussi expliqué aux enfants ce qu’il fallait faire si on avait besoin d’évacuer la maison en cas d’urgence », a conclu Kevin Rioux.