Il manquerait toujours 400 PAB au CIUSSS

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le gouvernement a tellement repoussé le problème des préposés aux bénéficiaires que le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean a cumulé un manque à gagner de 400 travailleurs dans cette catégorie qu’il ne sera pas en mesure de résoudre pour faire face à la pandémie, estiment les syndicats.

Il ne faut pas se surprendre, selon Gaston Langevin, président du syndicat des préposés FSSS-CSN du CIUSSS, que la formation d’urgence d’une cohorte de 200 préposés aux bénéficiaires pour venir en renfort dans les différents établissements du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne soit pas suffisante pour régler le problème. Au mieux, cette cohorte qui a été déployée a permis de calmer le jeu. Elle est loin de régler tous les problèmes de remplacement.

Selon lui, le chiffre de 200 préposés additionnels avancé par le CIUSSS est un minimum dans les circonstances. Les directives ministérielles sur la gestion des préposés en période de pandémie accentuent la problématique pour cette catégorie de personnel névralgique dans le fonctionnement des CHSLD.

L’exemple du CHSLD Isidore-Gauthier illustre bien la situation actuelle.

«Isidore-Gauthier est un petit centre. La Santé publique a retiré 20 préposés aux bénéficiaires en raison de l’éclosion. C’est énorme».

Les gestionnaires du CIUSSS disposent de la marge de main-d’œuvre pour affecter à Isidore-Gauthier des préposés aux bénéficiaires qui travaillent dans d’autres centres d’hébergement ou même à l’hôpital d’Alma. Par contre, rappelle le leader syndical, à partir du moment ou un préposé entre à Isidore-Gauthier, qui est considéré comme une zone chaude, il ne peut pas retourne dans son ancien poste en raison des périodes obligatoires imposées par la Santé publique.

«Le ministère a choisi d’imposer des directives pour le mouvement de personnel entre les établissements. Ce choix comporte des avantages, mais aussi des inconvénients pour les préposés aux bénéficiaires en raison du problème de rareté de main-d’œuvre», reprend Gaston Langevin.

Le CIUSSS a organisé une nouvelle cohorte de formation pour les préposés aux bénéficiaires. Il disposait de plus d’une centaine de bourses pour attirer les jeunes ou personnes désirant changer de carrière. Il n’y a eu que 37 inscriptions contrairement à la première cohorte qui a attiré pas moins de 200 personnes.

«Ça semble beaucoup 200 préposés aux bénéficiaires de plus. Mais ce groupe comprend 1150 travailleurs et travailleuses, avec un bon nombre en CHSLD. Il y a chaque année des départs à la retraite sans compter les congés de maladie qui se multiplient et en ce moment, des retraits de préposés en raison de la COVID-19. Il y avait une pénurie avant la pandémie, on ajoute 200 préposés pour combler la pénurie, mais le roulement continue quand même. Il est difficile de combler adéquatement les services quand il sort plus de monde qu’il en rentre dans le système.»

Le porte-parole de la FSSS-CSN du CIUSSS pour les préposés tient également à faire des corrections quant aux informations qui circulent concernant les préposés aux bénéficiaires. Les conventions collectives ne sont toujours pas réglées et pour le moment, les négociations avec l’état sont au beau fixe et il y a en ce moment de l’impatience chez les membres qui ont à plusieurs reprises pris bonne note des engagements du premier ministre à l’endroit ce corps d’emploi.