Me Jean-Marc Fradette croit que son client, Luc Blackburn, a compris le message, car il se trouve à la croisée des chemins.

Il frisait le coma éthylique

Le Chicoutimien Luc Blackburn a pris la route de Roberval, mardi matin, pour y séjourner durant les trois prochains mois. L’homme de la rue Honoré-Mercier, à Chicoutimi, résidera pour cette durée derrière les barreaux de la prison provinciale robervaloise.

L’homme de 55 ans a réglé son dossier de conduite avec les facultés affaiblies du 5 septembre 2016 alors qu’il avait soufflé des taux de ,299 et de ,304, ce qui constitue près de quatre fois le taux autorisé de 80 milligrammes d’alcool par 100 millilitres de sang.

Le soir du malheureux événement, les policiers de Saguenay sont appelés sur les lieux d’un accrochage. Après avoir repéré le conducteur fautif, les agents remarquent que son langage est lent, qu’il a les yeux rouges et vitreux.

« Les patrouilleurs l’ont amené au poste de police et lui ont fait souffler dans l’appareil de détection d’alcool. Il a soufflé des taux de ,304 et de ,299. Avec des taux comme ceux-là, une personne ne réfléchit plus. Ça frise le coma éthylique », a commenté Me Jean-Marc Fradette, qui représente les intérêts de l’accusé.

Luc Blackburn n’en est pas à son premier passage devant les tribunaux. Il avait été condamné pour des conduites avec les facultés affaiblies en 1992 et en 2010. Comme les dossiers remontent à plus de cinq ans, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n’a pas signifié d’avis de récidive, ce qui aurait pu entraîner une peine plus sévère et une plus longue interdiction de conduire.

« La suggestion commune que nous vous soumettons est de 90 jours de détention (en continu) et une interdiction de conduire de trois ans », a poursuivi Me Fradette.

L’individu a affirmé au juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, qu’il n’avait pas conduit son véhicule depuis le 5 septembre 2016 (plus de 14 mois) et qu’il avait cessé toute consommation d’alcool.

« J’ai 55 ans et, à ma sortie de prison, je vais rencontrer mon employeur afin que l’on puisse trouver des solutions », a admis Luc Blackburn, conscient de la situation.

Me Fradette ne cache pas que l’accusé se trouve à la croisée des chemins.

« Mon client est conscient qu’il marche sur un fil de fer. Il travaille pour Rio Tinto depuis 27 ans et la compagnie a des règles sévères en lien avec l’alcool. »

« Il sait aussi que s’il devait se faire prendre à nouveau en facultés affaiblies au volant, la peine de détention sera beaucoup plus longue que celle qu’il reçoit aujourd’hui », note le criminaliste.

Le juge Lortie s’est dit encouragé par la volonté du quinquagénaire à vouloir se reprendre en main.

« Vous représentiez un danger énorme pour la société. Je n’ai pas besoin de vous rappeler que d’autres conducteurs ont enlevé la vie à d’autres personnes avec des taux beaucoup moins élevés que les vôtres », a commenté le magistrat.

« Ça aurait pu être dramatique. Les conséquences auraient pu être terribles et désastreuses », a ajouté le juge Lortie.

Quelques instants plus tard, une constable spéciale a pris le manteau et le petit sac de vêtements de Blackburn et l’a raccompagné vers le bloc cellulaire du Palais de justice de Chicoutimi avant qu’il ne prenne le chemin de la prison de Roberval pour les prochains mois.

Révocation

Dans un autre ordre d’idées, Éric Fortin a vu sa peine en société être révoquée, mardi matin, après qu’il eut brisé une condition de remise en liberté.

Le client de Me Olivier Théorêt a été condamné à cinq mois de détention le 29 septembre. 

Mais un mois plus tard, le 30 octobre, il a brisé une condition et a été arrêté. Il était désorganisé.

Le juge Guimond a donc révoqué sa peine en société, ce qui fait que Fortin passera quatre mois en prison.