À l’emploi du ministère des Transports depuis 2009, Hugo Fortin a complété un baccalauréat en génie civil au cours de la même période.

Il a fait son baccalauréat en génie civil en 10 ans

La patience et la persévérance ont été deux qualités incarnées par Hugo Fortin, au cours des 10 dernières années. Entre janvier 2009 et avril 2019, il a complété un baccalauréat en génie civil à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), tout en étant à l’emploi du ministère des Transports du Québec (MTQ).

Celui qui occupe un poste de technicien des travaux publics venait de terminer son dernier examen lorsque Le Quotidien l’a rencontré, mercredi avant-midi. Un dernier examen après 10 ans d’efforts et de sacrifices, disons que ça enlève un certain poids sur les épaules.

« Je me sens très bien, a-t-il partagé. J’attendais ce moment depuis 10 ans, donc je me sens léger et un peu bizarre ! Je suis prêt à tourner la page et j’ai le sentiment du devoir accompli. Ça va être une fin de semaine de festivités en compagnie de la famille. »


«  J’attendais ce moment depuis 10 ans, donc je me sens léger et un peu bizarre !  »
Hugo Fortin

Embauché au MTQ en 2009, son emploi n’est pas nécessairement arrivé au même moment que la volonté de poursuivre des études universitaires. Maintenant que c’est chose faite, son baccalauréat pourrait lui permettre d’obtenir un poste d’ingénieur au ministère.

« Le technicien s’occupe un peu plus de collecter les données. L’ingénieur va davantage les analyser », a mis en contexte Hugo Fortin, soulignant la conciliation de son employeur et de ses collègues de travail, qui ont parfois dû mettre les bouchées doubles pendant ses absences du bureau.

Le finissant a suivi deux cours par session pendant 10 ans. Au fil du temps, il a dû harmoniser sa vie familiale à ses études et à son travail à temps plein. Une gymnastique a été nécessaire, mais la contribution de tout le monde a permis une fin heureuse.

« Quand tu as une maison, un enfant et une vie familiale, tu deviens détaché de l’école, a exprimé Hugo Fortin. C’était assez facile au départ quand je n’avais pas ce mode de vie, mais il a fallu que je fasse une meilleure planification. Avec un enfant, c’est la garderie, le souper, le bain... Ç’a demandé beaucoup de compréhension de la part de ma conjointe. Il y a eu certains samedis sacrifiés où j’ai dû étudier ou compléter des travaux. De grands efforts ont été faits. Ma conjointe m’a appuyé à 100 pour cent là-dedans. »

Heureux d’avoir pu compléter son baccalauréat, Hugo Fortin n’a pas caché qu’il a affronté certains moments de questionnement, sans toutefois déroger de son but ultime.

« À mi-chemin, je me suis demandé pourquoi je faisais ça et je ne voyais pas le bout, a-t-il avoué. À trois ans de la fin, j’ai eu un regain de motivation, mais je dirais que lors de certains cours, la motivation n’était pas à son meilleur. »

Hugo Fortin a également vécu une vague d’embauches au ministère des Transports lorsqu’il se trouvait toujours sur les bancs d’école. Une situation qui a soulevé quelques doutes.

« J’ai vu arriver de jeunes ingénieurs et sans dire que c’était frustrant, je me suis parfois demandé si ça valait vraiment la peine de faire tous ces efforts, a-t-il raconté. C’est bien beau d’avoir 119 crédits sur 120, mais tant que tu n’as pas obtenu le 120e, ça ne veut rien dire. »