Horacio Arruda s’est joint à la cellule de crise en matière de santé publique, lors du déluge de 1996.
Horacio Arruda s’est joint à la cellule de crise en matière de santé publique, lors du déluge de 1996.

Horacio Arruda au coeur de la crise du déluge de 1996

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Le vendredi 19 juillet 1996, Horacio Arruda, qui était alors médecin-conseil et adjoint du directeur de santé publique de Laval, se préparait à partir en camping dans les Maritimes avec sa conjointe et ses jeunes enfants. Avant de prendre la route, il avait accepté l’invitation d’une collègue de santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour y faire une saucette avec sa famille. Il a finalement annulé ses vacances et n’est reparti qu’une semaine plus tard, après avoir pris part à la cellule de crise du déluge du Saguenay.

« Nous avions reçu une invitation pour aller au chalet d’une collègue de santé publique au Lac-Saint-Jean, Dre Gisèle Trudeau. J’avais laissé la roulotte chez elle au Saguenay et nous étions tous partis pour le Lac le vendredi. Je devais rester une seule nuit, car nous partions pour les Maritimes faire du camping. Mes enfants étaient tout jeunes à l’époque », se rappelle Dr Arruda.

Le samedi matin, sa collègue a reçu un appel d’urgence. Elle devait rentrer au travail, car la situation était critique au Saguenay, territoire qui avait déjà reçu une bonne quantité d’eau. Une cellule de crise devait être créée, pour assurer la santé de tous, notamment en raison de la qualité de l’eau potable.

« J’ai dit à ma femme qu’on ne pouvait pas partir ! Que je devais y participer », se remémore Horacio Arruda, précisant que ce genre de crise, causée par une catastrophe naturelle, n’est pas habituelle au Québec.

Pendant une semaine, il a travaillé jour et nuit avec l’équipe de santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, notamment en enseignant aux citoyens les mesures à prendre pour éviter une intoxication avec l’eau qui n’était pas consommable.

« Je me souviens que les gens avaient peur d’attraper des maladies, en raison de la qualité de l’eau. Les gens devaient évidemment la faire bouillir, mais je me souviens aussi qu’ils se lavaient beaucoup les mains. Dans les mois suivants le déluge, cette habitude est restée et il y a eu moins de cas d’infection à différentes maladies, comme la grippe ou la gastro », souligne le médecin, qui a finalement quitté le Saguenay après une semaine.

« Ma collègue m’a dit que c’était le temps que je parte ! J’ai la chance d’avoir une épouse qui a toujours été très compréhensive et elle m’a toujours soutenue, même si j’avais annulé notre camping. Ç’a été une expérience extraordinaire, je ne pouvais pas passer à côté », se souvient Dr Arruda, qui continue de venir faire son tour au Saguenay-Lac-Saint-Jean régulièrement, puisqu’il y a plusieurs amis et qu’il adore la région.

Il a d’ailleurs passé quelques jours de vacances ici, cet été.