Homophobie: «Les préjugés persistent»

Selon Alain Lévesque, le président de l'AGL-LGBT Saguenay-Lac-Saint-Jean, une association qui regroupe des personnes de différentes sexualités, les préjugés et les commentaires homophobes sont toujours bien présents dans la région.
Un citoyen de Saguenay, Stéphane Bolduc, a fait les manchettes dans les derniers jours. L'homme a raconté s'être fait battre en raison de son homosexualité, après avoir foncé accidentellement dans la voiture d'un ami de ses voisins.
«Il faut prendre la situation dans son ensemble. L'incident s'est produit après un malheureux accident. Peut-être que la personne en colère s'est servie de ses préjugés lorsqu'elle a réagi», mentionne Alain Lévesque.
Toutefois, si M. Lévesque n'a pas de chiffres pour savoir le nombre d'attaques physiques que subissent les membres de la communauté LGBT (lesbienne, gai, bisexuelle et transgenre), il estime qu'elles sont très occasionnelles. Ce qu'il remarque davantage est les commentaires désobligeants que certains membres de la société ont à leur égard.
«Les préjugés persistent. Les gens vont encore passer des commentaires sur l'identité sexuelle des gens. Quand une personne s'identifie comme gaie, les termes comme "fif" ou "tapette" vont souvent être entendus», mentionne-t-il.
Alain Lévesque croit que plusieurs membres de la communauté LGBT refusent encore de s'afficher devant tout le monde, pour ne pas se mettre à dos la communauté. «Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, par exemple, on est environ 270 000 personnes. On estime qu'il y a environ 10% de la population qui n'est pas hétérosexuelle. Alors, il devrait y avoir environ 27 000 personnes qui s'identifient LGBT.
Toutefois, on ne les voit pas. Il y a une raison pour ça! Même à Montréal, les gens ne s'affichent pas.
Tout homosexuel est conscient qu'il y a une possibilité d'agression. Il faut toujours se surveiller lorsqu'on va à un endroit», explique le président.
M. Lévesque ajoute qu'il est encore important de faire de la sensibilisation auprès de la population, ce que les associations LGBT ont bien compris, puisqu'elles en font de plus en plus selon lui.