Un déploiement important de policiers devant le 306 rang 8, là où habitait la victime. Devant l’entrée, une pancarte annonce : « Le domaine N. Fortin ».

Homicide à Sainte-Hedwidge: toujours pas de suspect

Même si l’enquête avance, les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) n’ont toujours pas ciblé de suspect entourant le meurtre de l’ex-policier Norbert Fortin. Le mystère plane toujours.

La SQ demande donc l’aide du public pour récolter de l’information qui pourrait faire débloquer l’enquête. Le poste de commandement mobile a été déplacé dans le stationnement de l’église afin de recueillir des témoignages.

L’homme de 64 ans a été découvert sans vie dans sa maison du 306, Rang 8 à Sainte-Hedwidge vers 11h30 dimanche par des proches. 

La Sûreté du Québec donne très peu de détails sur ce drame qui perturbe la petite localité, mais travaille sur certaines pistes. «L’enquête a été confiée à l’escouade des crimes majeurs. Ce n’est pas un accident ni un suicide. Je ne peux pas aller plus loin pour l’instant. Des témoins ont été rencontrés et d’autres vont l’être dans les prochaines heures», a mentionné le porte-parole de la SQ, Jean-Tremblay.

Ce dernier n’a pas voulu dire si une arme avait été utilisée pour commettre le meurtre et si la mort avait été violente. La SQ n’écarte pas que parmi les témoins interrogés, il puisse y avoir un suspect. «On ne ferme pas de porte, c’est la poursuite de l’enquête qui nous le dira. Pour l’instant, il est prématuré de spéculer et de donner trop d’informations. Les prochaines heures vont être importantes», a ajouté Jean Tremblay. 

Lundi matin, les enquêteurs ont poursuivi le travail effectué la veille pour essayer de déterminer ce qui a pu se passer dans cette résidence située dans un secteur isolé de Sainte-Hedwidge. Une autopsie sera effectuée sur le corps afin de déterminer la cause et le moment exact de la mort de Norbert Fortin.

Vers 11h, le poste de commandement a quitté la scène de crime pour se rendre au cœur du village. 

Lorsque Le Quotidien a quitté les lieux en fin d’après-midi, personne ne semblait s’être présenté pour donner de l’information aux enquêteurs.

Acquitté d’accusations en 1999

Norbert Fortin a déjà eu affaire à la justice. En 1999, il a été acquitté des accusations qui pesaient contre lui pour voies de fait, menace de mort et séquestration d’un jeune homme de 21 ans. Il avait aussi été accusé de conduite avec les facultés affaiblies. 

Les événements seraient survenus en septembre 1998. Un procès de quatre jours avait eu lieu et le juge Jean-Paul Aubin l’avait acquitté considérant le manque de crédibilité du témoignage de la victime. 

Fortin avait été suspendu de ses fonctions durant la durée des procédures et une enquête interne avait été amorcée.

Il a pris sa retraite peu de temps après son acquittement à l’âge de 46 ans.

La SQ demande l’aide du public et a placé son poste de commandement mobile sur le stationnement de l’église afin d’amasser de l’information des citoyens.

Onde de choc dans le petit village

Norbert Fortin ne semblait pas être très connu à Sainte-Hedwidge. Les personnes rencontrées par Le Quotidien disaient le voir à l’occasion et il ne s’impliquait pas dans les affaires communautaires. Il vivait seul depuis au moins 15 ans dans une maison construite sur la terre familiale. L’ex-policier qui a pris sa retraite en 1999 n’a pas de femme ni d’enfant. Il a travaillé à Roberval, Chibougamau et dans le Nord-du-Québec.

« On ne s’attend pas à ça dans un village de 800 habitants. On le voyait de temps à autre pour des événements spéciaux. Il faisait sa petite vie tranquille. Il avait des chiens. C’était un monsieur qui était plaisant à parler et qui ne semblait pas avoir de problèmes. Je ne peux pas croire que quelqu’un aurait pu lui en vouloir », a témoigné le maire Gilles Toulouse.

« On le croisait à l’occasion, mais on ne le connaissait pas vraiment. Il arrêtait pour jaser. On se parlait de temps en temps. C’est surprenant d’apprendre une nouvelle comme ça. Nous, on n’a rien remarqué de spécial à part les mouvements de voiture de police dimanche. On s’est dit qu’il devait y avoir de quoi de grave, mais un meurtre, c’est surprenant », a mentionné un voisin qui ne tenait pas à être identifié.

Norbert Fortin vivait dans une maison en retrait de la route et les résidences les plus proches se trouvent à environ 400 mètres.

Au dépanneur du village, les commis ne le connaissaient pas. Aux bureaux de la municipalité, les employés mentionnaient l’avoir rencontré à l’occasion. 

Ils assurent qu’il s’agissait d’un homme sans histoire et discret.

Jean Tremblay a indiqué que plusieurs témoins ont été rencontrés, mais aucun suspect n’a été ciblé.
Le maire de Sainte-Hedwidge, Gilles Toulouse, avait de la difficulté à concevoir qu’un meurtre ait eu lieu dans sa paisible localité.