Mélanie Boivin, directrice générale du Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean, voudrait que le milieu du hockey prenne le racisme envers les Autochtones au sérieux.
Mélanie Boivin, directrice générale du Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean, voudrait que le milieu du hockey prenne le racisme envers les Autochtones au sérieux.

Hockeyeuse victime de racisme: «Ça existe encore en 2020 ce genre de situations»

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
La directrice générale du Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean, Mélanie Boivin, trouve déplorable que le racisme envers les Autochtones qui jouent au hockey soit encore bien présent en 2020.

Mélanie Boivin croit qu’il est plus que temps que les choses changent et que le hockey mineur doit profiter de cette situation déplorable afin de redoubler les efforts pour mettre fin au racisme qui sévit encore aujourd’hui et qui fait toujours des victimes chez les hockeyeurs autochtones.

« Je veux mettre en lumière que ça existe encore en 2020 ce genre de situations. Il y aura toujours des gens mal éduqués ou malveillants. Il y a là une belle opportunité de développer une meilleure sensibilisation dans le milieu du hockey. Je veux mentionner que l’estime de soi de nos jeunes adolescents autochtones est fragile. C’est dans cette volonté-là que les acteurs du milieu du hockey devraient prendre ces événements au sérieux. »

Elle rappelle que dans le cas d’Evie-Liane Petiquay, il s’agit d’une jeune victime de 15 ans, en pleine période d’adolescence.

« Les jeunes sont en construction de leur identité et leur fierté culturelle doit être valorisée et protégée. Pour y parvenir, on aimerait que les associations de hockey prennent leurs rôles et responsabilités au sérieux afin d’offrir des politiques et mesures disciplinaires adéquates pour que cessent ces types d’événements. »

Elle se questionne aussi à savoir si « dans une situation comme ça, est-ce que la ligue de hockey pourrait développer une espèce de politique d’intégration ? Peut-être que la ligue en a une, mais peut-être faudrait-il la mettre à jour ? »

Les conséquences peuvent être lourdes à porter pour cette jeunesse en quête d’identité. Elle parle même de traumatisme qui laisse des traces difficiles à effacer. « Quand cela arrive, il faut travailler avec les adolescents pour reconstruire tout ce qui a été brisé et bousculé dans leur fierté culturelle. On s’attend à ce que ces individus-là soient réprimandés à la hauteur de la blessure qu’ils causent chez nos jeunes. »

Réflexion

Le fait que ça soit un adolescent qui aurait dit ces paroles haineuses à l’endroit d’Evie-Liane l’étonne-t-elle ? (N.D.L.R. « Je vais te violer comme dans le temps des pensionnats. »)

« Ils ont la connaissance, mais ils n’ont pas la conscience et la sensibilité à l’égard des traumatismes et de l’impact que cela peut avoir sur les Autochtones. Ce sont des impacts intergénérationnels. Encore aujourd’hui, nos jeunes sont sensibles parce qu’ils n’ont pas eu des parents aussi forts que ceux de la société québécoise qui n’ont pas été mis dans les pensionnats. »