L’ancien conseil municipal a réalisé des travaux, dont du pavage et du développement domiciliaire, sans avoir suffisamment de fonds, estime le nouveau maire, François Claveau.

«Hémorragie» financière à Saint-Bruno

Saint-Bruno se trouve en mauvaise santé financière. Trois mois après son arrivée à la tête de la municipalité, le maire François Claveau sonne l’alarme.

« La maison est hypothéquée. On est sur la carte de crédit. Et on paye juste le minimum dû. C’est ça, la situation à Saint-Bruno », répond d’emblée celui qui a défait Réjean Bouchard aux dernières élections municipales. 

Dans une lettre envoyée aux Brunois, le nouveau maire qualifie la situation « d’hémorragie ». Il dénonce la dette de 26 millions $, dont 18 millions $ directement à la charge des contribuables, et des travaux réalisés de 2,2 millions $ qui ne sont toujours pas payés. Une lettre qui vient « justifier » la récente augmentation des taxes qui survient en année de nouveau rôle d’évaluation. La hausse du compte de taxes pour une résidence moyenne frôle les 8 %, selon les données fournies par M. Claveau. 

« Les investissements municipaux des dernières années, notamment en matière de développement domiciliaire, acquisition, construction et rénovation d’immeubles, ont hypothéqué les liquidités de la municipalité depuis plus de cinq ans. Il est malheureusement temps de passer à la caisse. Nous sommes conscients de l’effort que nous vous imposons d’autant plus important avec le dépôt d’un nouveau rôle d’évaluation », peut-on lire dans la lettre envoyée à tous les Brunois et dont Le Quotidien a obtenu copie.

Dans le document, on apprend que plus du tiers du budget est dédié au remboursement de la dette. Une situation inconcevable, selon le maire, qui ne croyait pas que les finances de la municipalité étaient dans cet état lorsqu’il s’est présenté aux élections. M. Claveau, précisons-le, a déposé sa candidature à la mairie quelques minutes avant la fin de la période de mise en candidature. 

« Ce n’est pas normal que 32 % du budget serve à payer la dette. On est une municipalité de moins de 3000 personnes avec une dette de 26 millions $. C’est démesuré », plaide le maire.

Ce dernier ne parle cependant pas de dépenses réalisées de mauvaise foi. L’ancien conseil aurait cependant dû se montrer plus patient, croit M. Claveau. 

« Il y a eu des travaux qu’on n’avait pas les moyens de payer tout de suite, comme du pavage et le développement de quartiers. On aurait dû attendre un peu avant d’aller de l’avant. »

Souffleur à neige

Une dépense qui a suscité des réactions dans la municipalité est l’achat d’un souffleur à neige fabriqué sur mesure. L’ancien conseil a acheté l’équipement pour la somme de 100 000 $, mais la municipalité ne peut l’opérer. Elle doit acheter une autre machinerie au coût de 75 000 $ pour l’utiliser. En attendant, le souffleur sera remisé dans un garage de la ville. 

« On doit regarder pour l’achat ou la location d’une machinerie supplémentaire. Mais ça va aller à l’hiver prochain. Pour cet hiver, il est un peu tard », laisse tomber M. Claveau. Le souffleur a été payé, mais il n’est toujours pas livré, confirme le maire. Étant donné que c’est une commande spéciale, la localité ne peut annuler cet achat.