Lors de la présentation de son dernier budget, le maire Jean Tremblay a mentionné que la charge fiscale moyenne la plus basse parmi les grandes villes est ce dont il est le plus fier.

Hausse du compte de taxes de 3,8 % à Saguenay

Pour la dernière présentation d'un budget à la tête de Saguenay, le maire Jean Tremblay a annoncé une hausse moyenne du compte de taxes de 3,8% pour l'exercice 2017. Il s'agit d'une augmentation de 92$ de la facture pour une résidence évaluée à 206 913$. Les citoyens de Lac-Kénogami écopent le plus avec une hausse de 152$, soit 5,7%.
Lors de la dernière séance, le conseil de Saguenay a adopté à la majorité un budget équilibré de 324,9 M$, en progression de 3,6% comparativement à 2016 (313,7 M$).
Selon les données fournies, l'augmentation de 1,9% du fardeau fiscal est reliée à l'évaluation foncière pour la maison moyenne tandis que la tarification harmonisée pour l'ensemble des ex-villes représente une hausse de 45$ pour les trois services d'aqueduc, égout et matières résiduelles, en progression de 15$ chacun.
Le taux de taxation résidentiel du 100$ d'évaluation variera entre 1$ et 1,02$ selon les secteurs tandis que les commerçants connaîtront une augmentation de cinq ou six cents pour varier autour de 3,06$ du 100$. Le fardeau fiscal industriel augmente également entre sept cents pour l'arrondissement de Jonquière jusqu'à 16 cents pour Laterrière pour s'établir 3,64$ dans ce dernier cas. La hausse moyenne est de 1,9%.
Revenus
Pour le prochain exercice, la Ville pourra compter sur des revenus provenant de la taxe foncière, pour un total de 190,8 M$, en hausse de 5,2 M$ comparativement à 2016, tandis que les revenus provenant de la tarification des services totaliseront 33,7 M$ en progression de 3,5 M$. Les compensations tenant lieu de taxes (20,9 M$), les revenus de transfert (11,8 M$), services rendus (54,2 M$) et autres revenus (13,2 M$) comblent la colonne des revenus.
Dépenses
Dans la colonne des dépenses, Saguenay planifie une hausse de près de 7% de ses frais d'administration générale pour s'établir à 51,2 M$, en progression de 3,3 M$, tandis que les deniers consacrés au transport et l'hygiène du milieu augmentent de près de 2 M$ pour s'établir respectivement à 34,8 M$ et 28,8 M$. Les autres items en progression importante sont reliés au Service des immeubles et équipements motorisés en progression d'un peu plus de 1 M$. 
Dette 
En ce qui a trait à la dette consolidée, elle devrait s'établir à la fin de l'exercice à 400,6 M$, en progression comparativement aux 355,3 M$ annoncés en 2016. Le service de la dette représente 17% du budget en 2017. Cette année, Saguenay consacrera 48,6 M$ à son remboursement, en hausse de 1 M$ basé sur un plan triennal de 30 M$ d'emprunt en 2017. Pour chaque dollar perçu par la Ville, 21 cents sont consacrés aux frais de financement et de remboursement de la dette à long terme.
Plan triennal
En ce qui a trait au plan triennal, le conseil a adopté une enveloppe de 51,7 M$ pour la prochaine année électorale, dont 38,9 M$ à la charge de Saguenay. Du total, 34,8 M$ seront financés à long terme. L'entretien du réseau routier et les travaux d'aqueduc et d'égout connaissent une hausse importante de 1,8 M$ et de 2,1 M$ respectivement.
Le sentiment du devoir accompli
Pour la dernière présentation du budget municipal à titre de maire de Saguenay, Jean Tremblay a le sentiment du devoir accompli envers ses concitoyens. Il leur lègue une charge fiscale moyenne de 539$ moins élevée que les autres villes de même importance, un avis qu'est loin de partager la chef de l'Équipe du renouveau démocratique (ERD), Josée Néron.
Lors d'une brève entrevue accordée après la séance du conseil, M. Tremblay affirme qu'en vingt ans de carrière politique, il s'agit de la réalisation qui lui tient le plus à coeur. Il a mentionné que si son administration expédiait un compte de taxes de 539$ de plus, Saguenay ne serait que dans la moyenne des autres grandes villes du Québec.
La chef de l'ERD estime au contraire que l'administration du maire Tremblay est en train de laisser une dette colossale de 400 M$ aux générations futures. «On constate aujourd'hui dans les documents que l'endettement global n'a pas été publicisé dans les documents qui ont été remis. On place sur la dette des dépenses de fonctionnement. On est en train de berner la population avec ce qu'on a accumulé comme retard. On aura l'obligation de voir une autre taxation apparaître.»
Comme elle le fait régulièrement, Mme Néron a justifié son refus d'entériner l'adoption du budget 2017 en déplorant que sa préparation ait été effectuée sans transparence, en vase clos, sans impliquer les élus présents autour de la table qui auraient pu contribuer à développer un axe de développement pour la ville.
L'autre représentante de l'ERD, Christine Boivin, a voté pour l'adoption du budget, une position qui ne froisse pas sa chef puisque l'important est de faire partie d'une même équipe partageant les mêmes valeurs.
Quant à la conseillère Julie Dufour, cette dernière a justifié son refus d'entériner le budget en mentionnant qu'elle était contre le principe d'adopter un document qu'elle n'a pas pu voir à l'avance.