La mairesse de Saguenay, Josée Néron, et le président de la Commission des finances, Michel Potvin, ont présenté les grands points du budget aux journalistes lors d’un huis clos qui s’est déroulé en matinée mercredi.

Hausse des taxes de 4,1%

La nouvelle mairesse de Saguenay, Josée Néron, a présenté mercredi un premier budget qu’elle annonce comme « prudent et conservateur ». La hausse moyenne du compte de taxes s’établira à 4,1 % en 2018, une hausse comparable à 2017, alors que le dernier exercice réalisé par l’ancien maire Jean Tremblay avait présenté une augmentation de 3,8 %.

Le budget adopté à l’unanimité en séance du conseil mercredi midi comprend des dépenses de 339 M $, soit un ajout de 14,1 M $ par rapport à l’an dernier. Il s’agit d’une augmentation des dépenses de 4,4 %.

Pour équilibrer les dépenses, la taxe foncière a été majorée de 2,9 %. Saguenay augmente également la tarification de 10 $ chacun pour les services d’eau, d’égout et des matières résiduelles. Ces deux items combinés amènent l’augmentation totale à 4,1 %, ce qui représente 102 $ de plus pour une maison moyenne de 206 913 $, pour un total de 2601 $. La hausse la plus importante se fera sentir à Laterrière avec 116 $ de plus, contre 91 $ de plus à Shipshaw à l’autre bout du spectre. Le taux de taxation sera presque uniforme à environ 1,04 $ par 100 $ d’évaluation. Lors d’un huis clos tenu avec les journalistes avant le dépôt, la mairesse s’est limitée à dire que le compte de taxes des Saguenéens se situait dans la moyenne au Québec, ne voulant pas s’embarquer dans une comparaison annuelle qui était la marque de commerce de son prédécesseur.

Toutefois, Mme Néron a reconnu que la hausse de la taxe foncière était supérieure d’environ 1 % à ce qu’elle avait annoncé en campagne (1,9 %), à savoir qu’elle suivrait de plus près la hausse de l’inflation.

En point de presse après l’adoption du budget, Mme Néron a expliqué que son administration avait étudié l’option de hausser le coût des services de 20 $ chacun, plutôt que 10 $ comme il a finalement été voté. Ce sera donc 150 $ par service. « Ceux qui sont moins bien nantis vont avoir un effet moins important », a-t-elle expliqué. Ainsi, en augmentant la taxe foncière, le montant additionnel payé augmente en fonction de l’évaluation plutôt que d’être fixe par la taxation.

Du côté des commerces et des industries, la majoration s’établira à 1,9 %. « On veut envoyer un message clair à l’industrie qu’on ne taxera pas les emplois », a-t-elle émis. Le taux commercial oscillera entre 3,05 $ et 3,14 $. Quant au taux industriel, il sera 4,03 $ ou 4,04 $ pour toute la ville, sauf à Laterrière avec 3,82 $. Le but, selon Josée Néron, est d’être plus concurrentiel face aux autres municipalités.

Les dépenses analysées

N’étant en place que depuis quelques semaines, Josée Néron a présenté ce premier budget en ayant en tête que les dépenses seront analysées tout au cours de l’année. Elle a aussi tenu à indiquer que ce ne sont pas nécessairement tous les montants votés qui seront dépensés au cours de la prochaine année. Un poste budgétaire de 3,4 M $ est d’ailleurs inclus dans cette philosophie, constitué de dépenses compressibles, dont un effort budgétaire de 500 000 $ de la part des conseillers et de la mairie.

Tel que présenté lors de la séance du conseil précédente, Saguenay a créé deux réserves additionnelles. « Pour Hydro-Jonquière, c’est une réserve qui va nous obliger à mettre 500 000 $ de côté jusqu’à concurrence de 2,5 M $ », a chiffré la mairesse. L’autre réserve qui pourra atteindre 5 M $ servira à la réfection urgente d’infrastructures désuètes. Ces deux réserves seront réévaluées après cinq ans.

Revenus

Saguenay bénéficiera de revenus additionnels venant de la taxation foncière à hauteur de 7,2 M $. Selon Michel Potvin, les 198 M $ totaux proviennent à 55 % des citoyens et à 45 % des commerces et industries. « Mais on a seulement 780 000 $ de revenus additionnels qui proviennent de nouvelles bâtisses ou de rénovations. À Sherbrooke, c’est 10 M $ et Gatineau 30 M $ », a-t-il soutenu.

Michel Potvin a également mentionné qu’Hydro-Jonquière fournissait environ 10 M $ en revenus par année, avec notamment la contribution de la centrale Chute-Garneau. « Ça, c’est un bon coup », a-t-il admis.

Sécurité publique: augmentation marquée des coûts

Du côté des dépenses qui ont augmenté le plus, le directeur de la Commission des finances, Michel Potvin, a pointé la Sécurité publique (policiers et pompiers). Ce poste budgétaire a grimpé d’environ 3 M $ en un an, passant de 44,7 M $ à 47,7 M $. 

« À la Sécurité publique, il y a huit postes temporaires (de policiers) qui sont devenus permanents », a noté le conseiller, qui était présent également au huis clos avec les journalistes. Il a ajouté que huit nouvelles personnes étaient venues remplacer les temporaires devenus permanents.

Le budget du déneigement a été majoré de 1 M $ et l’entretien des rues de 500 000 $.

Quant au remboursement de la dette à long terme, il est passé de 48,6 M $ à 50,6 M $. La dette continuera d’ailleurs à gonfler l’an prochain à 468,7 M $, alors qu’elle s’établissait à 429 M $ en 2017. « On est presque rendu à un demi-milliard de dettes », a souligné Michel Potvin. Ce dernier calcule que sur ce montant, un montant d’environ 150 M $ provient d’une mauvaise manière de procéder de l’ancienne administration qui empruntait à hauteur de 12 à 15 M $ par année pour boucler le budget annuel.

Les subventions revues

Toujours en ce qui a trait aux dépenses, la façon d’attribuer des subventions va grandement changer. « Il pouvait y avoir cinq sources de financement différentes pour un même projet », a-t-il détaillé. Il a ainsi énuméré que des organismes pouvaient obtenir des sommes de l’exécutif, du conseil de ville, des arrondissements, de Promotion Saguenay ou encore des budgets discrétionnaires, dont un important appartenant au maire. 

Saguenay a d’ailleurs retiré 1,1 M $ à Promotion Saguenay, estimant que ce montant correspondait aux subventions données par l’organisme de développement économique. 

Cependant, autant Josée Néron que Michel Potvin ont voulu rassurer les organismes. Ceux qui comptent sur Saguenay pour une très grande partie de leur budget devront toutefois bien le justifier. 

Une grille uniforme standard sera dorénavant appliquée à toutes les demandes, alors qu’une certaine part d’arbitraire semblait exister dans certains cas. « Mais il ne faut pas tuer le patient quand on va couper. Les organismes financés à 75 %, c’est sûrement trop. Mais on va être très prudents », a continué M. Potvin.

La principale dépense de projet sera la réfection de 40 km de routes avec 15 M $, tel que promis par l’ERD en campagne. Au total, le plan triennal d’immobilisation prévoit des investissements de 56,2 M $ en 2018, 36,1 M $ en 2019 et 33,2 M $ en 2020.

D’ailleurs, les projets demandant une large participation financière de Saguenay se feront beaucoup plus rares, s’il n’y a pas de financement important du côté d’Ottawa et de Québec. « Ça va prendre des projets très bien structurés. À Saguenay, on a fait des projets financés à 100 % par Saguenay comme la Place du citoyen. Dorénavant, un projet de 30 M $ où Saguenay paie 25 M $, c’est fini », a-t-il averti.

Fosses septiques

Saguenay n’offrira plus de service de vidange de fosses septiques aux citoyens. « On nous a dit qu’on n’était pas concurrentiels. On maintient le service pour 2018. Mais en 2019, on va permettre aux citoyens de négocier eux-mêmes », a commenté la mairesse. La Ville lancera quand même un appel d’offres pour offrir ce service à ceux qui le désirent.

Un budget en collaboration

Contrairement aux conseils précédents, le budget a été préparé en collaboration avec tous les élus, qui pour plusieurs voyaient le budget pour la première fois tout juste avant son adoption. Les conseillers ont été rencontrés par la mairesse durant trois jours, dans le cadre de ce qu’on appelle communément un « lac-à-l’épaule ». Le budget a également été discuté lors de la séance plénière qui s’est déroulée en compagnie de tous les conseillers avant l’assemblée publique. 

Le conseiller Marc Pettersen a même félicité publiquement la mairesse pour sa façon de procéder. « Ça fait huit ans que je suis élu et c’est la première fois que je fais un budget en collaboration », a souligné le représentant de Chicoutimi-Nord. Environ une douzaine de citoyens ont assisté à la rencontre. Le prochain conseil de ville se déroulera à Jonquière le 15 janvier à 19 h, soit la nouvelle heure des assemblées publiques.