La salle était encore bondée de citoyens, mardi, lors de la séance du conseil de Saguenay.

Hausse des salaires: le conseil refuse de plier

« Vous savez, lorsqu’un maire veut exercer un contrôle sur ses conseillers, il ne les paie pas. » La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a encore eu à défendre la hausse du salaire des conseillers, lundi soir, devant la grogne des citoyens, qui ne digèrent tout simplement pas cette augmentation.

Ils étaient nombreux, lundi soir, à s’être déplacés à l’hôtel de ville de Saguenay. La salle du conseil était bondée et la file de citoyens devant le micro s’étirait jusqu’à la porte. La séance s’est d’ailleurs prolongée, en raison du nombre d’interventions. Et c’est encore une fois les hausses du salaire des élus et du compte de taxes qui sont revenues sur le tapis à plusieurs reprises.

Josée Néron a tenu à préciser que cette hausse était semblable à ce qui se faisait dans d’autres villes du Québec et a lancé une flèche à l’endroit de l’ancien maire de Saguenay, Jean Tremblay, laissant entendre que les conseillers n’étaient jadis pas assez bien payés pour leur travail.

La mairesse a ajouté qu’auparavant, les maires qui quittaient leur poste avaient droit à deux primes (une prime de départ et une prime de relocalisation), mais qu’elle avait tenu à renoncer à l’une des deux primes.

Ces explications n’ont toutefois pas semblé plaire aux gens présents.

Geneviève Chrétien-Belley, une citoyenne de Lac-Kénogami instigatrice de la pétition contre la hausse du taux de taxes, a d’ailleurs affirmé qu’elle retenait une vague de mécontentement de la part de ses concitoyens et que les conseillers se devaient de faire quelque chose.

« Ce qui me dérange, lorsque les citoyens ne sont pas d’accord avec quelque chose, c’est que le réflexe des élus est de nous dire qu’on n’a pas compris », a ajouté le citoyen Mario Leone.

Le conseiller Kevin Armstrong a répondu qu’il entendait la grogne des citoyens, mais que « le débat était cristallisé autour d’un pourcentage qui n’est pas exact ».

Josée Néron a soutenu que la hausse du salaire des élus était semblable à ce qui se faisait dans d’autres villes du Québec.

« Vous entendez peut-être la grogne, mais vous ne l’écoutez pas », a ajouté M. Leone.

« Vos décisions me coûtent cher »

« J’ai voté pour vous. Je suis un citoyen de Laterrière et mon compte de taxes a augmenté de 400 $. Mais ce n’est pas tout. Vous aviez promis que vous ne toucheriez pas aux organismes qui viennent en aide aux plus démunis. Pourtant, vous avez coupé la subvention de 50 % de l’École nationale d’apprentissage par la marionnette (ÉNAM). En plus de la hausse de mon compte de taxes, moi et mon collègue, nous avons décidé de donner cinq heures de plus bénévolement par semaine pour continuer à offrir adéquatement les services à l’ÉNAM. Alors, oui, vos décisions me coûtent très cher », a partagé le fondateur de l’ÉNAM, Richard Bouchard, lorsqu’il s’est présenté au micro, lors de la période de questions.

Un autre citoyen a offert ses solutions pour diminuer les dépenses de la Ville, notamment en sabrant les subventions aux événements, dont le Spectacle aérien international de Bagotville. La Ville octroie 300 000 $ par édition – l’événement a lieu tous les deux ans. « J’ai travaillé 10 ans à la Base militaire. Elle n’a pas besoin de cet argent pour organiser son spectacle. Je viens de vous faire économiser 300 000 $. J’en ai plein, des idées comme ça », a affirmé le citoyen.

La mairesse Josée Néron a répondu que les subventions aux événements étaient d’ailleurs en cours d’analyse.

Le conseiller Simon-Olivier Côté a de son côté invité le citoyen à envoyer une liste de ses idées.

En fin de séance, un citoyen de Shipshaw a remis une pétition de 500 noms concernant l’insatisfaction quant au taux de taxation.

Des excuses pour Pettersen

Un citoyen a demandé au conseiller Marc Pettersen de s’excuser publiquement concernant ses propos tenus à l’endroit des conseillers de Jonquière et publiés récemment. M. Pettersen a affirmé qu’il n’avait rien contre les conseillers de Jonquière, mais qu’il avait l’habitude de dire ce qu’il pensait. L’intervention du citoyen a été interrompue, puisque les autres citoyens voulaient eux aussi avoir leur droit de parole.