L’Association nationale des constructeurs de maisons est un des fidèles alliés de l’industrie canadienne des produits forestiers, estime Robert Dietz, l’économiste en chef de la NAHB.

Hausse des prix du bois en 2019

Selon Robert Dietz, l’économiste en chef de l’Association nationale des constructeurs de maisons (National Association of Home Builders - NAHB), la demande fera augmenter les prix du bois, au cours des prochains mois.

Après avoir atteint un sommet en juin 2018, les prix du bois ont chuté drastiquement, vers la fin de l’année, lorsque les taux d’intérêt ont atteint 5 %, a expliqué Robert Dietz, lors du Congrès de Montréal sur le bois. « La hausse des taux d’intérêt a fait diminuer la demande pour la construction de nouvelles maisons », a-t-il dit.

Alors que les taux d’intérêt à long terme se situent désormais aux alentours de 4,5 %, la croissance de la construction pour les maisons résidentielles demeurera faible, à 1,5 %. Ainsi, 900 000 maisons unifamiliales devraient être construites en 2019 aux États-Unis alors que les besoins réels se chiffrent plutôt à 1,2 million d’unités, ajoute ce dernier.

Pour éviter que la situation ne se dégrade davantage, Robert Dietz estime que la Réserve fédérale américaine sera moins agressive, en prenant une pause sur la hausse des taux d’intérêt. D’ici la fin de l’année, l’économiste s’attend toutefois à une légère hausse en ajoutant que les taux à long terme devraient plafonner à 5 % en 2019.

Robert Dietz estime que la Réserve fédérale américaine sera moins agressive en 2019.

Ce dernier croit que la hausse du niveau de dettes des étudiants américains (239 %) ainsi que la hausse de la dette personnelle sont des explications menant à une faible croissance de la construction. « Les jeunes restent chez leurs parents beaucoup plus longtemps qu’avant », dit-il. Aujourd’hui, un jeune de 25 à 34 ans sur cinq vit encore chez ses parents, soit le double d’il y a 20 ans.

Le vieillissement de la population explique en partie la faible demande. Cette situation fait aussi en sorte que le marché de l’emploi est très serré, avec un taux de chômage sous les 4 %. « Il y a 300 000 emplois à combler dans l’industrie de la construction aux États-Unis », remarque Robert Dietz, ce qui crée un énorme manque de main-d’œuvre et de productivité.

Près de 60 % du bois d’œuvre québécois est exporté aux États-Unis.

Des alliés américains

L’Association nationale des constructeurs de maisons est un des fidèles alliés de l’industrie canadienne des produits forestiers, a tenu à rappeler Robert Dietz, son économiste en chef. « Nous nous battons constamment pour le libre marché », a-t-il soutenu, en mentionnant que son organisation a réussi à obtenir 120 signatures des membres du Congrès pour faire la promotion de cette idée.

Toutefois, il admet que le gouvernement américain n’est pas le plus fervent défenseur du libre marché et il estime qu’il faudrait compter quatre à cinq ans avant le règlement de ce litige et de l’abolition des tarifs, soit le même délai que lors des conflits précédents.

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FABRIQUER EN USINE POUR ACCROÎTRE LA PRODUCTIVITÉ

« Si vous aviez le choix d’acheter une BMW en pièces pour la faire construire dans votre garage ou encore de la faire construire en usine, que choisiriez-vous ? », a lancé Gerard McCaughey pour faire une analogie avec la construction de maisons.

Alors que la productivité moyenne de toutes les industries a crû depuis 1993, le secteur de la construction est resté au beau fixe. Selon Gerard McCaughey, propriétaire d’Entekra en Californie, une entreprise qui fabrique des maisons préusinées, cette situation n’est pas normale et elle est causée par un procédé de fabrication inefficace.

« Si le procédé de fabrication des maisons est restreint par le manque de main-d’œuvre, que vous ne pouvez pas changer, vous devriez travailler sur le procédé de fabrication des maisons », dit-il.

La solution ? Construire les maisons en usine, car la technologie permet de bâtir des maisons plus rapidement et de manière plus précise en usine que sur un chantier de construction. « Si vous aviez le choix d’acheter une BMW en pièces pour la faire construire dans votre garage ou encore de la faire construire en usine, que choisiriez-vous ? », a-t-il lancé à l’auditoire pour faire une analogie.

Alors que l’on retrouve du bois de qualité douteuse sur les chantiers, son entreprise, Entekra, n’utilise que du bois premium, ajoute-t-il. En utilisant des logiciels performants, il est possible d’obtenir une précision au millimètre près et de connaître le nombre exact de clous qui seront nécessaires pour construire la maison, avant même de la construire. Et la durée de construction chute drastiquement, car il faut seulement une journée pour préparer la maison en usine et quatre jours pour monter la structure sur le chantier, dit-il. « Il faut compter au moins 15 jours pour faire le même travail avec les méthodes traditionnelles. »

De plus courts délais permettent aussi de mieux prévoir le travail des autres corps de métiers, comme la venue des plombiers et électriciens. Au final, il évalue que l’on peut compter 30 jours en moins pour bâtir une maison similaire. Sans compter que les déchets sont virtuellement éliminés des chantiers avec une telle méthode de construction. 

Selon Robert Dietz, de la NAHB, à peine 4 % des maisons sont préusinées aux États-Unis et ce secteur est voué à croître au cours des prochaines années, car ce procédé de fabrication permet de fabriquer des maisons à plus faible coût. « Je ne serais pas surpris que la proportion des maisons préusinées atteigne 10 % d’ici cinq ans », dit-il. 

Et Gerard McCaughey compte bien profiter de cette tendance, car Entekra construira une nouvelle usine de 200 000 pieds carrés presque complètement automatisée, à Modesto, en Californie, qui sera en mesure de construire 10 maisons de 2500 pieds carrés par jour.