La chirurgie des parties intimes gagne en popularité au Saguenay-Lac-Saint-Jean, surtout depuis 2015.

Hausse des chirurgies intimes dans la région

Après l'augmentation ou la réduction mammaire, l'abdominoplastie et la liposuccion, la chirurgie des parties intimes gagne en popularité au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à demander une intervention chirurgicale esthétique de leur appareil génital. Il en est de même pour la gent masculine. Et presque tout est possible.
Plasticien, le Dr David Boudana remarque que le phénomène prend de l'ampleur depuis près de deux ans. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il est l'un des seuls à offrir une gamme d'interventions plutôt taboues, mais pourtant demandées. Après s'être développée dans les grandes villes au début des années 2010, voilà que la chirurgie intime prend de l'ampleur.
«Ça gêne beaucoup. Ce n'est pas comme se refaire faire le ventre ou les seins, mais il y a vraiment une demande. Ç'a accéléré depuis 2015. Il y a plusieurs types de chirurgies possibles et les demandes sont toutes différentes chez les patientes», mentionne le chirurgien.
Tant sur le plan de l'esthétique que le plaisir sexuel, les femmes qui consultent le Dr Boudana pour faire retoucher leur appareil génital sont âgées de 18 à 50 ans et plus. La majorité des interventions se réalisent sous anesthésie locale.
L'augmentation du point G est une méthode possible qui fut inventée par un chirurgien esthétique de Beverly Hills, le Dr David Matlock. Elle consiste à injecter de l'acide hyaluronique dans les parois intérieures du vagin. «Cette technique n'a pas fait scientifiquement preuve de son efficacité et son effet dure environ quatre mois. Est-ce que nous traitons plus le côté psychologique ou la composante physique? C'est difficile à dire. Dans la littérature médicale, l'existence du point G est très controversée, explique le médecin.
«Le traitement du plaisir est toujours incertain», précise-t-il. Ce dernier est aussi contacté pour des dames dont le manchon clitoridien est trop développé. Une résection de la muqueuse est alors possible.
Sur le plan esthétique, le traitement des voies génitales est aussi réclamé par les Jeannoises et les Saguenéennes. «Dans mes consultations pour les chirurgies intimes, la question de l'esthétique représente 90% des demandes. Avec la popularité de la pornographie et la mode de l'épilation intégrale, les femmes sont plus conscientes de l'aspect esthétique de leur anatomie. Leur premier souhait est la réduction des petites lèvres. Il existe plusieurs méthodes pour avoir un résultat symétrique, beau et harmonieux. Techniquement, ce ne sont pas des interventions difficiles, mais ça prend une formation spécifique et de l'entraînement pour offrir ce genre de chirurgie.»
La taille des grandes lèvres préoccupe aussi les patientes. Il est possible de retirer un excès de peau ou de redonner du volume à cette partie du corps par l'injection de graisse qui est préalablement prélevée ailleurs. Une combinaison des deux techniques peut également être réalisée. «J'ai vu quelques patientes très jeunes avec une atrophie des grandes lèvres. Elles n'aimaient pas l'aspect esthétique de leur région génitale. Au final, il n'existe pas d'anatomie dite normale dans cette région. Nous pouvons cependant identifier des imperfections inesthétiques à corriger et le proposer aux dames.»
La vaginoplastie est une chirurgie qui consiste à redonner un vagin plus étroit. Celle-ci nécessite une formation pointue. «Parfois, après l'accouchement, les femmes veulent retrouver l'étroitesse de leur orifice vaginal. L'opération nécessite un entraînement et une formation particulière. J'ai pas mal de demandes et je suis en cours de formation. Il y a plusieurs types de vaginoplastie. On peut faire du comblement avec de la graisse ou effectuer une chirurgie sur les muscles pour retendre le vagin.»
Le Dr David Boudana a réalisé l'hyménoplastie à quelques occasions. Le but de l'intervention est de recoudre les fragments de l'hymen qui ont été déchirés après un premier rapport sexuel de manière à recréer une virginité. «Cette chirurgie est très controversée. En tant que plasticien, j'essaie de ne pas juger. Si j'ai une patiente bien dans sa tête, c'est une chose que je peux faire. Elle est surtout réalisée pour des raisons religieuses. Par exemple, des patientes de confession musulmane pour lesquelles il est important de "paraître anatomiquement" vierge avant le mariage en font la demande», pointe le médecin.
Le Dr David Boudana remarque une recrudescence de la chirurgie intime chez l'homme et la femme.
Chirurgie du pénis
Chez les hommes, l'allongement et l'élargissement du pénis est aussi un phénomène de plus en plus couru. La demande est en émergence.
Il est possible de gagner près de deux centimètres sur la longueur en sectionnant un ligament à la base du pénis. «Ça peut se faire sur anesthésie locale ou générale. Nous allons couper un petit ligament qui s'insère sur le pubis et ça va relâcher les corps caverneux. On peut aussi injecter de la graisse à plusieurs endroits pour augmenter l'épaisseur de la verge. Cette intervention se fait en plusieurs étapes. Nous utilisons de la graisse prélevée ailleurs sur le corps pour la réinjecter au cours de la même séance opératoire», affirme le spécialiste.
La liposuccion du pubis est aussi effectuée chez les hommes qui ont un surplus de poids. Le retrait de graisse dans cette zone permet de dégager le membre, donnant ainsi un aspect visuel plus adéquat.
«C'est la mode et ça ne va pas s'arrêter. Avec la démocratisation de la pornographie, les magazines de mode où le corps de la femme est de plus en plus exposé, on a une société qui tend à chercher la perfection. Même des femmes qui n'ont aucun défaut anatomique vont se chercher des choses à corriger. Pour nous, c'est assez difficile. Une grosse portion de nos consultations consiste à analyser l'aspect psychologique des patients», conclut David Boudana.