Le gouvernement Couillard dit avoir « réglé sa dette » envers les omnipraticiens en leur accordant une augmentation de rémunération de 14,7 pour cent d’ici 2023.

Hausse de rémunération de 14,7 % d’ici 2023 accordée aux médecins

Le gouvernement Couillard dit avoir « réglé sa dette » envers les omnipraticiens en leur accordant une augmentation de rémunération de 14,7 % d’ici 2023.

À cette augmentation totalisant 340 millions $ s’ajoutent au moins 635 millions $ en sommes non récurrentes qui seront versées aux médecins.

Le gouvernement a choisi de respecter des accords passés, qui prévoyaient des hausses, mais qui ont été reportées et étalées dans le temps.

« Aujourd’hui ce que l’on dit, c’est qu’on va prendre tout ça, ces arrérages-là, et on va les payer », a déclaré le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, lors d’une conférence de presse, vendredi, à la clinique Saint-Louis de Québec.

Il affirme avoir maintenant toute la « marge de manœuvre » nécessaire pour le faire.

« Ce qui est historique, c’est que le gouvernement dit : “On ne va plus pelleter par en avant”. (...) Les comptes seront à zéro. »

L’entente de principe intervenue en août entre Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ) a donc été ratifiée par 96 % des membres. Le taux de participation a été de 60 %.

Le salaire moyen d’un médecin de famille est de 245 000 $, tandis que les spécialistes gagnent en moyenne plus de 400 000 $ par an.

Une étude indépendante de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) devra par ailleurs déterminer s’il existe un écart de salaire entre les omnipraticiens québécois et ceux de l’Ontario.

La loi canadienne sur la santé oblige les provinces à consentir aux médecins des salaires qui sont compétitifs.

Si M. Moreau est d’avis que le rattrapage avec l’Ontario a bel et bien été complété, le président de la FMOQ, le docteur Louis Godin, lui, maintient que l’écart actuel se situe quelque part entre 15 et 20 %.

« On verra le résultat de l’étude, a-t-il dit. Si l’étude démontrait que l’écart est comblé, parfait, l’écart est comblé, et on sera très heureux de cette situation-là. »

Les conclusions de l’ICIS ne seront pas contraignantes pour le gouvernement. Il reviendra à un arbitre de trancher un éventuel litige.

Entre-temps, le docteur Godin affirme que les médecins sont en voie d’atteindre les cibles fixées par le gouvernement en ce qui concerne la prise en charge de patients.

La FMOQ s’était engagée à ce que 85 % de la population québécoise ait un médecin de famille d’ici le 31 décembre 2017. En date du 15 septembre, 77,5 % des Québécois étaient inscrits auprès d’un médecin.

« Est-ce que cette entente sur la rémunération va favoriser (la prise en charge des patients) ? Une chose est sûre, c’est qu’on ne pourra pas dire que le climat actuellement des échanges que l’on a eus pour cette entente-là avec le gouvernement du Québec a été difficile et qu’on en sort insatisfait », a dit le docteur Godin.

La porte-parole péquiste en matière de santé, la députée Diane Lamarre, n’en démord pas : le gouvernement Couillard travaille pour les médecins et non pour les patients. Elle dénonce que l’entente Québec-FMOQ n’ait pas été rendue publique.

« Comme l’entente est secrète, il est impossible de savoir à quels services supplémentaires le public aura droit en échange. En fait, on ne sait même pas s’il y aura quelque garantie de services supplémentaires que ce soit », a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Même son de cloche du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ). « Des milliers de Québécois n’ont pas accès à un médecin de famille, nos salles d’urgence débordent, et le gouvernement libéral donne de nouvelles augmentations de salaire aux médecins », s’est insurgé le député caquiste François Paradis.

En 2015, la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, s’était penchée sur les ententes de rémunération 2010-2015 signées entre le gouvernement et les fédérations des médecins.

Elle concluait que ces ententes, qui ont permis aux médecins de hausser leur rémunération de près de 60 % en six ans, ou de 2,6 milliards $, ont entraîné un dépassement de plus 800 millions $.