­Le prix du bois d’oeuvre connaît une remontée en raison des feux de forêt qui sévissent en Colombie-Britannique ­

Hausse de prix du bois d'oeuvre liée aux feux

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les feux de forêt qui font présentement rage en Colombie-Britannique causent une hausse des prix du bois d’œuvre et provoquent une hausse des actions des compagnies forestières.

Vendredi dernier, le gouvernement de la Colombie-Britannique avait indiqué qu’environ 443 000 hectares avaient été affectés par les feux de forêt. Ces incendies limitent grandement la possibilité de récolte dans la province canadienne la plus à l’ouest.

Pour l’économiste principal au Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), Michel Vincent, l’ensemble des forces de l’offre et de la demande détermine les prix. « Quand une province comme la Colombie-Britannique doit fermer des scieries parce qu’elles ne sont pas capables de s’approvisionner, ça crée une pression à la hausse sur les prix parce que les acheteurs ont peur de manquer de bois. »

« Entre le sciage et la vente de bois d’œuvre, poursuit-il, il y a beaucoup d’intermédiaires. Les inventaires sont gardés bas par les compagnies forestières pour qu’elles n’aient pas à les supporter très longtemps. Le moindre petit imprévu rend donc tout le monde nerveux », explique M. Vincent. Ces conditions causent une augmentation du prix du bois.

Demande en baisse
Cette hausse de prix liée aux incendies est venue stopper une baisse des prix causée par la demande dans le secteur de la construction, qui elle aussi diminue. « On le voit avec les mises en chantier, elles ont baissé en juin et en juillet. Les prix (par millier de pieds-planche) ont baissé d’une centaine de dollars dans le dernier mois et demi. Si ce n’était pas des incendies, les prix auraient possiblement baissé davantage », précise Michel Vincent.

En dehors des profits qui augmentent avec la hausse des prix, il est difficile pour l’industrie forestière québécoise de profiter davantage de cette fenêtre d’opportunité. Le régime forestier encadrant les possibilités de récolte forestière, il lui est impossible de vendre plus de bois alors que le malheur touche l’Ouest canadien.

Le directeur des communications du CIFQ, Mario Saint-Laurent, ajoute que son organisme est loin de se réjouir des feux de forêt en Colombie-Britanique. « On est solidaires. Les feux ou les épidémies de tordeuses affectent toutes les provinces au Canada, un jour ou l’autre. »

Acheteurs nerveux
Un analyste de CIBC Marchés mondiaux, Hamir Patel, a indiqué dans un rapport que les acheteurs semblent s’inquiéter de potentielles difficultés d’approvisionnement si les ravages provoqués par les feux sont similaires à l’an dernier.

L’analyste a également ajouté que les acheteurs sont préoccupés par un éventuel conflit de travail en raison d’un vote de grève dans plusieurs scieries de la Colombie-Britannique puisque de nombreux travailleurs représentés par les Métallos ont voté à 93 pour cent en faveur d’une grève. Avec la Presse canadienne