Le gouvernement du Québec va proposer au gouvernement fédéral une approche différente de celle des scientifiques du gouvernement canadien.

Habitat du caribou forestier: Québec complète son plan

Le gouvernement du Québec aura besoin d’un peu plus de temps pour finaliser son plan de rétablissement de l’habitat du caribou forestier pendant que d’autres provinces canadiennes pourraient quant à elles transformer cet enjeu en affrontement avec le gouvernement canadien, qui a le pouvoir de décréter ses propres mesures avec des risques de réductions significatives sur la possibilité forestière.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec complète de son côté le Plan de rétablissement du caribou forestier qui devait être transmis au gouvernement fédéral avant le 17 octobre 2018. Le responsable de ce dossier névralgique pour l’industrie forestière québécoise, Francis Forcier, a confirmé au Progrès que le plan pourrait être transmis à Environnement et changements climatiques Canada en novembre.

Le gouvernement du Québec va proposer au gouvernement fédéral une approche différente de celle des scientifiques du gouvernement canadien. « Nous travaillons à finaliser notre plan. Ce n’est pas simple à traduire puisque c’est vaste », a indiqué au Progrès Francis Forcier.

Le ministère doit aussi poursuivre les opérations de pose de collier à des caribous. Les inventaires aériens se poursuivent afin de mieux connaître l’état des différentes hardes de caribou.

Le ministère n’est toujours pas en mesure de chiffrer les impacts de ce plan sur la possibilité forestière. Le gouvernement canadien visait une norme de perturbation maximale de 35 % du territoire pour chacune des hardes identifiées. Le gouvernement du Québec a choisi de préparer un plan de rétablissement basé sur des unités de 50 000 kilomètres carrés puisque le caribou circule sur le terrain.

Le forestier en chef sera appelé à mesurer les impacts du plan sur la possibilité forestière pour les zones au sud de la limite nordique des forêts attribuables. Selon les chiffres de la Commission Coulombe, chaque réduction de 100 000 mètres cubes de la possibilité forestière québécoise se traduit par la perte de 300 emplois.

Ailleurs au Canada

Pendant que Québec complète son plan, les municipalités du nord de l’Ontario ont demandé au gouvernement provincial de prolonger l’exemption des compagnies forestières de la législation sur les espèces menacées. Cette exemption prend fin en août 2018 et les communautés forestières du nord de l’Ontario ont fait les représentations auprès de leur gouvernement provincial afin d’obtenir un délai additionnel. La première ministre Kathleen Wynne a considéré les arguments des maires inquiets des impacts d’un plan caribou trop restrictif pour la récolte forestière.

« Au cours de la prolongation (juillet 2018 à juillet 2020), le ministère propose qu’un comité indépendant soit mis sur pied afin de fournir des conseils concernant la prise en compte des espèces en péril dans la gestion des forêts de la Couronne, de cerner les démarches locales novatrices et des projets pilotes potentiels, et pour que l’Ontario tienne compte de ces conseils pendant qu’il élabore une démarche à long terme visant à protéger les espèces en péril et leur habitat ainsi qu’à minimiser les répercussions sur l’industrie forestière », argumente le ministère des Ressources naturelles et des Forêts de l’Ontario dans le mémoire déposé au conseil exécutif.

« Le règlement proposé et le conseil du comité permettront également à l’Ontario de mieux comprendre les utilisations et les applications possibles d’un accord de conservation en vertu de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral », reprend le ministère ontarien nonobstant la date butoir d’octobre 2018.

Le gouvernement provincial de l’Alberta a jugé nécessaire de soumettre le plan de rétablissement du caribou à une consultation publique. Des milliers de personnes ont participé à cette consultation pour faire part de leurs inquiétudes des impacts de ce plan sur l’industrie forestière. Le gouvernement provincial de l’Alberta a donc lancé un appel à l’aide au gouvernement fédéral pour trouver des solutions dont les impacts seront mineurs sur la possibilité forestière de la province.