Guy Nantel présentait son spectacle qui ne laisse personne indifférent, Nos droits et libertés, jeudi soir, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

Guy Nantel n’épargne personne

Ni la controverse ni les menaces de mort n’empêcheront Guy Nantel de tirer à boulets rouges sur tout ce qui bouge. L’humoriste a fait valoir ses droits et ses libertés, jeudi soir, sur la scène du Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Et les spectateurs, qui faisaient salle comble, en ont eu pour leur argent.

Le nouveau spectacle de Guy Nantel, Nos droits et libertés, aura fait couler beaucoup d’encre depuis novembre dernier. Victime de menaces de mort de la part d’un individu qui a été arrêté puis incarcéré pour ses propos haineux à son endroit, l’humoriste ne semble pas s’être laissé intimider. En plus de récidiver, Guy Nantel en rajoute, utilisant même cette mésaventure, si on peut la qualifier ainsi, pour faire rire son auditoire. Et ça fonctionne. Nul doute que cette controverse aura donné un petit coup de pouce à l’humoriste dans sa vente de billets.

De toute façon, Guy Nantel le dit lui-même. Il s’agit d’une pure provocation. Point final. « Arrêtez d’avoir peur, parce que ça va être “malaisan” durant une heure et demie ! », a averti Guy Nantel. Et, comme l’ont déjà écrit bien des journalistes, certains passages font réellement grincer des dents. Mais bon, il fallait évidemment s’y attendre. 

Les prêtres pédophiles, les juifs, les musulmans, les catholiques, les femmes, les homosexuels, les politiciens, les humoristes, les transgenres ; tout le monde y passe. Absolument tout le monde. Même les Béginois ont été écorchés au passage, Guy Nantel adaptant sans doute quelques-uns de ses gags aux régions qu’il visite. Jeudi, ce sont les habitants de Bégin qui y ont goûté, dépeints comme des gens pas « vites-vites ». Donc, lorsque le public ne réagissait pas autant qu’il ne l’aurait voulu, Guy Nantel mettait ça sur le dos des Béginois. « On vient d’en perdre quelques-uns ici. On sent qu’il y a des gens de Bégin dans la salle », a lancé l’humoriste. 

Religions, femmes et menaces

Visiblement, ses blagues sur la charte des droits et libertés et sur l’intégration des musulmans à la société québécoise auront été l’un des passages favoris du public de jeudi soir. Guy Nantel le spécifie toutefois avant de tomber dans le vif du sujet, il rit du maigre 1 % des musulmans, qu’il juge intégriste. Il rit de la burqa, de la polygamie et s’insurge de voir des immigrants ne pas s’adapter aux valeurs québécoises. « Est-ce qu’on a le droit de rire de ça ? », demande Guy Nantel. « Ouiiiiii ! », auront répondu les spectateurs, en cœur. 

« Ouais, mais ce n’est pas vous qui avez reçu des menaces de mort », ajoute l’humoriste. 

« J’en ai eu des courriels haineux. “On va tuer ta mère. On va tuer ta femme. On va tuer ta fille”, que certains m’ont écrit. Une chance, je n’étais pas visé », ironise Guy Nantel, provoquant l’hilarité générale. 

« Mes blagues choquent les gens de la “gaugauche”. Comme toi, qui se caresse devant un poster de Manon Massé », ajoute Guy Nantel, en pointant un spectateur assis dans la première rangée. 

Une fois qu’il a fait le tour des religions, le cynique humoriste s’attaque à la gent féminine. Et le fameux sketch sur la culture du viol et sur Alice Paquet fait toujours partie du scénario. Pas question de le retirer, avait-il prévenu, lorsque la controverse l’a frappé. « Oui, on est rendu là, je sais que vous l’attendiez », affirme Nantel, avant de qualifier les Femens et les féministes radicales de « fatigantes ». 

Il parle aussi du concept de fidélité et des relations homme-femme. « Vous savez, demander à un homme d’être fidèle, c’est comme demander à une femme d’atteindre l’orgasme en 90 minutes. C’est une mission impossible. »

Sa propre femme goûte à la médecine de l’humoriste. « Ma femme, ce n’est pas un mannequin. Mais on n’est pas gêné d’aller faire l’épicerie avec elle... chez Walmart ! », lance-t-il, provoquant les rires, surtout du spectateur mâle, on va l’admettre. 

Mais ceux qui sont les plus malmenés au cours du spectacle, ce sont peut-être les Québécois eux-mêmes. Comme lui. Des êtres mous, des lavettes, des moutons, selon ces propres dires. « Vous n’êtes pas tannés d’être des suiveux ? », demande l’humoriste. 

« Vous savez, quand ils ont aboli l’esclavage aux États-Unis, il y a des Noirs qui manifestaient contre l’abolition. Ils étaient fouettés, mais ils avaient peur que ce soit pire après. Eh bien, ces gens, après leur mort, ils se sont réincarnés en Québécois. ». Ouille !