La chef de service Annick Trépanier et la coordonnatrice clinique en pédopsychiatrie, Nancy Boisvert, croient que le rapatriement du département entre les murs de l'hôpital a été bénéfique.

Guérir les jeunes âmes en détresse

Nous vous présentons la seconde partie d'un reportage sur le portrait de la santé mentale dans la région. La conclusion demain.
Dans les couloirs de l'unité d'hospitalisation en pédopsychiatrie, la détresse est grande. Des jeunes de 8 à 16 ans y sont admis en dernier recours, parce que leur souffrance intérieure nécessite qu'ils prennent un temps d'arrêt, et parce que leurs familles sont au bout du rouleau.
Ils arrivent désorganisés, tantôt en état de psychose, tantôt avec des idéations suicidaires. Ils sont victimes de dépression majeure et d'anxiété de performance, ont tenté de passer à l'acte ou ont posé des gestes d'automutilation. Souvent, leur milieu familial n'en peut plus et des évaluations sont requises pour préciser un diagnostic ou ajuster une médication. La plupart du temps, les enfants doivent reprendre leur souffle et apprivoiser la solitude.
«La maladie ne choisit pas ses lieux», image la chef de service en pédopsychiatrie, Annick Trépanier. Elle fait référence à Frédéric (nom fictif), un des rares bambins issus de la petite enfance à être admis sur l'unité. Frédéric, nous explique son neuropsychologue, est un enfant d'âge préscolaire qui présente des troubles de comportement importants et qui a vécu une histoire traumatique pour des raisons qu'il nous est impossible de dévoiler. Le petit a été délaissé au plan affectif. Il présente de nombreux retards et vit dans un contexte d'épuisement parental.
La confidentialité nous empêche d'en dire davantage au sujet de cet attachant petit homme aux cheveux en broussailles, que nous avons vu déambuler librement dans le corridor de l'unité. Il en va de même pour la quinzaine de patients avec qui nous avons échangé lors de notre passage dans les différents services en santé mentale regroupés sous l'égide du centre hospitalier.
Guérison
En pédopsychiatrie, les jeunes vivent dans une unité sécurisée. Au poste des infirmières, le personnel fourmille. L'objectif demeure d'apaiser la souffrance de ces enfants et, ultimement, leur permettre de réintégrer le monde extérieur en toute sécurité. Lors de notre passage au D5, la chambre du petit Frédéric, entrouverte, renvoyait l'image d'un ourson en peluche traînant sur un lit défait. Le jouet tranchait magistralement sur le décor pâle de cette pièce aseptisée, dépourvue d'objets personnels. Car durant leur séjour, lequel dure en moyenne un mois, les patients n'ont ni iPad, ni cellulaire, ni jouets. Ils n'ont droit qu'à un minimum d'effets personnels pour réaliser ce périple intérieur qui se veut un tête-à-tête avec eux-mêmes. Mais il y a des cas comme Frédéric, à qui il est permis de trouver refuge dans l'univers réconfortant du sommeil, les bras autour d'une peluche.